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mercredi 17 mars 2010

Tout ça me tourmente un peu (udon au boeuf épicé)



Un midi, en semaine, il y eut un bol de ramen au kimchi chez Higuma (pendant que j'attendais ma commande, le monsieur de la table voisine s'est tourné vers moi et m'a dit que j'étais jolie, ce qui m'a laissée pantoise - je ne peux même pas dire qu'il a des goûts bizarres, parce que je l'ai entendu dire beaucoup beaucoup de bien de Benjamin Biolay* à la personne qui l'accompagnait, alors bon...).
Un soir où personne ne m'attendait à la maison, c'étaient des ramen aux poireaux pimentés, dans une échoppe de la même rue.
Besoin de chaleur et de piquant.

La même semaine, j'ai partagé un repas japonais délicat et raffiné avec une personne chère, que je regrette de ne pas voir plus souvent. D'ailleurs, c'est à cause d'elle, cette envie subite et irrépressible de ramen.

Et puis, il y eut plein d'autres choses : un sandwich confectionné avec un pain exquis ; deux parts du meilleur flan de la terre (commandées la veille par téléphone sur les bons conseils de Claire, ce qui m'a permis d'esquiver la file d'attente et de passer devant tout le monde - très très jouissif) ; des litres de thé coréen au yuzu ; un déjeuner solitaire dans un lieu très couru de la rue des Martyrs, où j'ai pu apercevoir une dinde écrivaine, entourée de trois autres dindes (et figurez-vous que j'ai recroisé cette même personne trois jours plus tard, à nouveau entourée de dindes) ; un goûter au Loir, où je n'avais plus mis les pieds depuis une éternité (et où il n'y avait plus de tarte à l'orange, mais j'ai pris un "muffins" (sic) aux épices et à l'orange qui s'est révélé délicieux). Et aussi une journée lumineuse avec Claire, qui m'a révélé tout récemment qu'elle avait testé 50 recettes d'ici (waouh ! mais ce n'est rien comparé aux 100 recettes testées chez Loukoum°°°).



Tous ces plaisirs frivoles ne sont sans doute pas très raisonnables quand on sait que la spirale de la lose va reprendre dans trois mois : re-Pôle Emploi, re-petites annonces, re-vaches maigres, re-moral à zéro (si vous voulez des cours de ratage de vie, appelez-moi)...
Ca me tourmente un peu.

La cuisine du quotidien se résume à peu de chose actuellement. Les nouvelles recettes sont rares (mais je tiens tout de même à signaler les orecchiette alla barese, dont vous avez forcément entendu parler, ainsi qu'une salade de chou-fleur et pomme granny fraîche et surprenante).
Et toujours cette envie de nouilles...

Udon au boeuf épicé de Wagamama
(recette tirée de ce livre)


(ma photo est mille fois moins belle que celle du livre, j'en suis accablée)

pour 2 personnes

300 g de nouilles udon (initialement : 200 g)
200 g de rumsteak en lanières
1 c.s. de fécule de maïs
3 c.s. de sauce soja (Kikkoman par ex.) (initialement : 1 c.s.)
2 c.s. d'huile neutre
3 cm de gingembre frais pelé et râpé
4 poignées de feuilles de blette coupées en grosses lanières (initialement : des pousses d'épinards)
2 tiges de ciboule en tronçons de 4 cm
1 petit piment rouge épépiné et finement émincé
2 c.s. d'huile de sésame
1 c.c. de graines de sésame rapidement grillées à sec dans une poêle chaude

Faire cuire les nouilles selon les instructions données sur l'emballage. Les égoutter et les rafraîchir.
Dans un bol, mélanger le boeuf, la fécule et 1 c.c. de sauce soja. Réserver.
Chauffer l'huile (neutre) dans un wok (ou à défaut une sauteuse) et faire cuire le gingembre pendant 30 secondes.
Ajouter le boeuf et faire cuire 2 minutes.
Ajouter les épinards, la ciboule, 1 c.s. d'eau et faire tomber les légumes pendant 1 minute.
Ajouter 2 c.s. de sauce soja et le piment. Goûter et rectifier l'assaisonnement.
Incorporer les nouilles et mélanger intimement (j'adore cette expression !).
Servir arrosé d'huile de sésame et saupoudré de graines de sésame.

******

* Figurez-vous que Benjamin B. n'a eu que 2 victoires de la musique, et que celle de la chanson originale a été remportée par une guimauve dégoulinante innommable. C'est un scandale.

jeudi 26 novembre 2009

La fin de la lose* (et une salade improvisée)



Je vais sans doute passer pour une fille très maladroite, mais je me suis encore fait mal. Euh oui... Au dos, cette fois-ci. J'ai dû trop forcer à la piscine hier matin, ça m'apprendra à trop mettre le turbo pour doubler les moins rapides que moi (alors que je nage sur le dos, il faut le faire...). Mais bon, la piscine me sert de défouloir, et là, il y avait de quoi mouliner.

Il y a quelques semaines, j'ai reçu ça sur ma messagerie électronique :

Bonjour,
Votre candidature a attiré notre attention et nous souhaiterions vous voir pour un entretien, si vous êtes toujours intéressée par le CDD.
Seriez-vous disponible... etc.

Le jour J, après avoir avalé un tout petit morceau de quiche au déjeuner et laissé échapper quelques larmes de nervosité, je me suis rendue à mon tout premier (vrai) entretien d'embauche un peu comme on se rendrait à l'abattoir.
En sortant, je suis allée chercher un peu de réconfort chez Rose Bakery, un peu plus loin dans le quartier. J'ai commandé un cake chocolat vanille, un sencha citron, et j'ai sorti mes crayons. Une heure plus tard, ça allait un peu mieux.



Je n'avais plus qu'à m'armer de patience d'ici la réponse, annoncée pour la semaine suivante, et à m'occuper en attendant (et à espérer que les autres candidats se vautreraient lamentablement... c'est très vilain, je le sais).



Et puis, contre toute attente, je fus convoquée pour un deuxième entretien.
Mais en anglais cette fois.
Gloups.
Je ne vous dis pas à quel point j'ai eu envie de pleurer sur le coup. J'ai senti mes joues chauffer aussi vite que mes plaques à induction. Paniquée, j'ai lancé des SOS dans toutes les directions.
Heureusement, je suis entourée de bonnes fées, qui sont des championnes pour vous remettre du baume au coeur, qui vous inondent de mails et de sms d'encouragement (genre Yes you can!), et qui sont prêtes à vous consacrer leur pause déjeuner pour une petite séance de coaching et de conseils. Grâce à elles, à toutes leurs pensées positives, mais aussi grâce à Woody Allen et à la BBC, je suis venue, j'ai vu... et j'ai vaincu.
J'ai décroché mon tout premier (vrai) boulot, qui est exactement ce pour quoi j'ai été formée et que je n'osais même plus espérer. Les esprits chagrins me rétorqueront que ce n'est qu'un boulot provisoire, qui plus est payé au lance-pierres, mais vous en connaissez beaucoup qui ont la possibilité d'exercer le métier de leurs rêves ?
Vous comprendrez que je n'ai pas vraiment eu la tête à me lancer dans des expérimentations culinaires ces derniers temps. Je me suis contentée de recettes éprouvées**, quiches, salades, soupes (je ne vous dis pas combien de kilos de légumes j'ai épluchés et coupés en écoutant le dernier Biolay, un vrai bijou, qui passe en boucle dans ma cuisine actuellement), énooormes tranches de rumsteak du boucher, dont on recycle les restes en salade.

Salade aux restes de rumsteak (inspirée par Anaïk, qui s'y connaît en bon miam)



Il suffit de couper le reste de rumsteak en tout petits morceaux, de hacher une échalote, des câpres, des cornichons (ou pas, si comme moi vous n'aimez pas les cornichons), de la ciboulette, et de mélanger le tout avec de la salade verte. Puis vous arrosez votre salade avec une vinaigrette bien moutardée. Enfin, vous faites comme vous voulez. Ca m'est un peu égal, parce qu'en ce moment, je pense surtout à la petite Mingou de huit ans qui se rêvait "grammairienne" quand elle serait grande, et qui, là maintenant, est très très heureuse de voir son voeu se réaliser (en fait, je suis plutôt linguiste, mais la petite Mingou de huit ans ne pouvait pas connaître ce mot).

******

* Que de chemin parcouru depuis ça... Amis losers, ne perdez jamais espoir. La lose, ça ne dure jamais toute la vie.
** Un soir, j'ai même servi - honte à moi - des spaghetti bolognaise à une reine des blogs.

samedi 14 mars 2009

Rencontres du troisième type (et bo bun improvisé)



Ce jour-là, il y avait une légère bruine. Le ciel était d'un gris à pleurer.
J'ai trouvé refuge au musée Cernuschi, où j'ai fait de sympathiques rencontres*.




(Pourquoi ne joue-t-elle pas avec les autres ? Pourquoi reste-t-elle ainsi, à ne rien faire ? A-t-elle décidé de faire grève ? L'attitude de cette demoiselle m'a troublée, et je m'interroge encore...)















Un autre jour, après avoir joué au guide dans le Chinatown parisien, je suis rentrée avec les ingrédients qu'il me manquait pour faire un bo bun. C'était un dimanche, et ce soir-là, j'ai transformé la cuisine en champ de bataille.
Claire, cette recette est pour toi :-)

Freestyle Bo bun** (inspiré d'ici et de )
(ceci n'est pas une recette chinoise)


(j'ai oublié les cacahuètes !)

pour 2 personnes

200 g de vermicelles de riz
150 g de pavé de rumsteak (ou de bavette), découpé en fines tranches
4-5 nems
1 carotte, râpée
quelques feuilles de salade, découpées en lanières
quelques feuilles de coriandre et de menthe, ciselées
une petite poignée de cacahuètes non salées (ou noix de cajou), hachées

Pour la marinade :
2 c.s. de sauce soja (Kikkoman)
1 c.s. de sauce d'huître
2 c.c. de sucre
1 gousse d'ail, aplatie au hachoir
1/2 tige de citronnelle finement ciselée

Pour la sauce :
3 c.s. de sauce poisson
3 c.s. de vinaigre de riz
2 c.s. d'eau
jus d'1/2 citron vert
2 c.c. de sucre

Mélanger les ingrédients de la marinade et y faire mariner les tranches de boeuf (pour faire des tranches bien nettes, couper la viande lorsqu'elle est encore à moitié congelée).
Mélanger les ingrédients pour la sauce, et réserver.
Préparer les vermicelles de riz selon les indications données sur le paquet. Les égoutter, les rincer abondamment à l'eau froide, et les disposer au fond d'un grand bol ou d'une assiette creuse.
Faire frire les nems et les couper en 3 tronçons chacun.
Ajouter la salade et la carotte râpée sur les vermicelles, et disposer les tronçons de nems sur le pourtour.
Faire chauffer un peu d'huile dans une poêle et y faire cuire la viande à feu vif, très rapidement. Ajouter la viande au reste.
Parsemer de menthe, de coriandre et de cacahuètes, et enfin arroser de sauce.

C'était tellement bon que j'ai remis ça le lendemain midi. Et personne ne s'en est plaint.




* Les photos (sans flash) sont autorisées dans la collection permanente du musée.
** Il ne s'agit pas d'une recette authentique (je ne suis pas vietnamienne), mais d'une interprétation personnelle.

lundi 31 mars 2008

La beauté des choses insignifiantes (et des keftas à la coriandre)



Ce devait être une promenade dans le nord, comme la dernière fois : la Villette, le canal saint Martin... Mais en sortant de chez Bong (j'ai eu envie d'y retourner à cause d'elle), nous avons été quelque peu découragés par le gris persistant du ciel. Nous n'avions pas emporté de parapluie et l'idée de jouer les touristes par ce temps menaçant ne nous enchantait guère.
Alors nous sommes restés dans le sud.

Au marché du livre qui jouxte le parc Georges Brassens, une couverture dessinée par Pierre Le Tan a accroché mon regard. Un peu plus loin, j'ai été intriguée par les Mémoires d'un sexologue, qui me semblaient très prometteurs en matière de drôlerie. Et puis, çà et là, quelques vieux livres de cuisine.
Juste avant de quitter le marché, j'ai mis la main sur un livre (une édition originale, quoique sans grande valeur) que je ne connaissais pas, mais dont l'auteur (pas très bien vu, je dois avouer... la faute à sa misogynie, sans doute) me plaît beaucoup (il écrit divinement bien). Je n'ai pas résisté.
En revanche, j'ai un regret sur les Textes retrouvés de Pierre Herbart, que je n'ai finalement pas acheté...



Et puis, j'ai passé le reste de la journée à m'extasier.

Comme un enfant dans un magasin de jouets.
Comme une Marion chez le fromager.
Comme une Patoumi dans une (vraie) librairie.
Comme un Grand Chef devant sa femme mince.

Moments de sérénité et de plénitude.



























Ce soir-là, nous n'avons pas mangé les keftas que j'avais prévu de faire : nous avions eu notre ration de viande avec le copieux bulgogi du midi.
Mais les keftas, c'est bien aussi pour commencer la semaine.

Keftas à la coriandre (inspirés d'une fiche cuisine ELLE, automne-hiver 2007)



pour presque 20 boulettes

450 g de boeuf haché (l'équivalent de 3 steaks)
1 oignon moyen, haché (finement si possible)
1 c.s. de chapelure fine
1 c.c. de cumin
1/4 c.c. de cannelle en poudre
1 c.c. de piment doux en poudre
2-3 c.c. de piment fort en poudre
2 c.s. de coriandre ciselée
sel, poivre

Mettre la viande dans un grand saladier, l'écraser à la fourchette.
Ajouter tous les autres ingrédients, et bien mélanger.
Former des boulettes (avec les deux mains, ou en s'aidant d'une grande cuillère), plus ou moins grandes selon ses envies.
Faire chauffer de l'huile dans une grande sauteuse et ajouter les boulettes.
Les faire cuire en les retournant délicatement, 2 à 3 minutes. Elles doivent dorer, mais pas trop cuire.

Servir avec des pommes de terre (en purée, à l'huile d'olive, par exemple) et des feuilles de salade bien croquantes.

******

N.B. : Vous ne m'en voudrez pas, j'espère, pour ces légendes de photos un peu nazes.

N.B. 2 : Je suis très viande hachée ces temps-ci. J'espère que vous ne m'en voudrez pas pour ça non plus... (rassurez-vous, je sais aussi cuisiner la viande non hachée)

dimanche 3 février 2008

Une semaine pas tout à fait comme les autres (et un chili con carne)



Lundi
J'ai rendez-vous avec MC, mon chef (= mon directeur de thèse). Comme je n'ai pas beaucoup avancé depuis le précédent rendez-vous, je lui apporte des cookies maison (aux pépites de chocolat et noix de pécan), pour ne pas me faire gronder.
Moi : ... Vous aimez les cookies ?
MC : Si c'est vous qui les faites, forcément...

Mardi
J'ai envie, non, besoin de refaire des cookies.
Je sors de la BN plus tôt pour courir chez G. Detou acheter des chunks noirs, et j'arrive in extremis : le rideau est déjà baissé, mais Mme Detou me fait une faveur. Ouf.

Mercredi
Je déjeune avec une vieille bloggeuse (oh mais je blague, Natalia !), et on se raconte nos petites histoires...

Jeudi
Je maudis la voisine du dessus, qui n'a rien de mieux à faire que de passer l'aspirateur à 8h du matin pétantes.
Heureusement, en arrivant à la BN, je tombe sur la jolie fille mystérieuse, et ça me met tout de suite de meilleure humeur (j'ai presque envie de lui offrir des cookies).
Et puis, ça y est : LE déclic a enfin eu lieu ! Je VEUX, j'ai ENVIE de finir cette thèse au plus vite.

Vendredi
Avant de sauter dans le bus, je fais un mini-détour par le Moulin de la Vierge : la journée ne peut pas commencer sans de bons croissants (je n'ai toujours pas digéré le croissant rassis de chez Kayser il y a deux semaines).
Entre cinq et sept, je me transforme en véritable moulin à paroles face à une autre vieille bloggeuse (oh mais si on peut plus rigoler...), grande spécialiste des gaufres et angoissée de la neige (il faudra qu'elle vous raconte...).

Samedi
Je suis réveillée non plus par l'aspirateur de la voisine, mais par le facteur, qui m'apporte un paquet surprise contenant tout plein de cadeaux délicieux (il y a des textes vraiment salvateurs).
De très bonne humeur, je mitonne un chili con carne pour mon poulet, qui m'en réclamait un depuis des mois.

Chili con carne (inspiré de celui de Caroline, des Culinotests)



pour 2-3 personnes

150 g de viande de boeuf hachée (i.e. l'équivalent d'1 steak haché)
250 g de haricots rouges égouttés (i.e. 1 boîte de 400 g non égouttés)
1 boîte de chair de tomates (environ 400 g)
1 mini-boîte de concentré de tomate
sauce chili
1/2 poivron rouge, épépiné et coupé en petits morceaux (un mélange de poivrons verts, rouges et jaunes surgelés fera aussi bien l'affaire)
1 oignon, haché
2 petites gousses d'ail, hachées
1 tige de ciboule, ciselée
1 c.c. de cumin
1/2 c.c. de Kub Or (en poudre)
un peu de Tabasco (facultatif)

Dans une sauteuse, faire revenir le poivron, l'oignon, l'ail, la ciboule.
Ajouter la viande, la faire dorer quelques minutes.
Ajouter la tomate, le concentré, le Kub Or, la sauce chili, le cumin et un peu d'eau.
Laisser mijoter à couvert 15 minutes.
Ajouter les haricots rouges égouttés (et rincés) et laisser mijoter encore 15 minutes.
Servir avec du riz blanc. On peut éventuellement ajouter un peu de Tabasco (beaucoup pour nous) au chili con carne.

Avec un reste de chili et de pâte à pizza, on peut faire des buns au chili con carne :



Déposer un peu de chili con carne sur un petit disque de pâte.
Refermer la pâte (comme une aumônière) en soudant bien.
Enfourner les buns (soudure en bas) environ un quart d'heure à 200 °C (le temps que la pâte cuise).
En plus, ça se congèle plutôt bien. Il suffit de 2 minutes (environ) au micro-ondes pour les décongeler et réchauffer.

vendredi 19 octobre 2007

Les vaches maigres



Les périodes de vache maigre ont parfois du bon. Quand vous avez l'habitude de vous faire plaisir, avec un Loir par-ci, une fringue par-là, deux mois sans aucun revenu (c'est le délai dont votre université et ex-employeur a besoin pour vous verser vos premières allocations chômage), ça vous remet les idées en place. Finies les questions existentielles du style "Est-ce que j'achète ce nouveau livre tout de suite, ou est-ce que j'attends la parution de l'édition française ?". Vous retrouvez le sens des priorités, et la moindre dépense est désormais soigneusement soupesée. Vous découvrez les joies du calcul mental au supermarché (ceux qui me connaissent auront compris que je déconne : avec mes facultés en calcul mental, je suis totalement perdue au-delà de deux articles), vous constituez patiemment votre cagnotte Atac et profitez des promotions en cours... Vous revenez sans scrupules au Nestlé Dessert (alors que vous aviez juré devant témoin que c'était fini), vous renoncez à participer au Blogcolis, et pas une seule seconde vous ne songez à aller faire un tour à la Grande Epicerie ou chez S. Aoki (tout juste continuez-vous à vous offrir le "luxe" des spaghetti De Cecco, parce que c'est vraiment trop bon, et que tout retour aux Barilla et al.* est désormais impensable, je dis bien pour les spaghetti).

Quelle fourmi je suis devenue, je n'en reviens pas !**

Toujours est-il qu'une Mangue raisonnable n'est plus tout à fait elle-même, et que les vaches maigres, elle les aime avant tout dans son assiette. Ou dans son bol, en soupe. Avec plein d'autres choses dedans.

Ph (version simple)



par personne

60-70 g de vermicelles de riz
1 poignée de pousses de soja
80-100 g de pavé de rumsteak
1/4 d'oignon
5 mm à 1 cm de piment rouge
30-40 cl d'eau
1 1/2 cube de bouillon pour pho
ciboule, coriandre

Cuire les vermicelles comme indiqué sur le paquet, égoutter, rincer, et répartir dans le(s) bol(s).
Ajouter les pousses de soja préalablement ébouillantés (ça, c'est parce que je ne les aime pas crus), puis la viande coupée en fines tranches (pour qu'elle soit plus facile à couper, mettre la viande au congélateur, le temps qu'elle durcisse un peu), et l'oignon coupé en fines lanières.
Parsemer de ciboule et de coriandre ciselées, ajouter le piment émincé.
Faire bouillir l'eau (30-40 cl par personne) et y dissoudre le(s) cube(s) de bouillon.
Une fois qu'il est prêt, verser le bouillon bouillant dans le(s) bol(s). La viande va cuire au contact du bouillon.

Voilà, plus besoin de braver la nuit et le froid automnal en vélo pour se rendre à Pho 14...

******

* Private joke ;-)

** Evidemment, tout cela est mieux vécu lorsque votre anniversaire tombe en plein dans cette période (ce dont vous vous félicitez) et que vous êtes ultra gâtée par vos proches (d'ailleurs, pour fêter ça, vous décidez de vous rendre à ladite Grande Epicerie pour vous offrir au moins 2 pots de Carla chocolat framboise)... Autrement, la matérialiste dépensière que vous êtes ne survivrait certainement pas à cette mouise, même passagère.

jeudi 2 août 2007

Nostalgie, tristesse, furie... et steak tartare




... my life had changed. Not in the way I'd thought, though. I hadn't met the woman I was to go gray with. I was twenty years old, and by the time I was twenty one, I'd be heartbroken. I didn't know that then.

Il y a dix ans, le 2 août 1997, je quittais Vienne après un séjour d'un mois en compagnie de mon acolyte L. Un mois insouciant et heureux, passé à fréquenter les cours d'allemand le matin (séparément : L. dans le groupe de linguistique, et moi dans le groupe de littérature), et à déambuler dans la ville le reste du temps (séparément aussi). Le soir, L. et moi nous retrouvions à la terrasse du Fischer Bräu, tout près de notre résidence universitaire. Un vrai coin de paradis, dont je n'ai trouvé d'équivalent nulle part ailleurs sur terre. A la carte : des tartines (froides et chaudes), des plats simples et nourrissants (escalopes géantes, ribs gargantuesques...). C'est là que nous passions quasiment toutes nos soirées, dans une atmosphère douce et indolente. Je me souviens d'un soir où L. m'avait laissée seule avec mon assiette de gebackene Mäuse* pour se rendre chez le coiffeur, et revenir une heure plus tard comme si de rien n'était. Il était spécialiste de ce genre de choses totalement incongrues.
Je donnerais cher pour remonter dans le pater noster qui menait au resto U, m'asseoir à une table du Kleines Café, ou réentendre la voix qui annonçait les stations dans le tram (existe-t-elle encore d'ailleurs ? je frémis à l'idée qu'on puisse la changer ou la supprimer, mais heureusement je possède des enregistrements). Je donnerais cher pour réécouter L. faire le récit de ses journées dans les piscines en plein air de la ville, ou de ses déjeuners à l'épicerie bio. Je donnerais cher pour me retrouver au cinéma Bellaria, où nous avions vu M le Maudit, ou au milieu des rayonnages de la librairie Morawa.
Je pourrais continuer sans fin...



Ces jours-ci, tous ces souvenirs remontent à la surface et m'emplissent de nostalgie. Je me souviens que c'est pendant cette période que j'ai découvert le cinéma de Haneke. Ulrich Mühe, qui jouait dans plusieurs de ses films, et dont on a pu récemment mesurer tout le talent dans La vie des autres (Das Leben der Anderen), est mort il y a dix jours. Je devais être bien absorbée dans mes angoisses doctorales et existentielles pour passer à côté de cette triste nouvelle, car elle n'est parvenue à moi qu'une semaine après. Mais sa mort me laisse inconsolable.



Enfin, pas complètement. Dans les périodes moroses comme celle que je traverse actuellement, il est quand même une chose qui me réconcilie totalement avec la vie, en plus des gâteaux au chocolat et des cheesecakes : c'est la viande rouge. Bien saignante, voire crue. Pour une carnivore comme moi, c'est le must.
Un soir où j'étais à bout de nerfs (en furie plutôt : j'avais envoyé valser un tas de choses dans la cuisine) parce que tout allait de travers, j'ai ouvert Recettes immorales de Manuel Vázquez (aux Editions de l'Epure) à la page 92 et j'ai préparé un steak tartare en m'inspirant de la recette.
Mon poulet a trouvé que la colère me réussissait pas mal.

Steak tartare


par personne

150 g de boeuf haché (demandez à votre boucher le morceau qui convient le mieux)
1 jaune d'oeuf
1/4 d'oignon rouge haché
1 cornichon haché
1 c.c. de câpres
1 c.c. de persil haché
un peu d'huile
moutarde
sauce Worcester
ketchup
Tabasco
sel et poivre noir fraîchement moulus

La recette... Il n'y a pas de recette, il suffit de tout mélanger, d'assaissonner à son goût.
J'ai servi ce tartare avec des pommes de terre sautées (avec du beurre et de l'ail pressé, comme j'aime).



******

* Littéralement "souris rôties". Il s'agit de beignets en fait, qui étaient servis avec des morceaux de poires, des airelles et de la sauce chocolat. Le genre de dessert que vous ne voulez pas partager tellement c'est bon...

Image : Mondkugel, de Franziska Smolka (1995)

samedi 9 juin 2007

Pudeur et impudeur...




Bon, ça ne va plus du tout. Je dérape un peu plus chaque jour : ce blog est en train de virer au journal intime...
Pendant mon adolescence (et même à l'âge adulte, j'avoue), j'ai rempli des cahiers entiers, noircissant des pages et des pages au gré de mes humeurs. Je consignais les faits et gestes du quotidien, les événements (que je considérais comme) importants, les états d'âme, et ce dans les moindres détails. Seulement, j'étais terrifiée à l'idée que quelqu'un puisse découvrir mes cahiers et les lire. Alors, un beau jour, j'ai arrêté. Et j'ai tout brûlé.
Fini de raconter ma vie en long, en large et en travers, pour que ces cahiers finissent entre des mains curieuses ou malveillantes.
Alors, si j'ai mis fin à ces bêtises d'adolescente, ce n'est quand même pas pour récidiver sur ce blog, espace hautement public s'il en est, sous le regard de centaines de personnes tous les jours... Ce serait un comble ;-)

Pour revenir à ce qui nous intéresse ici, voici une recette que j'avais repérée sur la Food Box et que je mourais d'envie d'essayer. C'est chose faite. Mais avec les moyens du bord (sans menthe, mais avec de la ciboulette thaï), et à ma manière... La recette originale est .

Boeuf à la Thaï (de la Food Box)


pour 2 personnes

350 g d'entrecôte (ou de filet de boeuf)
sauce soja
1 gousse d'ail
1/2 oignon rouge haché
1 c.s. de ciboulette thaï ciselée
1 c.s. de coriandre ciselée (il ne me restait plus que de la surgelée, mais ça convient très bien)
1 piment rouge coupé en fins tronçons
1 1/2 c.s. de sauce poisson
jus d'1 citron vert
1 c.c. de sucre blond de canne

Faire mariner la viande pendant une heure dans la sauce soja avec la gousse d'ail écrasée (d'un geste vif avec le plat du hachoir).
Pendant ce temps, préparer la sauce :
Dans un bol, verser la sauce poisson, le jus de citron vert et le sucre, et mélanger. Ajouter l'oignon rouge, la ciboulette, la coriandre, le piment.
Faire griller la viande à feu vif 1 min 30/1 min 40 (selon l'épaisseur) de chaque côté, puis laisser reposer quelques minutes.
Couper la viande en fines tranches, mettre dans un plat et verser la sauce dessus.
Servir avec une moitié de concombre coupée en bâtonnets, et du riz basmati (Tilda, de préférence).

Pour vous dire à quel point c'est bon, j'en ai fait deux fois cette semaine. Et mon poulet est plus amoureux que jamais ;-)

mardi 8 mai 2007

Décadence




Hier matin, je me suis levée tard, comme après une méchante gueule de bois. En me voyant ouvrir les yeux, mon poulet a mis Le Temps des cerises pour me ménager un réveil en douceur.
Un câlin du matin amélioré pour atténuer ma peine.

La veille au soir, je m'étais préparé cette décadence glacée et chocolatée pour tenir le choc : 3 boules de glace vanille, un cookie émietté, le tout arrosé d'un torrent de sirop de cacao :

Car, maso comme je suis, j'ai regardé la soirée électorale du début à la fin, sans en perdre une miette. Pour prendre pleinement conscience de cette nouvelle situation.
Mais rien n'y fait, la photo du nabot sur fond de Palais de l'Elysée ne passe toujours pas. Elle m'est insupportable.

De toute façon, la décadence avait déjà commencé plusieurs jours avant : la junk food avait franchi le pas de notre porte sous la forme de méga burgers parfaitement indécents

et de pizzas géantes

dont nous nous sommes honteusement régalés à plusieurs reprises.

******

Mingoumango's Burgers
pour 2 grosses mâchoires

2 muffins (semi-)complets (je les ai faits avec ma MAP ; pour la recette, voir ci-dessous)
2 steaks hachés
1/2 tomate
1/2 échalote
un peu de salade
ketchup
mayonnaise
sauce béarnaise



Toaster les muffins et les couper en deux.
Tartiner une moitié avec un peu de mayonnaise et de sauce béarnaise.
Couvrir de salade.
Ajouter la tomate coupée en fines tranches, et l'échalote coupée en fines rondelles.
Poser le steak (très légèrement salé et poivré) dessus, remettre un peu de salade, et fermer avec l'autre moitié de muffin tartinée d'un peu de ketchup.
Dévorer sans plus attendre.

Depuis que je fais ces burgers à la maison, je ne vais plus au McDo ni ailleurs (je ne sais même plus quand j'y ai mis les pieds pour la dernière fois). J'utilise des muffins à la place des pains pour burgers que je n'aime pas tellement, et cela nous satisfait pleinement. Quant à la sauce béarnaise, c'est une idée que j'ai reprise d'un fast food à Chamonix où j'ai un peu travaillé quand j'étais ado...


Muffins semi-complets (recette inspirée de Pain maison de Cathy Itak)
pour 2 muffins

75 ml d'eau + 30 ml de lait
90 g de farine T55
85 g de farine complète
1/4 c.c. de levure instantanée type Briochin
1/2 c.c. de sel
10 g de beurre
1/2 c.c. de sucre
1/2 c.c. de jus de citron
un peu de semoule de blé

Mettre les ingrédients dans la MAP en faisant attention de ne pas mettre en contact le sel et la levure.
Démarrer la MAP sur programme "pâte seule" ou "pâte à pizza" (programme 12 pour la Home Bread de Moulinex). Ne pas hésiter à racler les coins avec une spatule en silicone afin de bien incorporer tous les ingrédients.
A la fin du programme, sortir le pâton, le diviser en deux, façonner deux boules et les étaler sur une plaque de façon à ce qu'ils aient une épaisseur de 2-3 cm.
Saupoudrer de semoule de blé.
Mettre à lever 30 minutes à l'abri des courants d'air.
Enfourner dans un four préchauffé à 180 °C.
Au bout de 6-7 minutes, les retourner et poursuivre la cuisson pendant 7-8 minutes (les muffins ne doivent pas trop dorer).

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Pâte à pizza (recette tirée de Pain maison de Cathy Itak)
pour 2 pizzas fines

210 ml d'eau
350 g de farine T55
1 c.c. de levure instantanée type Briochin
1 c.c. de sel
2 c.s. d'huile d'olive
1 c.c. de sucre

Mettre tous les ingrédients dans la MAP en faisant attention de ne pas mettre en contact le sel et la levure, et démarrer sur programme "pâte seule" ou "pâte à pizza" (programme 12 pour la Home Bread de Moulinex). Ne pas hésiter à racler les coins avec une spatule en silicone pour bien incorporer tous les ingrédients.


Pizza bambino (jambon, tomate, mozzarella)


pour 2 pizzas

une pâte à pizza
400 g de chair de tomates
2 boules de mozzarella (de lait de vache, la "vraie" étant trop humide)
2 tranches de jambon
sel, poivre
origan
huile d'olive parfumée (j'ai pris celle de mes tomates séchées)
huile pimentée

Pendant que la MAP travaille, égoutter la mozzarella, la couper en fines tranches ou lamelles et laisser sécher entre deux feuilles d'essuie-tout.
Couper le jambon en petits carrés.
Quand la pâte est prête, l'étaler sur une plaque légèrement farinée.
Recouvrir avec la chair de tomates, puis la mozzarella et le jambon.
Saler et poivrer légèrement.
Parsemer d'origan et ajouter quelques gouttes d'huile d'olive parfumée.
Mettre au four préchauffé à 200 °C pendant 15 minutes.


Pizza Olé !


pour 2 pizzas

une pâte à pizza
400 g de chair de tomates
2 boules de mozzarella (de lait de vache, la "vraie" étant trop humide)
du chorizo
1 petit oignon
1/4 de poivron coupé en petits dés (j'ai pris des dés de poivrons verts et rouges surgelés)
1 tomate
sel
, poivre
origan
huile d'olive parfumée (j'ai pris celle de mes tomates séchées)
huile pimentée

Pendant que la MAP travaille, égoutter la mozzarella, la couper en fines tranches ou lamelles et laisser sécher entre deux feuilles d'essuie-tout.
Couper le chorizo, la tomate et l'oignon en fines rondelles.
Quand la pâte est prête, l'étaler sur une plaque légèrement farinée.
Recouvrir avec la chair de tomates, puis la mozzarella, le chorizo, l'oignon et la tomate.
Saler et poivrer légèrement.
Parsemer d'origan et ajouter quelques gouttes d'huile d'olive parfumée.
Mettre au four préchauffé à 200 °C pendant 15 minutes.




Avec tout ça, je vais moins regretter ma pizzeria habituelle quelque peu délaissée ces temps-ci. Mon poulet m'appelle même Luigi maintenant ;-)