samedi 4 juillet 2009

Les propos et les repas décousus



Il aura fallu attendre six mois pour commencer à habiller les murs, pour s'occuper du balcon...
Il aura fallu attendre des mois pour que le placard à chaussures soit enfin rangé, boîtes étiquetées avec nom et dessin de chaque modèle (je n'en suis pas peu fière :-))... Des mois pour que les choses commencent à trouver leur place... et ce n'est pas encore fini...










Après avoir mangé des dizaines de kilos de pommes, poires et oranges pendant des mois, c'est avec ravissement que nous retrouvons les fruits rouges dont nous raffolons tant. Cette addiction me conduira à la ruine. Une seule solution : aller m'approvisionner dans le jardin des Kriskou.
A propos de fruits rouges, j'aimerais savoir pourquoi ils ne sont pas vendus dans ces si jolies barquettes bleues (que l'on voit sur tant de blogs anglo-saxons) plutôt que dans ces moches trucs en carton ou en plastoc... A croire que les Anglo-Saxons ont un sens du packaging (ou tout simplement un sens esthétique ?) plus aiguisé que le nôtre...






Elle était venue en février 2007 nous présenter un album enchanteur. Depuis, son talent ne s'est pas démenti, et le nouvel opus contient lui aussi de véritables perles...
Dans la fournaise du Bataclan, je me suis retrouvée à l'état liquide (j'ai pu constater que le corps humain est principalement composé d'eau) : à la sueur ruisselante se sont mêlées des larmes d'émotion... J'ai revu l'été 2006 et ses températures caniculaires, la torpeur des après-midis passés en position allongée devant un ventilateur, les atermoiements dus à la thèse, le frisson à la découverte de Regina, les douches glacées et le t-shirt mouillé qui a finalement pris le relais du ventilateur (méthode TRES efficace et parfaitement écologique)...








Et puis, ces derniers temps, des repas aussi décousus que mes propos... Des repas où se croisent des mets du monde entier. L'autre jour, à notre table, il y eut la rencontre d'un taboulé libanais et d'un ceviche péruvien (mais certains d'entre vous le savent déjà : je ne SAIS PAS composer un menu)... Des plats qui ont tout de même un dénominateur commun : la fraîcheur !

Taboulé libanais selon Sahten



pour 4 à 6 personnes

1 botte de persil plat
1 botte de menthe
1 botte de ciboulette
quelques feuilles de laitue (pas mis ici)
1 poignée de boulgour
3-4 tomates, pelées
2 citrons
huile d'olive
sel

Hacher finement les herbes, la laitue et les tomates.
Ajouter le boulgour (préalablement laissé à tremper dans de l'eau, contrairement aux instructions de Sahten).
Ajouter le jus de citron, arroser d'huile d'olive, saler et mélanger le tout.

On peut aussi ajouter un petit oignon ou une échalote finement hachée.


Ceviche péruvien (extrait de Petits larcins culinaires de Claude Deloffre)



pour 3-4 personnes

500 g de filet de cabillaud (ou lieu noir, perche, daurade...)
1/2 oignon
2 gousses d'ail
1 poignée de persil plat (ou frisé, ça va aussi)
1 poignée de coriandre
2 citrons (jaunes ou verts)
1 c.c. d'huile de tournesol
1 pincée de cumin
1 pincée de piment
sel et poivre

Couper le poisson en petits morceaux.
Hacher l'oignon, l'ail et les herbes.
Dans un saladier, mélanger le tout avec le poisson.
Arroser de jus de citron.
Saler, poivrer, ajouter cumin et piment.
Bien mélanger, puis mettre au frais immédiatement.
Laisser mariner entre 1 et 4 heures (personnellement, je préfère 1h).

La prochaine fois, promis, je vous parlerai d'une famille japonaise.

vendredi 3 juillet 2009

Polaroids from Japan

























mardi 23 juin 2009

Chocolate craving



D'abord, il y eut une semaine atroce et humiliante dans des bureaux parisiens peu chaleureux (malgré le parquet en bois et les moulures), où des gens un peu vulgaires peuvent réduire votre amour-propre à néant en l'espace de quelques jours. La proximité du canal saint Martin fut une maigre consolation : le bento était solitaire, bien loin des déjeuners entre copines thésardes à la BN où l'on se remontait le moral à tour de rôle.
On se surprend parfois à accepter des choses pour de mauvaises raisons.

Il y eut aussi un week-end interminable et fort ennuyeux, où il n'y avait pas d'autre choix que de se laisser porter par les événements, car tout échappe à votre contrôle. J'ai fermé les yeux et attendu que ça passe.

Juin, la saison des pluies.
Pluie de larmes (comment sécher celles des autres quand on a soi-même les yeux mouillés ?), pluie de doutes et d'angoisses qui paralysent. Pluie de petits mots et de colis attentionnés apportés par le facteur et suscitant toujours l'étonnement (a-t-on mérité tous ces cadeaux ?).

Je n'ai toujours pas trouvé le Sens, mais je continue de me laisser transporter - enivrer - par la Musique de cet artiste que j'avais tant aimé voir chanter, un soir d'été, sur les berges de la Seine.

Comme le Japon me paraît loin à présent...

Du mois de juin, je ne garderai en mémoire que le disque de musique baroque, les biscuits au sésame noir, cette librairie où j'ai trouvé refuge lors de la semaine de cauchemar (et les carnets qui ont suivi), l'érable japonais, les éclats de rire dans un café aux airs de salon, cette chanson n°6 dont je ne me lasse pas, les pâtisseries japonaises qui ont traversé l'Atlantique, et puis, cette déferlante de chocolat (car il n'y a pas que les haricots rouges dans la vie).

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Les brownies de Claire



pour un moule carré de 20 x 20 cm maximum

200 g de chocolat noir (65 % de cacao maxi)
100 g de beurre
100 g de sucre blond de canne (initialement : 110 g)
2 oeufs
50 g de farine (T45 ou 55)
60 g de noix de pécan (concassées)

Faire fondre le chocolat et le beurre.
Mélanger les œufs et le sucre, ajouter la farine et les noix, puis le chocolat fondu.
Verser dans un moule carré ou rectangulaire (20 x 20, 19 x 21 cm, mais pas plus grand).
Enfourner environ 15 minutes à 180 °C (ici, j'ai arrêté la cuisson à 14 minutes, c'était légèrement sous-cuit, mais néanmoins excellent. Donc 15 min, c'est l'idéal. A vous de voir ce qui convient avec votre four).
Laisser refroidir, mettre au frais pendant plusieurs heures (toute une nuit si on veut) avant de découper en petits carrés, et attendre qu'ils soient à température ambiante pour les déguster.
Ces brownies se conservent 4 jours sans problème, si vous tenez jusque-là.



Grâce à Claire, j'ai enfin pu briser cette malédiction du brownie raté qui me frappait depuis toujours.
... Mais qui est Claire ?
La testeuse officielle de La bouche pleine, pardi ! :-) Une fille généreuse, gourmande, passionnée de cuisine, enthousiaste, et qui donne son avis en toute franchise. Je suis sûre qu'elle aurait encore plein de bonnes recettes à transmettre...

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Le sorbet au chocolat de David L. (merci à Deb de Smitten Kitchen)



pour environ 1 litre de sorbet

555 ml d'eau
200 g de sucre
75 g de cacao en poudre non sucré (type Van Houten)
une pincée de sel
170 g de chocolat noir (à 60 % de cacao, c'est suffisant), haché au couteau (ou fondu, ça marche aussi)
1/2 c.c. d'extrait de vanille liquide

Dans une grande casserole, mélanger au fouet 375 ml d'eau avec le sucre, le cacao en poudre et le sel.
Porter le mélange à ébullition en fouettant régulièrement, et maintenir l'ébullition pendant 45 secondes en continuant à fouetter.
Retirer du feu, incorporer le chocolat, le laisser fondre.
Ajouter l'extrait de vanille et le restant d'eau (180 ml), et mixer le mélange (au blender ou au mixeur plongeant - je viens de me rendre compte que j'ai oublié cette étape !).
Une fois le mélange refroidi, le mettre au frais pendant au moins une demi-journée.
Quelques heures avant la dégustation, verser le mélange dans la sorbetière et turbiner (40 minutes pour moi). Le hic : on obtient un sorbet très liquide, mais après quelques heures au congélateur, il est parfait : texture souple, un vrai goût de chocolat et la couleur qui va avec, c'est-à-dire pas un truc vaguement marron. Si on aime vraiment le chocolat, il n'y a pas d'hésitation possible entre la crème glacée et le sorbet. En tout cas, il va falloir que je m'achète ce livre.





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Il y eut aussi, mais c'était au mois de mai, un moment très agréable, un peu hors du temps, dans un lieu dédié au chocolat. Un lieu où l'expression "luxe, calme et volupté" prend tout son sens.







La prochaine fois, si je ne vous parle toujours pas du Japon, il faudra me botter dehors, ok ?

mercredi 10 juin 2009

J'ai tout essayé, j'ai pas trouvé le sens - On dit que pour beaucoup c'est la même béance

mercredi 27 mai 2009

Le paradis de l'azuki



S'il est un paradis de l'azuki, ce n'est pas la Chine (où dénicher une bonne brioche fourrée n'est pas toujours chose aisée), mais bien le Japon. Il n'y a que là-bas qu'on trouve une telle diversité de gâteaux et desserts à l'azuki : on peut en goûter un nouveau presque chaque jour et c'est un vrai bonheur pour une frappadingue comme moi.

Petit tour d'horizon de ce que j'ai goûté
... :

L'onigiri ci-dessus (sekihan) fut dévoré au petit déjeuner, dans le Shinkansen qui nous emmenait à Tokyo. Je n'ai pas l'habitude de l'azuki en version salée, mais bon, pourquoi pas ? En tout cas, c'est loin d'être mauvais.

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Côté sucré, la pâtisserie que j'ai le plus souvent achetée dans les combini est le daifuku.





Une boule soyeuse et gluante fourrée à la purée d'azuki. Une valeur sûre.



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Comme mon ami Ding Dang (version cantonaise de Doraemon), j'ai un faible pour les dorayaki : de la purée d'azuki en sandwich entre deux sortes de pancakes.





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Mais il y a encore mieux :



Ce dorayaki unique au monde, je l'ai déniché dans un combini à Shizuoka. Unique au monde car la garniture fait plus de 2 cm d'épaisseur. Je me sens très proche de l'inventeur de ce dorayaki, je crois qu'il a tout compris à la vie.
(Les deux caractères entourés en rouge sur la photo signifient "azuki" : savoir les reconnaître sur un emballage est une question vitale pour les gens comme moi. Sinon, on se dirige vers un vendeur et on lui dit "azuki ?" en pointant la chose : ça marche très bien)



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Au milieu d'un parc désert à Tokyo, à l'occasion d'une cérémonie du thé, j'ai pu déguster un joli petit gâteau-fleur à l'azuki.



Délicat et raffiné.



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Côté glaces : une glace au matcha fourrée à l'azuki et enrobée d'une fine gaufrette.



La gaufrette est mollassonne et l'azuki difficilement perceptible... Pas renversant.



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Chez Häagen-Dazs, je suis tombée par hasard sur un parfum local :



Un peu frustrant aussi : la dose d'azuki est homéopathique, les haricots se comptent quasiment sur les doigts d'une main. Dommage.



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En revanche, gros coup de coeur pour le bâtonnet glacé 100% azuki.



Là, il n'y a pas de tromperie sur la marchandise : l'azuki est bien présent. Une glace légère, pas trop sucrée, et extrêmement rafraichissante. J'en ai mangé chaque fois que j'ai pu.



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Dans une cantine à Kyoto, je n'ai pas pu résister à la soupe d'azuki.



Très agréable avec le thé. Mais je n'ai pas compris ce qu'il y avait dans la mini coupelle (d'après mon poulet, c'était salé).

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Près de la rivière Kamo (toujours à Kyoto), j'ai englouti une brioche très convoitée (mais je vous raconterai ça une autre fois...).



Le genre de brioche qu'on aimerait trouver ici...



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J'ai aussi craqué pour un taiyaki (qui n'a pas eu le temps d'être photographié),



et pour des nama yatsuhashi (petits triangles de pâte de riz fourrés - pas seulement à l'azuki -, une spécialité de Kyoto), qui étaient offerts à la dégustation...



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Enfin, je suis rentrée à Paris avec un assortiment de petits gâteaux, offerts par une fille très attentionnée, le tout dernier jour...

Voyez... je n'ai pas chômé :-)

samedi 23 mai 2009

I miss japanese food



Après Hong Kong, le Japon...

Je voulais vous montrer plein de choses : Tokyo, Takayama, Himeji, Kyoto, Nara..., commencer par le début.
Mais voilà... mes papilles sont en grève depuis une semaine : je suis incapable d'apprécier vraiment ce que je mange. Même les choses habituellement renversantes (les bonnes frites bien épaisses, les éclairs au chocolat, les tartines beurrées...) me laissent de marbre.

C'est dramatique, mon palais s'est totalement habitué à la cuisine japonaise.

Et je ne vous parle même pas des azuki.











































Pleurerai-je à nouveau de bonheur en mordant dans un éclair au chocolat ?

(Désolée pour la piteuse qualité des photos : la faim, la gourmandise, l'impatience m'ont empêchée de cadrer correctement et de prendre des photos nettes... Je pense que vous me comprendrez.)

jeudi 21 mai 2009

Prélude : escale à Hong Kong



Dix-sept ans que je n'avais pas mis les pieds à Hong Kong. La dernière fois, j'étais encore une lycéenne acnéique, planquée derrière un rideau de cheveux. Je suppose que la ville a changé autant que moi : je n'avais pas le souvenir d'autant de tours, de gratte-ciel, de monde, de bruit partout. Où que l'on pose son regard, il y a des tours, des dizaines, des centaines de tours (même là où l'on ne s'y attend pas).

Hong Kong est une ville étourdissante.













Les tours ne quittent (presque) jamais votre champ de vision.





Les enseignes qui pendouillent par centaines au-dessus des têtes, je m'en souvenais.



J'ai une tendresse particulière pour les façades cradingues avec les climatiseurs qui dépassent, et le linge qui sèche en prenant toute la pollution.



J'ai adoré prendre le tram sur l'île de Hong Kong (cela avait un côté un peu désuet) ;



déjeuner sur une terrasse du port de Sai Kung, près des collines résidentielles pour CSP++ (où nous étions logés) (les poissons et fruits de mer étaient d'une fraîcheur incomparable, et pour cause...).





J'ai admiré la solidité des échafaudages en bambou,



et encore plus l'agilité des ouvriers de chantier,



dignes des plus grands alpinistes.



J'ai aimé me promener dans Mong Kok, au milieu du Ladies' market,







et à Tsim Sha Tsui le soir, après un dîner fort copieux à la terrasse intérieure d'un hôtel très chic.





J'ai apprécié ce moment de quiétude dans un temple paumé dans les Nouveaux Territoires.


(les fleurs sont magnifiques, mais néanmoins totalement artificielles, je le précise)







J'ai aimé la séance d'essayage de petites robes sur des mélodies de Coralie Clément, dans une boutique un peu branchée de Sha Tin : une situation très patoumesque ;-)

J'ai adoré traverser la mer en ferry pour aller sur l'île de Hong Kong,



et admirer la vue du haut du Victoria Peak (mais j'ai moins aimé la présence d'un centre commercial au sommet du Peak).



Chez Maxim's (une chaîne de jau lau), je me suis régalée de dim sum, apportés sur des chariots :



cha siu baau exquis,



cha siu sow (transcription personnelle) encore meilleurs (il s'agit également d'une farce de porc laqué, mais dans une enveloppe de pâte feuilletée)





Dans une petite échoppe de Tung Lo Wan, j'ai accepté de goûter à la gelée de tortue, alicament dont raffolent les autochtones. Le goût est assez neutre, et arrosé de sirop, ça se mange sans problème.



Dans un restaurant privé (tenu par d'anciens collègues de papa Mango), je me suis régalée des meilleurs baozi et jiaozi qui soient, fins, parfumés et au façonnage parfait.





Dans ce même restaurant, on nous a servi un dessert étonnant : une sorte de potiron farci d'un mélange de riz, de haricots rouges et de plein d'autres choses, le tout arrosé de sirop (de fleurs de laurier, si mes souvenirs sont bons).



Mais ce que j'ai préféré par-dessus tout, c'est la visite d'un petit marché dans le quartier de North Point (sur l'île de HK), quartier où mon papa a débuté comme apprenti cuisinier alors qu'il était encore un tout jeune adolescent. Ce quartier est resté dans son jus, selon lui.
Ce qui est amusant, c'est que le marché est traversé par une ligne de tram à son terminus.

























Dans ce marché, mes parents et mon poulet se sont régalés de mangues juteuses à même la rue, tandis que je me suis un peu brûlé la langue sur des dan tat qui sortaient tout juste du four. Miam !



Ces trois jours ont défilé à une vitesse incroyable.

dimanche 26 avril 2009

Avant le grand départ, plein de choses (dont des blondies)



Pour oublier les fâcheux de tout poil - en fait, les pires sont ceux qui jacassent sans arrêt et se mêlent de tout, surtout de ce qui ne les regarde pas -, pour oublier les fâcheux donc, quelques douceurs qui font du bien :

Un livre magnifique, qui parle de votre sujet préféré - la nourriture - sous tous ses aspects, avec des images qui font rêver.










Une boîte de crayons de couleur, amoureusement choisie dans ce magasin en face du Cirque d'Hiver.




Une carte postale de Barcelone, puis une de Vienne, avec une recette d'Apfelstrudel dessus.


Au fond d'une galerie du 3e arrondissement, une Melencolia cachée derrière un rideau de velours grenat, à écarter délicatement, et à refermer tout aussi délicatement après contemplation.


Un cerisier du Japon d'une émouvante beauté, avec son parterre couvert de neige rose.






Et puis, des blondies fondants, encore meilleurs que des cookies.



Blondies (adaptés de la recette de Smitten Kitchen)

pour un tout petit moule carré ou rectangulaire

50 g de beurre mou
50 g de purée d'amandes (blanches)
120 g de sucre blond de canne
1 oeuf
1 c.c. d'extrait de vanille
100 g de farine
1 pincée de sel
100 g de pépites de chocolat
50 g de noix de pécan (ou bien : noix, noisettes, amandes, noix de macadamia, etc)

Préchauffer le four à 180 °C.
Dans un saladier, mélanger le beurre et la purée d'amandes.
Ajouter le sucre et bien mélanger.
Incorporer l'oeuf et l'extrait de vanille.
Ajouter la farine, et mélanger pour obtenir une préparation homogène.
Ajouter enfin les pépites de chocolat et les noix de pécan.
Etaler la pâte dans un moule rectangulaire tapissé de papier cuisson.
Enfourner 15 min à 180 °C.
Laisser refroidir avant de découper en petits carrés.

Bien qu'ils se gardent quelques jours dans une boîte hermétique, ils sont très très meilleurs le jour même !



Dans quelques heures, mon poulet et moi serons peut-être en train de manger des cha siu baau et des dan tat dans un jau lau, ou en train de faire du shopping à Mong Kok, ou encore sur les traces de la fantasque Faye.
Après trois jours à Hong Kong - la ville qui a vu naître ma maman -, nous nous envolerons pour le Japon, où nous assisterons à un mariage au Mont Fuji et où je ferai une cure de haricots rouges, entre autres choses...
Je reviendrai dans trois semaines, avec un petit cadeau pour Claire et Laetitia, qui ont gagné le jeu (envoyez-moi votre adresse postale sur mon mail : pralinemail-muu@yahoo.no). Les réponses sont .



Take care !

mardi 14 avril 2009

A bas les fâcheux ! (et poulet contre la mauvaise humeur)



Marre des fâcheux, des sans-gêne.

Dans le métro, il y a ceux qui ECARTENT TELLEMENT LES JAMBES qu'ils vous collent au genou (si bien que vous n'avez plus qu'à utiliser votre sac comme rempart, en tentant de l'insérer entre votre genou et celui du fâcheux, ou bien en le posant carrément sur son genou).
Bah, où est le problème ?

Dans la rue, il y a ceux qui, marchant à plusieurs, occupent TOUTE LA LARGEUR du trottoir. Evidemment, il est hors de question de laisser le passage à ceux qui arrivent en face.
Bah oui, ils n'ont qu'à descendre sur la chaussée pour me laisser passer.

Dans le bus, il y a ceux qui, se croyant chez eux, conduisent leurs affaires - bancaires, professionnelles, ou autres -, par téléphone, en parlant AUSSI FORT QUE POSSIBLE, afin que tous les autres passagers puissent connaître leur vie dans les moindres détails.
Bah oui, ma vie est passionnante.

Sur les quais du métro, il y a ceux qui, au moment où les portes de la rame s'ouvrent, se posent PILE-POIL devant.
Bah oui, pourquoi laisser descendre les autres d'abord ?

Dans le métro encore, il y a ceux qui ne se tiennent pas à la barre, mais appuient LEUR DOS dessus, juste à l'endroit où se trouve votre main.
Bah, elle peut pas dégager sa main, celle-là ?!

Dans le métro toujours - mais ça marche aussi dans le bus, le tram et le RER -, il y a ceux qui posent leurs PIEDS sur les sièges en face.
Bah, où est le problème ? Je fais ce que je veux, où je veux. On est en démocratie, que je sache.

A part ça, rien.
J'avais envie de râler.
Mais en fait, c'est pour éviter de parler des sujets qui fâchent vraiment.

Une recette chinoise géniale pour passer ses nerfs : faire cuire des cuisses de poulet à l'eau et les débiter en morceaux à l'aide d'un gros hachoir bien tranchant. Avec le même hachoir, réduire ciboule et gingembre en purée. Ca défoule, et ça fait un plat délicieux par la même occasion.

Poulet Hainan (poulet froid à la sauce ciboule & gingembre)



pour 2 personnes en plat principal

2 belles cuisses de poulet fermier (bio, si possible)*
1 grosse tige de ciboule
environ 30 g de racine de gingembre
8 cl d'huile neutre (tournesol, ou mélange d'huiles)
1/2 c.c. de sel fin

Mettre les cuisses de poulet dans une grande casserole, couvrir d'eau et porter à ébullition.
Baisser un peu le feu et laisser cuire 15 à 20 minutes (selon la taille des cuisses).
Eteindre la plaque, couvrir et laisser 30 minutes.

Pendant ce temps, préparer la sauce :
Hacher finement la ciboule et le gingembre épluché (on peut les émincer grossièrement dans un premier temps, puis passer le tout au mixeur ; mais le résultat est meilleur lorsqu'on hache à la main), et mettre dans un bol. Ajouter le sel.
Faire chauffer l'huile** dans une petite casserole, et la verser sur le mélange ciboule gingembre (attention, ça fait schhhhpprrrooouu), en plusieurs fois.
Mélanger.

Lorsque les cuisses de poulet sont cuites, les égoutter et les rincer abondamment à l'eau froide.
Avec un gros hachoir bien tranchant, couper les cuisses en plusieurs tronçons (d'un coup sec) (proprement, si possible...).
Déguster froid, avec la sauce, et du riz blanc.



Remarques :

* Il est important d'utiliser des cuisses et non du blanc de poulet (les Chinois goûtent peu le blanc, qu'ils trouvent sec et fade - ils ont raison, d'ailleurs), et surtout du poulet bien élevé, selon la formule de notre amie Patoumi. C'est primordial pour avoir une chair tendre et goûteuse.

** L'huile chaude permet de faire "éclater" les saveurs de la ciboule et du gingembre.

Pour la dégustation, il faut faire attention aux éventuels éclats d'os. Mais si vous voulez savourer pleinement ce plat, prélevez la chair, mettez-la dans votre bol de riz, et versez la sauce par-dessus.



C'est trop trop bon ! Et ça met de bonne humeur.

P.S. : Au fait, j'ai changé les règles de mon jeu. Il y a quelque chose à gagner finalement :-)

lundi 6 avril 2009

Petit jeu sans conséquence & The ultimate chocolate cake (sans beurre)



Alors voilà. L'idée est toute bête : il s'agit d'identifier les lieux où les photos suivantes ont été prises (certains sont très, voire trop faciles). Il n'y a rien à gagner, c'est juste pour le plaisir (N. B. : ce jeu ne s'adresse pas à ceux qui n'ont jamais mis les pieds à Paris, je suis désolée pour eux).













Edit du 10 avril 2009 :
J'ai finalement décidé de mettre en jeu un petit cadeau, que j'enverrai à celui ou celle qui aura trouvé le maximum de bonnes réponses. J'ignore encore la nature du cadeau, il se peut que ce soit un objet que je rapporterai de mon prochain voyage...
Envoyez-moi vos réponses par mail à cette adresse :
pralinemail-muu[at]yahoo[dot]no
Vous avez jusqu'au 24 avril minuit.
Voilà !

Edit du 25 avril 2009 :
Le jeu est clos ! Voici les réponses :













Claire et Laetitia sont les gagnantes du jeu : toutes deux ont trouvé deux bonnes réponses (Laetitia fut la plus rapide sur la messagerie, mais comme Claire avait déjà donné deux bonnes réponses par commentaire avant que je ne change les règles, il y a finalement deux gagnantes).

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A présent, passons aux choses sérieuses.

Samedi dernier fut un jour historique.

Après deux tentatives plus ou moins ratées au cours de la même semaine, j'ai enfin mis au point la recette du gâteau au chocolat idéal à mes yeux (je peux mourir en paix) :

- fort en chocolat (mais est-il besoin de le préciser ?) ;
- fondant ;
- dense mais pas étouffant ;
- pas sec ;
- surtout pas mousseux (sinon ce n'est plus un gâteau) : il faut qu'il y ait un minimum de poudre (farine, amande, etc) dedans, pour pouvoir faire des miettes ;
- pas trop raplapla.

Enfin, il y a un critère déterminant : il doit faire des "stries" lorsqu'on le coupe (avec la cuillère, voire le couteau).



Evidemment, c'est le gâteau au chocolat tel que je le fantasme, moi. Et il peut très bien ne pas plaire aux autres. Mais si vous avez les mêmes exigences que moi, il pourrait vous convenir...

Mon gâteau au chocolat idéal



pour un petit moule à manqué (environ 20 cm de diamètre)

200 g de chocolat noir
20 cl (= une brique) de crème végétale, en l'occurrence de soja
3 oeufs, jaunes et blancs séparés
130 à 150 g de sucre blond de canne (ou de cassonade), idéalement 150 g
80 g de poudre d'amandes
20 g de farine
une pincée de sel
(facultatif : beurre et farine pour le moule ; sucre glace pour saupoudrer)

Préchauffer le four à 170 °C.
Faire fondre le chocolat, selon sa méthode préférée.
Dans un grand saladier, battre les jaunes d'oeufs avec le sucre.
Incorporer le chocolat fondu et la crème, et mélanger.
Ajouter la poudre d'amandes et la farine.
Monter les blancs en neige ferme avec une pincée de sel, et les incorporer délicatement au mélange précédent.
Verser dans un petit moule à manqué (environ 20 cm de diamètre) préalablement beurré et fariné. Ou bien un moule très kitsch en forme de rose.
Enfourner à 170 °C pendant 40 minutes environ (à adapter selon le four). Le gâteau est cuit comme il faut lorsqu'une pointe de couteau ressort pas complètement propre (il doit y avoir de fines traces de chocolat dessus : ça veut dire que le gâteau est cuit, mais pas sec).
Laisser refroidir avant de démouler, et couvrir d'un léger voile de sucre glace.



Ils sont aussi très bien en version individuelle, dans des caissettes à muffins : on ajustera alors le temps de cuisson et on les mangera à la cuillère sans les démouler.

Qui a dit que les chercheurs cherchaient mais ne trouvaient jamais ?

Edit du 13 avril 2009 :
J'ai essayé la crème liquide classique en remplacement de la crème de soja, et j'ai l'impression que cela provoque la formation d'une croûte plus épaisse et croustillante...

jeudi 2 avril 2009

Small expectations (et le tiramisù parfait de Laura Zavan)



Rien.

Le chantier continue.

Au fur et à mesure que je déballe les cartons restants - ceux récupérés chez mes parents -, que je mets la main sur mes affaires d'enfant, mes notes de cours antédiluviennes, mes vieux livres, au fur et à mesure que je trie, que je jette, je sens mon brouillard intérieur se dissiper peu à peu. Je suis intimement convaincue que ce qui s'accomplit de façon physique et matérielle se répercute sur mon esprit. Alors, y vois-je plus clair dans ma vie ?

Eh bien non ! (ce serait trop facile)

Il y a toutefois un progrès notable : c'est que trois mois après ma soutenance, j'ai enfin réussi à JETER mes kilos de papier, d'articles, de notes accumulés pendant la thèse, que je gardais "au cas où". J'ai décidé qu'il n'y aurait pas de "cas où" et j'ai (presque) tout bazardé.
QUEL PIED !

A part ça, j'accueille de temps à autre de nouveaux venus dans ma cuisine - dernièrement, la blette et le pois cassé -, et je fais des gâteaux au chocolat en forme de fleur.



Gâteaux un peu lourdingues, parce que je voulais obtenir cette texture :



L'objectif de texture a été brillamment atteint, reste à améliorer la digérabilité de la chose.

Une recette qui n'a point besoin d'amélioration : le tiramisù de Laura Zavan. J'en ai fait un géant pour un repas de famille où nous étions dix à table. En partant, j'espérais récupérer mon plat avec le reste de tiramisù. Eh ben, ils l'ont gardé (je suis sûre qu'ils ont fait exprès d'oublier de me le rendre...).

Tiramisù classico, de Laura Zavan (tiré de Ma Little Italy)



pour 6 personnes (quantités originales divisées par 2)

250 g de mascarpone
3 oeufs extra-frais
4 c.s. de sucre glace
1 pincée de sel
100 g de biscuits Pavesini (ou de biscuits à la cuiller)
4 petites tasses de café serré froid
5 cl de marsala (ou d'amaretto)
1 c.s. de cacao non sucré

Sortir le mascarpone et préparer le café.

Casser les oeufs, séparer les blancs et les jaunes dans deux saladiers (les jaunes dans le plus grand saladier).
Battre les jaunes avec 3 c.s. de sucre glace.
Quand le mélange est mousseux, ajouter le marsala puis le mascarpone en remuant doucement pour obtenir une crème lisse.

Battre les blancs en neige ferme avec 1 pincée de sel et le reste du sucre.
Incorporer délicatement à la crème au mascarpone.

Tremper rapidement les biscuits dans le café et tapisser le fond d'un grand plat. Ajouter une couche fine de crème, une couche de Pavesini.
Répéter l'opération encore 2 fois en terminant par la crème (on obtient 3 couches de Pavesini et 3 couches de crème).
Laisser prendre au frigo pendant au moins 12 h, idéalement 24 h.

Juste avant de servir, saupoudrer le cacao sur le tiramisù (avec une mini-passoire, pour un résultat plus que parfait).

Je suis sûre que presque tout le monde a déjà SA recette fétiche de tiramisù, mais pour ceux qui n'en auraient pas, ou qui auraient envie de changer...

La prochaine fois, je vous proposerai un petit jeu. Ou pas...

samedi 21 mars 2009

Face à la mer (et à soi-même) + des glaces et un marbré



C'était en début de semaine.
Une escapade solitaire au bord de la mer, pour tenter de mettre un peu d'ordre dans ma tête.

























En dégustant une gaufre au nut-nut au soleil, face à la mer, j'ai regretté que la vie ne soit pas aussi simple que cela (il ne faut pas rêver...).





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Avant l'escapade, il y eut un sorbet Mela (granny smith) fantastique chez Grom, un des meilleurs jamais goûtés, sinon le meilleur



(Nocciola, Cioccolato Fondente et Pompelmo rosa sont également fantastiques, mais mon amour pour le sorbet pomme verte est immodéré et indépassable).





Il y eut aussi un cake marbré chocolat-vanille, pour les nostalgiques de l'enfance.

Marbré choco-vanille



pour un petit moule à cake

1 pot de yaourt nature
2 pots de farine
1 et demi à 2 pots de sucre
1/2 pot d'huile
2 oeufs
1/2 sachet de levure chimique
1 c.c. d'extrait de vanille
1 c.s. de cacao en poudre non sucré (Van Houten)

Préchauffer le four à 180 °C.
Dans un saladier, verser le yaourt.
Y ajouter la farine, le sucre et l'huile en utilisant le pot de yaourt vide comme verre à mesure.
Ajouter également la levure et les oeufs, et mélanger le tout.
Verser 1/3 de la pâte dans un autre saladier, et y incorporer le cacao.
Dans les 2/3 de pâte restante, ajouter l'extrait de vanille.
Verser les pâtes dans un moule à cake recouvert de papier cuisson (ou bien dans un moule en silicone), en les alternant.
Enfourner environ 45 minutes à 180 °C (surveiller la cuisson, qui varie en fonction du four utilisé).

samedi 14 mars 2009

Rencontres du troisième type (et bo bun improvisé)



Ce jour-là, il y avait une légère bruine. Le ciel était d'un gris à pleurer.
J'ai trouvé refuge au musée Cernuschi, où j'ai fait de sympathiques rencontres*.




(Pourquoi ne joue-t-elle pas avec les autres ? Pourquoi reste-t-elle ainsi, à ne rien faire ? A-t-elle décidé de faire grève ? L'attitude de cette demoiselle m'a troublée, et je m'interroge encore...)















Un autre jour, après avoir joué au guide dans le Chinatown parisien, je suis rentrée avec les ingrédients qu'il me manquait pour faire un bo bun. C'était un dimanche, et ce soir-là, j'ai transformé la cuisine en champ de bataille.
Claire, cette recette est pour toi :-)

Freestyle Bo bun** (inspiré d'ici et de )
(ceci n'est pas une recette chinoise)


(j'ai oublié les cacahuètes !)

pour 2 personnes

200 g de vermicelles de riz
150 g de pavé de rumsteak (ou de bavette), découpé en fines tranches
4-5 nems
1 carotte, râpée
quelques feuilles de salade, découpées en lanières
quelques feuilles de coriandre et de menthe, ciselées
une petite poignée de cacahuètes non salées (ou noix de cajou), hachées

Pour la marinade :
2 c.s. de sauce soja (Kikkoman)
1 c.s. de sauce d'huître
2 c.c. de sucre
1 gousse d'ail, aplatie au hachoir
1/2 tige de citronnelle finement ciselée

Pour la sauce :
3 c.s. de sauce poisson
3 c.s. de vinaigre de riz
2 c.s. d'eau
jus d'1/2 citron vert
2 c.c. de sucre

Mélanger les ingrédients de la marinade et y faire mariner les tranches de boeuf (pour faire des tranches bien nettes, couper la viande lorsqu'elle est encore à moitié congelée).
Mélanger les ingrédients pour la sauce, et réserver.
Préparer les vermicelles de riz selon les indications données sur le paquet. Les égoutter, les rincer abondamment à l'eau froide, et les disposer au fond d'un grand bol ou d'une assiette creuse.
Faire frire les nems et les couper en 3 tronçons chacun.
Ajouter la salade et la carotte râpée sur les vermicelles, et disposer les tronçons de nems sur le pourtour.
Faire chauffer un peu d'huile dans une poêle et y faire cuire la viande à feu vif, très rapidement. Ajouter la viande au reste.
Parsemer de menthe, de coriandre et de cacahuètes, et enfin arroser de sauce.

C'était tellement bon que j'ai remis ça le lendemain midi. Et personne ne s'en est plaint.




* Les photos (sans flash) sont autorisées dans la collection permanente du musée.
** Il ne s'agit pas d'une recette authentique (je ne suis pas vietnamienne), mais d'une interprétation personnelle.

samedi 7 mars 2009

Monomanie en rouge (red bean paste & ice cream)



La blogomiam est peuplée de malades mentaux.

Il y a les monomaniaques du cheesecake, les foldingos du parmesan, les obsédées du pain de mie parfait, les siphonnées du pandan, les acharnées du kouign amann (zut, c'est la même ;-)), les excitées de la marmelade aux agrumes.
Il y a aussi les accros aux petits biscuits, les toquées du gnocchi, les barrées du levain, les fous furieux du cupcake, les psychorigides de la tarte au citron, les collectionneuses de recettes inavouables, et J'EN OUBLIE.

Je vous rassure : moi aussi, je suis gravement atteinte.
Ma pathologie à moi ?
Je suis une malade mentale du haricot rouge.

Je me suis enfin lancée dans la purée de haricots rouges maison. Parce que bon... la purée de haricots rouges japonaise, c'est un peu ruineux quand même.
Comme je le pressentais, la préparation est TRES longue, mais cela représente en fait TRES PEU de travail. Juste de la patience et un peu de surveillance.

Et puis, une fois que l'on a deux pots de dou sha, on peut jeter son dévolu sur ces recettes. Ou bien se bricoler une petite glace aux haricots rouges, chose quasi introuvable en terre occidentale - à mon grand regret. Sinon, j'imagine bien cette purée tartinée sur une tranche de brioche.

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Purée de haricots rouges (hong dou sha)



pour environ 720 g de purée (= 2 pots de confiture)

250 g de haricots rouges (azuki) (= 500 g après trempage)
200 g de sucre de canne en cristaux (bing tang, photos ici)
45 cl d'eau

Faire tremper les haricots durant une nuit.
Le lendemain, égoutter les haricots, les mettre dans une casserole avec le sucre et l'eau.
Porter à ébullition.
Couvrir et laisser cuire à feu doux pendant 2h30 au moins (surveiller la cuisson de temps de temps, vérifier qu'il reste de l'eau, mélanger un coup).
Une fois que les haricots sont bien cuits, mixer.
Rajouter éventuellement de l'eau (bouillante) pour détendre la purée si elle est trop épaisse et compacte.
Laisser refroidir et mettre en pots.

Cette purée se conserve une bonne semaine au réfrigérateur.



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Glace aux haricots rouges, from scratch (sans sorbetière)



200 g de purée de haricots rouges
100 g de crème végétale, de soja en l'occurrence (type Biosoy)
25 g de sirop d'agave
1 jaune d'oeuf

Fouetter la purée de haricots rouges avec la crème.
Ajouter le jaune d'oeuf et le sirop d'agave, et mélanger.
Verser le mélange dans un tupperware, fermer et laisser prendre au congélateur, en mélangeant de temps en temps.
Sortir la glace une dizaine de minutes avant de consommer.

Je n'ai pas testé la chose avec une sorbetière, mais je suis sûre que le résultat serait encore meilleur.

samedi 28 février 2009

Deux ans après : leçon de dou sha bao (豆沙包)


(photo inspirée par Loukoum°°°, qui a trouvé la plus belle façon de photographier les dim sum)

Un dimanche après-midi, début de la leçon avec papa Mango.

Moi : Alors, on commence ?
Lui : Qu'est-ce que c'est que ton truc ?
Moi : Ben c'est une balance, pour peser les ingrédients !
Lui : Qu'est-ce que tu veux peser ? C'est tout simple : tu prends un paquet de farine, un cube de levure, et tu rajoutes de l'eau. Et puis, tu peux mettre un peu de sucre aussi, si tu veux.
Moi : D'accord, mais je mets quelle quantité d'eau...?
Lui : Tu verses au fur et à mesure, et tu vois selon la consistance.
Moi : Mais comment je sais, moi, si c'est la bonne consistance ou non ??? Tu ne pèses jamais rien ?
Lui : ... [soupir] Tu le sens au toucher, il n'y a pas besoin de peser.
Moi : Mais moi, je n'ai pas ton expérience, alors comment je fais ?

Il saisit un grand sac de farine entamé, et s'apprête à en verser le contenu dans une grande marmite.

Moi : ATTENDS !!!! ATTENDS !!!! Qu'est-ce que tu fais ? Il faut d'abord que je pose la marmite sur la balance et que je fasse la tare.
Lui : Ah la la...
Moi : C'est bon. Je verse la farine ?
Lui : Oui. Tu mets 2 kg.
Moi : Tant que ça ! On est obligé d'en faire autant ???

Pendant ce temps, il jette les cubes de levure dans un bol et y verse de l'eau.

Moi : Mais... mais... tu as déjà versé l'eau ???!!! Comment je vais faire pour mesurer ???
Lui : ... [soupir] Tu pèseras le pâton à la fin, et tu feras une soustraction pour avoir la quantité d'eau.
Moi : C'aurait été plus simple de peser l'eau directement.
Lui : ... [soupir] Si tu as fait de si longues études, tu dois savoir poser une soustraction, non ?
Moi : Oui mais...

L'eau est mélangée à la farine, le pâton est prêt, je pèse : la balance affiche "stop".

Moi : AAAAAHHHH ! POURQUOI Y A PLUS RIEN D'AFFICHE ????
Lui : ...
Moi : HHHHAAAAAAN !!! JE SAIS POURQUOI : C'EST PARCE QUE C'EST TROP LOURD ! MA BALANCE NE SUPPORTE QUE 3 KG ! C'est foutu maintenant...

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Je vous rassure : je sais aussi parler sans crier.
Quoi qu'il en soit, que j'aie réussi à recueillir cette recette de bao zi relève du miracle. Mais le reste de la leçon s'est très bien passé. Mon papa m'a montré, avec la plus grande patience, le pétrissage, le façonnage, la coordination des doigts pour refermer la brioche, les bons gestes... Des premiers bao zi un peu difformes et raplapla du début, je suis arrivée, à la fin de la leçon, à des bao zi aux plis plus réguliers et qui se tiennent. Pas parfaits, évidemment. Mais à force de pratique, j'arriverai peut-être à un résultat dont il pourra être fier. Un jour. Et peut-être même que je n'aurai plus besoin de peser quoi que ce soit...

Ce jour-là, nous avons fait plus d'une centaine de brioches avec 2 kg de farine (eh non, ça ne rigole pas chez la famille Mango), la moitié fourrée aux haricots rouges, l'autre à la viande. Dans la recette qui suit, j'ai divisé les quantités par deux, mais vous pouvez partir sur une base de 500 g de farine...
Nous avons utilisé de la purée de haricots rouges japonaise (vendue sous sachet plastique), qui est très bonne, quoiqu'un peu chère. Il est possible de la faire soi-même, mais personnellement, j'aime autant l'acheter, car les bao zi à eux seuls représentent déjà un boulot monstre...
Et si vous n'avez pas assez de purée de haricots rouges, sachez qu'il est possible de faire des brioches nature (man tou) avec le restant de pâte.

豆沙包 Dou sha bao (brioches aux haricots rouges) de papa Mango



pour 60 brioches environ

1 kg de farine T55
20 g de sucre
42 g de levure fraîche de boulanger (= 1 cube)
50 cl d'eau (environ)

1 kg de dou sha (purée de haricots rouges) (japonaise de préférence, ou maison)

Dans un grand saladier, mélanger le sucre et la farine.
Diluer la levure dans 20 cl d'eau, et verser dans le saladier.
Commencer à mélanger à la main, et ajouter le reste d'eau au fur et à mesure.
Sortir la moitié du pâton et pétrir énergiquement pendant 5 minutes sur un plan de travail fariné. Remettre dans le saladier. Faire de même avec l'autre moitié.
Couvrir avec un torchon humide et laisser reposer pendant 2 heures environ. Le pâton doit doubler de volume.

Sortir la moitié du pâton, et pétrir de nouveau vigoureusement pendant 5 minutes. Ne pas hésiter à fariner si la pâte colle de trop.
Former un long boudin (de 3-4 cm de diamètre).



Le tenir d'une main, et avec l'autre main, prélever de petits morceaux (de la taille d'une petite prune). Les poser sur le plan de travail fariné, côté "coupé" au-dessus (vidéo ici).



Avec la paume de la main, aplatir les morceaux de pâte (fariner, toujours).



Aplatir les bords de chaque petite "galette" avec la paume de la main.
Prendre chaque disque de pâte dans la main gauche, dans le creux des doigts, et y déposer une noix de dou sha. Tasser avec le couteau.



Avec le pouce et l'index de la main droite, rabattre les bords en pliant et en pinçant la pâte (c'est l'index qui ramène la pâte et qui appuie sur le pouce) (vidéo ici).



Déposer chaque brioche formée sur un carré de papier sulfurisé (ici : du papier dentelle découpé en carrés) et laisser reposer.



Pendant ce temps, faire de même avec l'autre moitié du pâton.

Lorsque la 2ème série de brioches est finie, cuire la 1ère série à la vapeur, dans des paniers en bambou, pendant 10 minutes. Puis faire de même avec la 2ème série.

Une fois cuites, on peut :
- soit les déguster immédiatement (meilleure option),
- soit les laisser refroidir et les conserver plusieurs jours au réfrigérateur, ou 1-2 mois au congélateur. Pour les réchauffer, on les met à nouveau dans un bain de vapeur pendant une dizaine de minutes. J'ai vu qu'il était possible de les réchauffer au micro-ondes, enfermés dans un sachet plastique, mais je n'ai jamais essayé...

N.B. 1 : Contrairement à ce que les photos et vidéos pourraient laisser penser, mon papa n'est PAS alcoolique ;-)

N.B. 2 : D'autres recettes aux haricots rouges ? C'est par ici !