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mardi 29 septembre 2009

La vie qui reprend et les résolutions enfin tenues (je me lance des fleurs et je fais du poulet basquaise)



Une révolution se prépare.

J'ai dépassé la page 100 du livre que je suis en train de lire. Ce n'est pas un mince exploit quand on sait le peu que j'ai lu pendant mes six années de thèse (un livre entier par an ?).

J'ai ENFIN trié la montagne de Télérama du salon, découpé les articles et images qui m'intéressaient - pour mes collages notamment - et tout classé. Ca m'a pris deux jours entiers quand même.

Dans le même élan, après plus de deux ans d'abonnement et de non-lecture, je me suis enfin décidée à passer en revue et à dépecer mes magazines new yorkais préférés, qui gisaient dans des cartons depuis le déménagement - les plus récents étaient encore dans leur emballage plastique, j'ai honte.
J'y ai découvert et découpé tellement de choses passionnantes - dont je vous reparlerai peut-être - que je crois que je vais me réabonner sur le champ.

Pour la première fois de ma vie, je n'ai pas mis le bazar dans l'appartement en l'absence de mon poulet, je veux dire par là que je n'ai pas laissé le bazar s'installer. J'ai rangé les choses au fur et à mesure, j'ai pensé à arroser les plantes, et j'ai même fait le ménage. Non, je blague : je n'ai pas fait le ménage (c'est son boulot à lui, pas le mien).

Je me suis calmée dans ma folie dépensière - mais bon, c'est facile : il n'y a plus grand chose à dépenser (sur ce point, Grand Chef avait vu juste).

Neuf mois après la fin de ma thèse - quelle rapidité exemplaire -, j'ai enfin refait mon curriculum vitae - le pauvre - et répondu à des annonces d'emploi. Je ne vous raconterai pas les réponses que j'ai eues, ça casserait la positive attitude du moment. En tout cas, je n'ai même pas pleuré quand j'ai essuyé mon premier refus.

Je me remets doucement à l'étude du chinois (et de l'allemand).

Mais ce qui me réjouit le plus, c'est que j'ai recommencé à dessiner - enfin, à gribouiller des petits dessins - et que j'ai enfin inauguré mes crayons de couleur (j'en ai même acheté de nouveaux, qui se transportent plus facilement et dont je ne me sépare plus). J'adore ça (même si je ne suis pas du tout au point question technique...).

Pour couronner le tout, notre Vexinoise préférée a fait son grand retour récemment. J'aurais voulu faire son curry, mais je n'avais pas de feuilles de méthi. En revanche, j'ai trouvé des piments verts doux du Sud Ouest et des coeurs de boeuf encore bonnes au supermarché bio du coin : tout ce qu'il faut pour cuisiner son poulet basquaise.

Le poulet basquaise de Gracianne pour fêter son retour (recette originale ici)



pour 2 personnes

2 cuisses de poulet fermier
700 g de tomates mûres
300 g de piments verts doux du Sud Ouest
1 oignon
2 petites gousses d'ail
huile (d'olive ou autre)
sel, poivre, piment d'Espelette
thym, romarin, laurier
1 morceau de sucre
1/2 c.s. de concentré de tomate

Dans une cocotte, faire chauffer un peu d'huile et y faire revenir l'oignon émincé à feu moyen.
Peler les tomates (avec ça, par exemple) et les couper en cubes.
Equeuter, épépiner et couper en deux les piments. Les ajouter aux oignons.
Quand les oignons sont dorés, et les piments tendres, ajouter les tomates, le sucre, le concentré de tomate, les herbes, les gousses d'ail hachées.
Assaisonner et laisser compoter une demi-heure.
Pendant ce temps, faire revenir les cuisses de poulet dans un peu d'huile d'olive, à feu moyen, pendant environ 20 minutes.
Saler, poivrer.
Une fois les cuisses bien dorées (des deux côtés), les égoutter et les transférer dans la cocotte.
Couvrir et laisser cuire environ une demi-heure.
Servir avec du riz (ici : un mélange sauvage).



******

Parce que je suis profondément nostalgique, il m'arrive parfois de regretter la routine de la BN avec les copines, mais quand même, je me sens revivre, après tant d'années entre parenthèses.

mardi 8 septembre 2009

Un quizz sur Paris, Rennes et Strasbourg (spaghetti et framboises)



Je pourrais vous raconter Rennes, l'accueil royal que nous avons eu, les promenades dans les rues pavées, la chouette soirée au Mizuna (où je n'ai pu goûter aucun dessert à l'azuki, l'entrée et le plat - tous deux exquis - ayant eu raison de moi... C'est très fâcheux, il faudra que j'y retourne), les conversations à bâtons rompus, le kouign amann partagé à trois, les tergiversations shoppingesques, le flan pâtissier de G. (qui est en vérité celui de C. Michalak), la table du petit déjeuner, les fous rires, les battles d'appareils photo, ou encore les gnocchi à la crème de parmesan, tomates et jambon italien du dernier repas...



























Je pourrais vous raconter tout ça et vous dire à quel point c'était chouette (MERCI PATOUMI ET LOUKOUM°°° !).

Mais j'ai mieux à vous proposer : un quizz ! Pour mieux connaître Paris, Rennes et Strasbourg :-)
Un quizz composé de 10 questions, aux réponses simples ou multiples.

A vous de jouer :

1) Qui ronfle quand elle est fatiguée ou qu'elle a bu ?
2) Qui a de la moquette dans sa cuisine ?
3) Qui achète ses chaussures en double ?
4) Qui ne fait (presque) jamais ses vitres ?
5) Qui possède toute la collection des livres de l'Epure ?
6) Qui mange du neufchâtel au petit déjeuner ?
7) Qui a une MAP, mais ne s'en sert presque jamais ?
8) Qui ne peut dormir que les volets fermés ?
9) Qui a un penchant très net pour les gringalets ?
10) Qui a (presque) le même menton que Balladur ?

Question subsidiaire, mais difficile, pour départager les éventuels ex-aequo :
11) Qui aime le plus la Suisse ?

Le gagnant ou la gagnante sera invité(e) en guest star à notre grande fête qui réunira tous nos amis bloggeurs préférés.

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Depuis mon retour de Rennes, une paresse aiguë me tient loin des fourneaux. Pas un seul gâteau n'est sorti de mon four depuis deux semaines (ce qui n'est jamais arrivé depuis l'existence de ce blog, même dans le rush de fin de thèse...). Je me laisse nourrir par mes voisins (qui sont également mes parents - c'est utile).
C'est sûrement un jour de grande paresse que je me suis contentée d'accompagner mes spaghetti d'une simple tomate concassée, de basilic ciselé et d'un filet d'huile d'olive.

Et là, J'AI EU UNE REVELATION : CE PLAT ETAIT UNE MERVEILLE.

Pourquoi n'y avais-je pas pensé avant ? Pourquoi me croyais-je toujours obligée de faire une sauce avec les tomates ?

Quand les produits sont de qualité, on peut se contenter de faire au plus simple. Et là, cette délicieuse alchimie avait été obtenue avec les ingrédients suivants : des spaghetti De Cecco cuits al dente, une coeur de boeuf mûre à point (je n'avais que ça sous la main, mais une noire de Crimée ou une autre variété de tomate ancienne aurait tout aussi bien fait l'affaire), du basilic frais (du balcon), de l'huile d'olive de Nyons, du sel de Guérande et du poivre sarawak fraîchement moulu. Si je cite ces noms, ce n'est pas pour faire ma snob - d'ailleurs, ces ingrédients sont tous remplaçables -, mais parce que la qualité des produits est vraiment cruciale pour une telle recette.

Recette que je dédie à une fille, qui a l'air de beaucoup aimer ce genre de plat, et à une autre, qui est capable de se nourrir exclusivement de pâtes.
Vivement la prochaine fois !

Spaghetti à la tomate et au basilic (ma recette de pâtes préférée)



pour 2 personnes

des spaghetti (la quantité que vous prenez pour 2 personnes)
une tomate mûre à point
quelques feuilles de basilic frais
un filet d'huile d'olive (de qualité, c'est important)
sel marin et poivre noir fraîchement moulu

Cuire les spaghetti al dente.
Pendant ce temps (ça dure environ 13 minutes pour les De Cecco), épépiner et couper la tomate en petits dés, puis ciseler le basilic (préalablement rincé et séché).
Quand les spaghetti sont cuits, les égoutter puis les répartir dans les assiettes.
Ajouter les dés de tomates et le basilic.
Arroser d'un filet d'huile d'olive.
Saler et poivrer (généreusement).
Manger sans attendre (ça refroidit vite).



Comme je vois arriver avec horreur la fin des tomates, je n'hésite pas à refaire ce plat plusieurs fois par semaine, voire plusieurs jours de suite, sans me lasser...

C'est un peu la même chose avec les framboises, que j'achète à une fréquence de plus en plus soutenue, avant qu'elles ne disparaissent pour de bon...



samedi 28 juin 2008

Mort subite et rougail inavouable



Mes amis (vous permettez que je vous appelle mes amis), l'heure est grave.

Vous savez, si vous venez ici régulièrement, que je suis une acharnée des gâteaux maison et qu'il ne se passe pas une semaine sans qu'il sorte de mon four muffins, cakes au chocolat, gâteaux au matcha, au citron, et autres gâteaux marbrés... Gâteaux dont je congèle le surplus afin de pouvoir disposer en permanence d'une réserve (l'angoisse-de-la-panne-de-gâteau, pour ceux qui connaissent).
Or, mardi dernier, à 19h52 précises, alors que je m'apprêtais à enfourner des rougets emmaillotés de lard, un drame s'est produit sous mes yeux : mon four a rendu l'âme.

C'est une véritable catastrophe.
...
...
...
Comment vais-je survivre sans four et sans gâteaux maison ???

Certes, nous avons encore un mini-four électrique, celui qui passe de 0 à 300 °C en deux minutes et reste bloqué à cette même température tout le temps où il est allumé. Il a sauvé mes rougets l'autre soir, mais en matière de gâteaux, il est meilleur pour carboniser que pour cuire.

Alors voilà, je n'ai d'autre choix que de lancer un appel :

- Si vous avez des recettes de gâteaux qui se cuisent à 300 °C, pour mon four sous-doué, je suis évidemment preneuse.
- Si vous avez des recettes de gâteaux pour MAP (machine à pain), je suis preneuse aussi.
- Si vous avez des recettes de gâteaux qui se cuisent à la sauteuse/poêle, ça m'intéresse également. Enfin, si ça existe.
- Si vous avez un vieux four (pas trop petit, mais pas immense non plus) qui ne vous sert plus et qui encombre votre cave, je serai ravie de vous en débarrasser ;-)
- Enfin, si vous n'avez rien de tout cela, je prends aussi les gâteaux tout faits (sans noix de coco, ni chocolat blanc, ni pistaches, ni bonbons, et de préférence congelables), vous voyez, je ne suis pas difficile. Il suffit de me les envoyer au 13, rue de la poisse culinaire*, Paris 14ème.

En attendant, sans four, sans perspective de cookies, de clafoutis orgasmique ou de gâteaux au matcha, je ne suis plus tout à fait moi-même, je perds la boule, je fais n'importe quoi. Comme, par exemple, du rougail avec des saucisses de Montbéliard. J'espère que Murielle et Gracianne ne crieront pas au scandale (je n'ai pas dû être Réunionnaise dans une autre vie...).

Rougail saucisses inavouable (inspiré de ces deux recettes)
pour 3-4 personnes

2 saucisses de Montbéliard (à défaut de mieux)
2 oignons
2 gousses d'ail
1 pouce de gingembre
2 boîtes de tomates concassées (400 g par boîte)
2 c.c. de sucre
1 c.s. de garam massala
1 petit piment rouge
huile
sel

Hacher les oignons, l'ail et le gingembre.
Dans une sauteuse, faire chauffer un peu d'huile et y faire suer les oignons pendant 5 minutes en remuant de temps en temps.
Ajouter l'ail et le gingembre et laisser cuire 2-3 minutes.
Ajouter les saucisses coupées en demi-lunes et faire sauter pendant 5 minutes supplémentaires.
Ajouter les tomates concassées, le piment émincé (sans les pépins), le garam massala, le sucre, le sel.
Couvrir et laisser mijoter à feu doux pendant une demi-heure, ou plus.
Servir avec du riz (ici du basmati mélangé à un peu de riz rouge).


Heureusement, demain c'est dimanche : je vais profiter de ma visite hebdomadaire chez papa et maman Mango pour me faire un bon gros gâteau dans leur four ultra-sophistiqué (tellement sophistiqué qu'il faut être bac+12 au moins pour comprendre le mode d'emploi).


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* "Poisse culinaire", car hier matin, le contenu de mon bento tout juste préparé s'est répandu sur le carrelage de la cuisine, ce qui m'a obligée à tout jeter et à tout recommencer. Je crois bien que j'aurais pleuré si je n'avais pas fait les soldes la veille.

samedi 15 septembre 2007

Ratatouille (à quatre mains) en souvenir de Simone et Léon



Chère Simone, cher Léon,

Que de temps a passé depuis notre dernière rencontre. Dix ans peut-être, ou plus... Je ne sais plus très bien. Il est vrai que nous ne sommes plus beaucoup venus vous voir à la fin... Et puis, il y a eu cette année que j'ai passée à Vienne, une année fort agitée, et je dois avouer qu'à l'époque, j'étais tellement absorbée par mes tourments existentiels et amoureux que plus rien d'autre n'existait à mes yeux. Alors, vous aussi, je vous ai un peu oubliés...
Pourtant, c'est avec plaisir que nous venions vous rendre visite, tous les trois, avec maman (je lui demandais parfois : "Quand est-ce qu'on va voir Simone et Léon ?"). Je me souviens avec émotion des goûters que vous nous prépariez, de la brioche que vous alliez acheter exprès pour l'occasion et que vous réchauffiez pour qu'elle soit tiède et bien moelleuse. Je me souviens du thé, que vous nous serviez dans un joli service en porcelaine - je mettais un petit sucre (ou deux ?) dans ma tasse, car je n'avais pas l'habitude du thé anglais ; je n'en avais peut-être même jamais bu avant - et je m'y brûlais souvent les lèvres, d'impatience.
Vous nous demandiez quelles étaient les dernières nouvelles, si tout se passait bien à l'école, en quelle classe nous étions, et aussi si toute la famille allait bien, papa, grand-père, grand-mère.
J'aurais aimé pouvoir vous inviter à mon tour, aujourd'hui, chez moi, chez nous (mon amoureux et moi), pour vous raconter les dernières nouvelles, autour d'une brioche maison et d'une tasse de thé parfumé. Et puis, j'aurais aimé entendre vos souvenirs sur cette période pendant laquelle vous vous êtes occupés de moi, cette courte période pendant laquelle vous avez été mes nounous, en remplacement de grand-père et grand-mère alors en voyage.
La dernière fois que maman est venue à la maison, nous avons préparé une ratatouille ensemble. J'étais non seulement ravie de cuisiner à quatre mains, mais j'ai également eu une chaude pensée pour vous, qui nous aviez fait découvrir ce plat...
Vous me manquez drôlement aujourd'hui.

Je vous embrasse bien fort.

E.

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Ratatouille



3 courgettes
2 petites aubergines
1 poivron rouge
1 poivron jaune
6 tomates
2 oignons
3 gousses d'ail
3 feuilles de laurier
1 c.s. d'herbes de Provence
huile d'olive
sel
, poivre

Eplucher les tomates (pour les
heureux/ses propriétaires d'un Zyliss), sinon les monder après les avoir plongées quelques secondes dans de l'eau bouillante, puis les couper en fins quartiers.
Emincer les oignons.
Faire chauffer un peu d'huile dans une grande poêle, faire revenir les oignons, puis ajouter les tomates. Laisser cuire quelques minutes à feu vif, saler et poivrer, puis baisser le feu.
Pendant ce temps, couper les aubergines et les courgettes en demi-rondelles, et émincer les poivrons après les avoir épépinés.
Retirer les tomates du feu. Réserver.
Dans un grand faitout, chauffer de l'huile et faire revenir séparément aubergines, courgettes et poivrons.
TOUT remettre dans le faitout (les tomates aussi), ajouter l'ail épluché et dégermé, les herbes de Provence, le laurier, saler, poivrer, mélanger et laisser mijoter à feu doux pendant 2 heures au moins.


jeudi 7 juin 2007

Divagations de surveillance d'examen et petits sablés aux tomates séchées




En ce moment, la saison des examens (et des concours) bat son plein (certaines ont dû s'en apercevoir). Comme tous les ans depuis que j'ai commencé ma thèse et que je donne des cours à la fac, je suis de surveillance en amphi. Ce qui est loin d'être une partie de plaisir...
C'est dans ce contexte que j'ai revu, la semaine dernière, des étudiants que j'avais eus en début d'année. Après un 2nd semestre sans cours, je me suis rendue compte qu'ils m'avaient manqué. J'en ai presque eu un pincement au coeur en les revoyant, sachant qu'ils sont mes derniers étudiants et que dans trois mois, ce sera fini, je serai arrivée au terme de mon ultime contrat.
En faisant le tour de l'amphi, dix fois, vingt fois, pendant l'épreuve, j'ai eu tout le loisir de les observer, de surveiller plus attentivement celles (eh oui, la majorité sont des filles) dont je connaissais la propension à discuter (tricher ?) pendant les partiels, et ce tout en laissant mon esprit divaguer...

Moi enseignante, ce n'était pas gagné. Je revois encore les mines incrédules de mes étudiants, quand je faisais mon entrée dans la salle de cours et que je m'installais au bureau du prof, lors de la toute première séance. Ils devaient sans doute croire à une (mauvaise) plaisanterie, je me souviens, ça chuchotait de tous les côtés. Et encore, s'il n'y avait eu qu'eux... Chaque fois que je me rendais à un secrétariat pour demander une brochure pédagogique, un papier ou un renseignement sur un cours, on me demandait immanquablement en quelle année j'étais inscrite, ce à quoi je répondais que c'était moi l'enseignante... S'ensuivaient alors des excuses de la secrétaire qui, voyant mon allure juvénile, n'y croyait pas beaucoup plus que les étudiants...

Bref, j'ai vite compris qu'il valait mieux bannir les t-shirts Björk roses ou les hauts de survêt Adidas vintage vert flashy si je ne voulais pas anéantir totalement ma crédibilité face à des étudiants à peine plus jeunes que moi. J'ai donc opté, à la place, pour des tenues plus "sérieuses", voire plus ringues pour mieux coller au look "prof de fac" (je vous jure, qu'est-ce qu'il faut pas faire parfois...).
Malgré tout, certain(e)s étudiant(e)s prenaient un malin plaisir à me tester, en me posant des questions scabreuses (pour voir si j'avais réponse à tout) ou bien en contestant mon système de notation (forcément injuste). Une fois, une étudiante qui bavardait trop et à qui j'avais demandé de prendre la porte, m'a tenu tête.
Des choses qu'ils ne se seraient pas permises avec un "vrai" prof...

A l'heure où tout cela s'achève, une foule d'images me sont revenues à l'esprit. J'ai revu ces matins embrumés où il fallait partir travailler alors que les rues étaient encore désertes, la foule pressée sur les quais de la gare, les visages ensommeillés dans le train de 8h08. Je me suis souvenue de la boule dans le ventre avant chaque cours, de mes gesticulations au tableau, de mes va-et-vient, de mon corps en sueur et de mes joues en feu à la fin de chaque séance (une fois, je suis allée faire cours en col roulé : j'ai vite compris ma douleur...). Je me suis souvenue de ces heures passées à préparer les cours, à la maison et à la bibliothèque, et de ces nuits passées à corriger ces satanées copies. Je me suis souvenue des sourires de certains étudiants lorsque nous nous croisions dans les couloirs, et des mots échangés parfois avec eux...

Et puis, au milieu de ces divagations, j'ai eu faim, car c'était l'heure du goûter... Mais c'était une envie de salé. C'est ainsi que j'ai eu l'idée de petits sablés salés, avec des morceaux de tomates séchées dedans. Pour la base, que je voulais sans beurre, j'ai pensé aux sablés de Clea, et le reste fut improvisé dans ma cuisine à une heure bien avancée de la nuit...

Petits sablés aux tomates séchées
pour une vingtaine de sablés

100 g de farine T65
50 g de semoule de blé fine
50 g de poudre d'amandes
20 moitiés de tomates cerises séchées (la recette ici)
1 c.c. d'origan (on peut en mettre plus)
1 c.c. de sel fin
1 oeuf
50 g d'huile d'olive (étant donné que les tomates sont assez grasses, on peut en mettre un peu moins)

Egoutter et hacher finement les tomates séchées.
Mélanger farine, semoule, poudre d'amandes, origan, tomates, origan et sel.
Ajouter l'oeuf et l'huile, mélanger et former une boule.
Filmer et mettre au frigo pendant 1 h.
Préchauffer le four à 180 °C.
Etaler la pâte, découper des formes à l'emporte-pièce, les déposer sur une plaque couverte de papier sulfurisé. (comme le dit Clea, la pâte est très friable, mais c'est normal)
Enfourner pendant 12-14 minutes.
Laisser refroidir sur la plaque.

******

En bonus : un extrait de roman.

Le contexte est le suivant : Simon, le personnage principal, qui est un thésard assurant des cours à la fac, vient d'assister au décès d'un professeur sur le campus. Il se rend dans le bureau du président de l'université, où se trouve un commissaire de police chargé de l'enquête. Voici la conversation qui s'ensuit :

"- Vous êtes professeur ici ? demanda le commissaire en levant les yeux pour examiner le nouvel arrivant par-dessus ses lunettes.
- Ater, pour faire simple.

- Désolé, dit le commissaire d'une voix compatissante. Ce genre de mission auprès des proches est éprouvant, c'est vrai.
- Pardon ? dit Simon.

- Vous me dites que vous êtes à terre, mais je peux vous assurer qu'il n'y a pas que vous à accuser le coup lorsqu'il faut faire des condoléances.
- M. Saltiel est en fait demi-ater en littérature comparée dans notre université, dit le président qui tenait à être précis mais dont la remarque semblait plutôt plonger le commissaire dans une perplexité croissante.

- Demi à terre ? Là, je vous avoue que...

- A-T-E-R, épela Goulletqueur [le président], assistant temporaire d'enseignement et de recherche.

- Ah, dit le commissaire.

- Pas encore maître de conférence, compléta charitablement Simon.
- Je vois, dit le commissaire, mais on sentait qu'il parlait un peu au hasard.

- C'est assez compliqué quand on n'est pas familier avec l'enseignement supérieur, plaidait Goulletqueur. Tout le monde croit qu'il n'y a que des professeurs dans les universités. Mais non. Chaque titre, chaque nuance a sa raison d'être."


(Pierre Christin, 2006, Petits crimes contre les humanités, Editions Métailié, Paris)

mardi 8 mai 2007

Décadence




Hier matin, je me suis levée tard, comme après une méchante gueule de bois. En me voyant ouvrir les yeux, mon poulet a mis Le Temps des cerises pour me ménager un réveil en douceur.
Un câlin du matin amélioré pour atténuer ma peine.

La veille au soir, je m'étais préparé cette décadence glacée et chocolatée pour tenir le choc : 3 boules de glace vanille, un cookie émietté, le tout arrosé d'un torrent de sirop de cacao :

Car, maso comme je suis, j'ai regardé la soirée électorale du début à la fin, sans en perdre une miette. Pour prendre pleinement conscience de cette nouvelle situation.
Mais rien n'y fait, la photo du nabot sur fond de Palais de l'Elysée ne passe toujours pas. Elle m'est insupportable.

De toute façon, la décadence avait déjà commencé plusieurs jours avant : la junk food avait franchi le pas de notre porte sous la forme de méga burgers parfaitement indécents

et de pizzas géantes

dont nous nous sommes honteusement régalés à plusieurs reprises.

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Mingoumango's Burgers
pour 2 grosses mâchoires

2 muffins (semi-)complets (je les ai faits avec ma MAP ; pour la recette, voir ci-dessous)
2 steaks hachés
1/2 tomate
1/2 échalote
un peu de salade
ketchup
mayonnaise
sauce béarnaise



Toaster les muffins et les couper en deux.
Tartiner une moitié avec un peu de mayonnaise et de sauce béarnaise.
Couvrir de salade.
Ajouter la tomate coupée en fines tranches, et l'échalote coupée en fines rondelles.
Poser le steak (très légèrement salé et poivré) dessus, remettre un peu de salade, et fermer avec l'autre moitié de muffin tartinée d'un peu de ketchup.
Dévorer sans plus attendre.

Depuis que je fais ces burgers à la maison, je ne vais plus au McDo ni ailleurs (je ne sais même plus quand j'y ai mis les pieds pour la dernière fois). J'utilise des muffins à la place des pains pour burgers que je n'aime pas tellement, et cela nous satisfait pleinement. Quant à la sauce béarnaise, c'est une idée que j'ai reprise d'un fast food à Chamonix où j'ai un peu travaillé quand j'étais ado...


Muffins semi-complets (recette inspirée de Pain maison de Cathy Itak)
pour 2 muffins

75 ml d'eau + 30 ml de lait
90 g de farine T55
85 g de farine complète
1/4 c.c. de levure instantanée type Briochin
1/2 c.c. de sel
10 g de beurre
1/2 c.c. de sucre
1/2 c.c. de jus de citron
un peu de semoule de blé

Mettre les ingrédients dans la MAP en faisant attention de ne pas mettre en contact le sel et la levure.
Démarrer la MAP sur programme "pâte seule" ou "pâte à pizza" (programme 12 pour la Home Bread de Moulinex). Ne pas hésiter à racler les coins avec une spatule en silicone afin de bien incorporer tous les ingrédients.
A la fin du programme, sortir le pâton, le diviser en deux, façonner deux boules et les étaler sur une plaque de façon à ce qu'ils aient une épaisseur de 2-3 cm.
Saupoudrer de semoule de blé.
Mettre à lever 30 minutes à l'abri des courants d'air.
Enfourner dans un four préchauffé à 180 °C.
Au bout de 6-7 minutes, les retourner et poursuivre la cuisson pendant 7-8 minutes (les muffins ne doivent pas trop dorer).

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Pâte à pizza (recette tirée de Pain maison de Cathy Itak)
pour 2 pizzas fines

210 ml d'eau
350 g de farine T55
1 c.c. de levure instantanée type Briochin
1 c.c. de sel
2 c.s. d'huile d'olive
1 c.c. de sucre

Mettre tous les ingrédients dans la MAP en faisant attention de ne pas mettre en contact le sel et la levure, et démarrer sur programme "pâte seule" ou "pâte à pizza" (programme 12 pour la Home Bread de Moulinex). Ne pas hésiter à racler les coins avec une spatule en silicone pour bien incorporer tous les ingrédients.


Pizza bambino (jambon, tomate, mozzarella)


pour 2 pizzas

une pâte à pizza
400 g de chair de tomates
2 boules de mozzarella (de lait de vache, la "vraie" étant trop humide)
2 tranches de jambon
sel, poivre
origan
huile d'olive parfumée (j'ai pris celle de mes tomates séchées)
huile pimentée

Pendant que la MAP travaille, égoutter la mozzarella, la couper en fines tranches ou lamelles et laisser sécher entre deux feuilles d'essuie-tout.
Couper le jambon en petits carrés.
Quand la pâte est prête, l'étaler sur une plaque légèrement farinée.
Recouvrir avec la chair de tomates, puis la mozzarella et le jambon.
Saler et poivrer légèrement.
Parsemer d'origan et ajouter quelques gouttes d'huile d'olive parfumée.
Mettre au four préchauffé à 200 °C pendant 15 minutes.


Pizza Olé !


pour 2 pizzas

une pâte à pizza
400 g de chair de tomates
2 boules de mozzarella (de lait de vache, la "vraie" étant trop humide)
du chorizo
1 petit oignon
1/4 de poivron coupé en petits dés (j'ai pris des dés de poivrons verts et rouges surgelés)
1 tomate
sel
, poivre
origan
huile d'olive parfumée (j'ai pris celle de mes tomates séchées)
huile pimentée

Pendant que la MAP travaille, égoutter la mozzarella, la couper en fines tranches ou lamelles et laisser sécher entre deux feuilles d'essuie-tout.
Couper le chorizo, la tomate et l'oignon en fines rondelles.
Quand la pâte est prête, l'étaler sur une plaque légèrement farinée.
Recouvrir avec la chair de tomates, puis la mozzarella, le chorizo, l'oignon et la tomate.
Saler et poivrer légèrement.
Parsemer d'origan et ajouter quelques gouttes d'huile d'olive parfumée.
Mettre au four préchauffé à 200 °C pendant 15 minutes.




Avec tout ça, je vais moins regretter ma pizzeria habituelle quelque peu délaissée ces temps-ci. Mon poulet m'appelle même Luigi maintenant ;-)

dimanche 22 avril 2007

Le bonheur sur une tartine (ou éloge de la simplicité)




Le bonheur à mes yeux peut se résumer en un mot : simplicité. Pourquoi chercher sans cesse l'originalité ou la sophistication ? Pourquoi vouloir toujours du nouveau, du sensationnel, du jamais vu ? Je dois avouer que la quête incessante de l'inédit me fatigue parfois, et que pour cette raison (entre autres), je n'aurais jamais pu faire de la cuisine mon métier... n'étant décidément pas d'un tempérament créatif.

Cette tartine donc, n'a absolument rien d'original ; au contraire, elle est des plus classiques. Mais pour moi, c'est LA tartine dans toute sa plénitude. Je suis bluffée de la première à la dernière bouchée. UNE TARTINE PARFAITE. Un équilibre parfait. Il y a tout ce qu'il faut, rien de plus, rien de moins.

Alors, qu'y a-t-il donc ?
Une baguette Monge (j'ai la chance d'avoir une boulangerie Kayser presque en bas de chez moi) coupée en deux, des tranches de mozzarella di bufala fondues, du prosciutto di Parma en chiffonnade, des tomates cerises séchées maison (eh oui, encore elles !), un filet d'huile d'olive parfumée (celle des tomates), quelques feuilles de basilic, du poivre du moulin, et une pointe de sel rose de l'Himalaya (pour mon côté snob).



Au départ, j'avais envoyé mon poulet chercher du pain de campagne, mais il est revenu avec une baguette. J'ai râlé, parce que ce n'était pas ce que j'avais demandé. Mais au bout du compte, le résultat s'avère meilleur qu'avec du pain tranché, parce qu'il arrive parfois que ce dernier soit un peu détrempé par la mozzarella (même si je le toaste avant) alors que là, le pain est croustillant à souhait, contrastant avec la mozzarella filante. Le basilic apporte une touche de fraîcheur au gré des bouchées. Le mélange des saveurs est renversant. J'en pleure de bonheur.

La quête de la tartine parfaite s'arrête donc là pour moi. Et au diable l'originalité !

dimanche 15 avril 2007

L'assiette du dimanche soir




Des oeufs brouillés sur un muffin complet toasté, des tomates cerises séchées maison (les dernières ; il faut que j'en refasse), quelques rondelles de concombre et feuilles de salade. Le tout arrosé d'un filet d'huile d'olive parfumée (celle des tomates séchées).
Que demander de plus ?


Le jaune paraît bien vif, mais c'était la vraie couleur des oeufs...

samedi 14 avril 2007

Salade tiède de pommes de terre rôties et tomates cerises séchées de Suiksuik




Cette recette de salade de pommes de terre rôties , je l'ai trouvée il y a quelques années dans le livre La pomme de terre - de la purée aux gnocchi d'Annie Nichols. A l'époque, c'était surtout le côté visuel qui m'avait attirée, car je ne connaissais pas les tomates séchées, et je n'étais pas sûre d'aimer les câpres. Pourtant, elle s'est révélée être la meilleure salade de pommes de terre que j'aie jamais mangée (le mélange tomates séchées-câpres-olives-oignon rouge est à tomber), sans exagérer. La plus belle aussi, parce que le plaisir des yeux, ça compte (presque) autant que le plaisir des papilles.
Après l'avoir oubliée pendant plusieurs années (comment est-ce possible ?), je l'ai refaite l'année dernière. Et depuis, elle revient régulièrement. D'ailleurs, je ne veux plus jamais faire la salade de pommes de terre autrement que comme ça.

A l'origine, c'est une salade chaude, mais elle est aussi délicieuse tiède ou froide. Autrement, la recette m'a tellement plu que je n'ai rien changé au niveau des ingrédients (je ne pouvais sincèrement rien apporter de plus, elle me plaisait telle quelle), juste légèrement modifié les quantités. Pour la toute dernière, j'ai utilisé des tomates cerises séchées faites maison d'après la recette de Suiksuik (auxquelles j'ai ajouté des herbes de Provence et de l'ail). En passant, ces tomates séchées sont fabuleuses ; d'ailleurs c'est fini, dorénavant je n'en achèterai plus. Merci Suiksuik !

Salade tiède de pommes de terre rôties



Pour 2 morfales

750-800 g de pommes grenaille
1/2 oignon rouge, finement haché
3 olives noires dénoyautées, finement hachées
1 1/2 c.s. de câpres, rincées et égouttées
10 moitiés de tomates cerises séchées maison
3 c.s. de persil, haché
1 c.s. de vinaigre balsamique
2 + 2 c.s. d'huile d'olive
gros sel marin et poivre

Préchauffer le four à 200 °C.
Laver les pommes de terre, les essuyer et les mettre dans un plat à rôtir.
Ajouter 2 c.s. d'huile d'olive, saupoudrer de sel marin et remuer pour bien enrober les pommes de terre.
Les faire cuire au four environ 30 minutes en les retournant de temps en temps.
Pendant qu'elles cuisent, mettre tous les autres ingrédients restants dans un saladier, mélanger puis poivrer.
Retirer les pommes de terre du four, les couper en deux (ou en quatre, si elles sont grosses) et les mettre dans le saladier avec les autres ingrédients. Bien mélanger.

Déguster chaud, tiède ou froid.



***

Pour les tomates cerises séchées, la recette originale est . Je vous livre ma version modifiée.

Tomates cerises séchées maison de Suiksuik



une barquette de tomates cerises
sel, poivre, sucre, herbes de Provence
huile d'olive
1 ou 2 gousses d'ail

Préchauffer le four à 110 °C.
Laver les tomates, les couper en deux et les disposer dans un plat allant au four, face coupée vers le haut.
Saupoudrer légèrement de sel, de poivre et de sucre.
Enfourner pendant 2-3 heures environ, en retirant au fur et à mesure les tomates qui sont sèches.
Laisser refroidir.
Mettre dans un bocal stérilisé, recouvrir d'huile d'olive, ajouter les herbes et l'ail légèrement écrasé.
Stocker au frais.

***

Mon poulet a aimé le velouté de patate douce d'hier. Il me l'a dit avec insistance :-)

mercredi 28 mars 2007

Tomates salsa pour fêter le printemps




Une petite salade "souvenir de vacances", rafraichissante et colorée, pour fêter l'arrivée des beaux jours, les futurs pique-niques et soirées en terrasse...

Tomates salsa (à ma façon)

4-5 tomates
1/2 poivron vert
1/2 oignon
une poignée de feuilles de coriandre
jus d'1/2 citron vert
3 c.s. de vinaigre de vin blanc
4-5 c.s. d'huile d'olive
sel, poivre

Epépiner 1/2 tomate et le poivron.
Hacher la tomate, le poivron, l'oignon et la coriandre.
Mettre dans un bol et mélanger.
Saler et poivrer.
Ajouter le jus de citron vert, le vinaigre et l'huile d'olive. Bien mélanger.
Couper grossièrement le reste des tomates. Les arroser du mélange précédent.

Après dégustation de cette délicieuse salade, j'émets toutefois une petite réserve : je la déconseille franchement pour un repas en amoureux. La coriandre hachée restée coincée entre les dents n'est pas du plus sexy, ni l'haleine d'ailleurs, à moins d'y aller mollo sur la "sauce". Voilà, vous ne pourrez pas dire que je vous ai pas prévenu(e)(s)...