jeudi 1 juillet 2010

Promenade des premiers rayons d'été (mon mois de juin)



Plein plein de choses.

Une escapade en Bretagne, d'abord, où nous avons reçu un accueil des plus chaleureux. Entre le moment où elle est apparue dans le hall de la gare, et celui où ils ont agité leur petit mouchoir blanc sur le quai deux jours plus tard, il y eut un déjeuner très agréable chez Mizuna (j'avais demandé à y retourner),



une sieste sur l'herbe, des emplettes, un apéro champagne-foie gras-pizza (trio approuvé !), suivi d'un délicieux poulet basquaise mitonné avec grand soin par la cuisinière.



Le lendemain, découverte du marché des Lices, trop tard malheureusement pour espérer voir les fameux légumes d'Annie Bertin. Dans nos cabas : du kouign amann, des crêpes feuilletées, des yaourts, des tomates, du saumon fumé, et d'autres choses encore. Mais le déjeuner fut simple et frugal.
La longue balade de l'après-midi à la Pointe du Grouin, et celle impromptue sur une plage tout près de Saint Malo nous ouvrirent l'appétit pour un dîner chez Tanpopo qui allait s'avérer exquis de bout en bout (même si le classement des plats préférés n'allait pas être le même pour chacun). J'ai adoré l'intitulé de leur menu du soir, si poétique, ainsi que le service, confondant de gentillesse.





N'allez pas à Saint Malo sans réserver une table à Tanpopo ! (à Paris, pour vivre une expérience aussi époustouflante, il faut grimper sur la butte Montmartre et s'attabler à Guilo Guilo, où on se laissera emporter par un menu unique à sept plats, aussi raffiné et original, mais plus cher, Paris oblige. Une cuisine d'artiste qui vaut le détour).

La promenade à Dinard le dernier jour fut le théâtre d'une discussion hilarante sur nos traumatismes culinaires respectifs et nos envies de junk food les plus inavouables. Où vous auriez pu apprendre que la daurade au four, la cervelle ainsi que le thon à la sauce tomate jouèrent un rôle déterminant dans la vie de nos chéris, et que les instant noodles, knakis et autres pains au lait industriels (d'un moelleux incomparable) font le délice de nos papilles (eh oui, un mythe s'effondre).
Comme la visite de Saint Jacut n'a pas pu se faire, il faudra y retourner (stratégie diabolique de Patoumi et G. consistant à nous promettre une chose qui ne pourra avoir lieu que la fois suivante).

Merci à vous deux, et vive la Bretagne ! :-)

Une semaine plus tard, au fin fond du 14ème arrondissement, nous partagions tous les quatre une profiterole géante dans un restaurant qui m'est cher. Ce soir-là, à la gare Montparnasse, ce fut notre tour d'agiter nos mouchoirs sur le quai. Je me suis dit que c'était une chance inouïe d'avoir pu rencontrer une personne avec qui je partageais autant de points communs (hormis Vincent D., Valérie M. et Sophie C., si vous voyez de qui je veux parler) et qui puisse, par ses origines lointaines également, me comprendre si bien...

******

Opération Tous au restaurant. Le déjeuner chez Kaiseki fut horriblement décevant, pas du tout à la hauteur de sa réputation. Des poissons sans intérêt, du poulet karaage froid, tout ramolli et à peine cuit, et une tartelette miniature très chichement garnie (deux mûres, deux demi-framboises et un quart de fraise). Nous avons trouvé qu'ils se moquaient un peu du monde, que si l'on participait à l'opération, il fallait jouer le jeu un minimum, sans rogner autant sur la quantité ET la qualité. Je ne retournerai certainement pas dans un restaurant où il faut débourser plus de 100 euros pour avoir droit à un vrai bon repas. Surtout qu'à ce prix-là, vous pouvez dîner à la fois à Guilo Guilo ET Tanpopo (enfin, pas le même soir).
Hélène Darroze, en revanche, ne se moque pas du monde. Son foie gras est servi généreusement, et le merlu de Saint Jean de Luz cuit à la nacre (à déguster avec une cuillère-fourchette tout à fait insolite) est une merveille de poisson. La chair se détache en jolis pétales nacrés, une texture et une saveur incomparables.



******

Il y eut un samedi solitaire à la mi-juin. Je suis retournée voir l'exposition Kai & Guibert (pour la partie Guibert), qui se clôturait le soir même.
Il y eut un moment étrange, où j'ai siroté un café crème au sous-sol de la galerie avec deux inconnus, tout en regardant les photos érotiques de l'un d'entre eux (de très mauvais goût, d'ailleurs - pas le café, les photos).
En sortant de là, j'ai pris la rue du faubourg Saint Honoré, direction Saint Philippe du Roule, et je me suis retrouvée, quelques rues plus loin, devant l'ancien restaurant de mes parents, devenu un restaurant thaïlandais. C'était déjà l'heure du dîner, la porte était ouverte. Je ne reconnaissais plus rien. Le bar, sous l'escalier, avait disparu, la disposition des tables n'était plus la même. Tout avait changé. Je suis restée devant la porte, interdite, pendant quelques minutes.
J'ai revu toute mon enfance. J'ai revu le restaurant plein à craquer le midi et les serveuses courant en tous sens, quand j'étais minuscule, et les mercredis où je déjeunais rapidement sur un coin de table avant d'aller au cours de danse. J'ai revu les innombrables fêtes d'anniversaire avec toute la famille, les cousins et cousines, les amis de mes parents avec leurs enfants, une ribambelle d'enfants dans tout le restaurant, et puis les fameux gâteaux à étages, qui nous émerveillaient tant. Je me suis revue, à la fin de l'adolescence, travaillant au bar pour aider mes parents durant l'été, et consacrant mes pauses de l'après-midi à mes leçons de norvégien, dans le calme au premier étage (je prenais mes notes sur le papier à en-tête du restaurant). J'ai revu les moments volés dans la cuisine, où j'essayais d'observer papa Mango sans le gêner (les flammes qui débordaient du wok me terrifiaient, j'avais toujours peur qu'il se brûle les mains). J'ai revu les moments difficiles, au milieu des années 1990, où la clientèle se faisait plus rare : la crise était passée par là. J'ai revu aussi tous les repas pris en famille, avec les amis, pendant trente ans.
Cet endroit dans lequel j'avais grandi et qui m'avait nourrie pendant si longtemps, cette seconde maison, n'était plus. Des larmes me sont montées aux yeux.

Sur le chemin du retour, je me suis arrêtée chez un vendeur de sushi pour prendre une barquette d'edamame, qui ferait office de dîner. Vous ai-je dit que c'était mon péché mignon et ma grande obsession du moment ? Je crois qu'il s'agit du seul aliment d'origine végétale (avec les haricots verts) (je ne parle pas des fruits, bien sûr) que je peux manger avec une franche gourmandise.

******

Un autre samedi, déjeuner chez Cosi : sandwiches toujours aussi bons (cosi du jour pour mon poulet et Tom Dooley pour moi), un pain chaud et légèrement croustillant, comme une pâte à pizza mais en meilleur. La chaleur s'étant installée pour de bon, nous avons opté pour un dessert rafraîchissant chez Grom (framboise chocolat pour mon poulet - pour la toute première fois, il n'a pas pris de pistache : je lui ai demandé s'il était malade... -, granité sicilien au citron pour moi). Suivit une dégustation de saké inopinée, très instructive et très drôle chez Workshop Issé (celui de Saint Germain), d'où nous sortîmes avec deux petites bouteilles (avec des taux de polissage différents). J'ai enfin trouvé un usage aux minuscules tasses en céramique rapportées de Chine par mes parents.

******

Et puis, un CDD qui se termine. A. est revenue de son congé de maternité, je lui ai rendu son bureau, et les deux semaines qui ont suivi, je me suis sentie un peu triste et nostalgique... La bonne nouvelle, c'est que M. est enceinte à son tour, et que j'ai été choisie pour la remplacer elle aussi. Rendez-vous est donc pris pour la fin août, où débutera l'acte 2. Je crois qu'une grande carrière de bouche-trou s'ouvre à moi.

Je n'ai pas beaucoup cuisiné ces temps-ci, rien d'intéressant donc à se mettre sous la dent, hormis des clafoutis : quatre en moins de deux semaines, qui ont fait le régal de mes ex- et futurs collègues. La recette, vous la connaissez déjà, elle est vraiment top, sans vouloir me jeter des fleurs. Apportez ce clafoutis à votre travail, tous vos collègues vous aimeront.

Sur ce, je vous laisse. Dans quelques jours, je serai à Vienne, et je n'arrive pas à le croire.

mardi 8 juin 2010

Mon amour hélas, le temps passe (des biscuits à la pelle)

*

Comme toujours pour ce lieu qui me rappelle des souvenirs assez cauchemardesques, je m'y suis prise à la dernière minute. Billets achetés sur internet, à l'arrache ; et un soir, après le travail, nous nous sommes retrouvés au milieu d'une foule dense, à Carthage, devant le Palais des Doges à Venise, sur une plage à Calais, au milieu d'une tempête de neige... J'ai vu comment on apprenait à devenir un artiste.

Puis, le lendemain, j'étais dans les rues de Kyoto, parmi d'espiègles enfants, de vieilles dames en kimono, ou de jeunes filles lisant sous la neige. On m'offrit un café crème, que je n'ai pas osé refuser et que j'ai siroté devant ces photos qui m'ont replongée dans de merveilleux souvenirs...

Un autre soir, le jardin des Tuileries au soleil couchant. Assis devant la fontaine, alors que nous observions les mouvements des canards et de leurs petits, j'ai expliqué à mon poulet pourquoi je n'étais plus allée me promener dans ce jardin depuis mes dix-huit ans.
La fraîcheur du soir s'installant, nous nous sommes levés pour continuer la balade. Devant les bancs en pierre, je lui ai raconté les pique-niques avec elle, et elle. Un peu plus loin, nous avons retrouvé les Trois Grâces, joliment photographiées par celui dont je vois les clichés tous les jours, sur le bureau de mon voisin de travail.
Puis de petites étincelles flamboyantes sur les vitres du Louvre, le Pont des Arts au crépuscule, et le 27 qui nous ramène à la maison à la nuit tombée. Notre Paris By Night à nous.

Ces derniers temps, il y eut aussi la fête annuelle dans la forêt de Presles. Où le chocolat chaud - qui, avec les churros déments, marqua notre arrivée le matin et notre départ le soir même - est sans doute l'un des meilleurs qui soient. Pour un prix défiant toute concurrence (1 euro le gobelet).

Et puis, je continue à apporter gâteaux et petits biscuits au travail, où j'entame, le vague à l'âme, le dernier mois de mon contrat.


Brünsli de Bâle d'après Loukoum°°° (recette inspirée de celle de Suzanne Roth)



pour 70 biscuits environ

500 g de poudre d'amandes
350 g de cassonade
125 g de chocolat noir râpé
3 c.s. de farine
1 c.c. de cannelle en poudre
2 g de girofle en poudre ou de quatre épices (omis)
4 c.s. de jus de citron
4 blancs d'oeufs

Mélanger les amandes, le sucre, le chocolat, la farine, les épices et le jus de citron.
Battre les blancs en neige pas très ferme, ajouter ensuite en quatre fois le mélange de poudres aux blancs d'oeufs à l'aide d'une maryse. Former une boule de pâte homogène.
Saupoudrer le plan de travail de cassonade, abaisser la pâte sur 1 cm d'épaisseur.
Découper la pâte à l'emporte-pièce ou au couteau, et déposer les biscuits sur une plaque de four recouverte de papier sulfurisé.
Saupoudrer les biscuits de cassonade (comme ça, les deux faces seront recouvertes de cassonade).
Laisser reposer 3 heures.

Préchauffer le four à 230 °C.
Faire cuire les biscuits 5 à 10 minutes (ils doivent rester moelleux à l'intérieur).
Laisser les biscuits refroidir sur la plaque.


******

Shortbreads aux pépites de chocolat de Scally (recette ici)



pour une quarantaine de shortbreads

300 g de farine
100 g de cassonade
200 g de beurre salé mou
4 c.s. de lait
100 g de pépites de chocolat

Verser le sucre et la farine dans un saladier.
Ajouter le beurre coupé en petits dés et l'incorporer du bout des doigts.
Ajouter le lait, les pépites de chocolat, puis malaxer la pâte, juste assez pour former une boule.
Sur une surface farinée ou une feuille en silicone, rouler la pâte en forme de boudin de 3,5 cm de diamètre.
Entourer de film étirable puis mettre au frais pendant au moins une demi-heure (c'est pour vous, les filles ;-)).

Préchauffer le four à 180 °C.
Sortir le boudin de pâte du frigo, couper des tranches de 1 cm d'épaisseur et les déposer sur une plaque de cuisson.
Enfourner pour une dizaine de minutes (15 pour moi), jusqu'à ce que les bords soient légèrement dorés.
Laisser refroidir sur la plaque.




Là, je n'ai plus le temps, mais la prochaine fois, il faudra que je vous raconte le week-end magique que je viens de passer (week-end qui m'a fait rater monsieur E. Guibert, mais bon, cela fut largement compensé par tout ce que vous verrez). Sur ce, portez-vous bien.

* Veuillez m'excuser de vous infliger ce dessin quelque peu... bon disons-le, pourri.

samedi 15 mai 2010

Me voilà bien (cheesecake Retour de Belgique)



Il y a quelques semaines, c'était ma visite annuelle dans le Nord Est, dans la famille Poulet.
Le premier jour, après des sardines grillées au déjeuner, petite excursion en Belgique, tout à côté, pour aller chercher du Philadelphia. J'y ai découvert un lieu fantastique, une annexe du Paradis, pour tout vous dire : l'hypermarché de M*ss*ncy.
Un lieu où il y a du Philadelphia à profusion (j'ai même retrouvé les versions aux herbes aromatiques que je m'achetais parfois pendant ma période viennoise - nostalgie...), des gaufrettes en veux-tu en voilà, plein de biscuits inconnus et de sucres différents (cassonades, sucre perlé, etc) dans des emballages rétro totalement irrésistibles.
Mais surtout : une allée entière consacrée aux chocolats. Oui, une allée ENTIERE.
J'ai failli avoir un arrêt cardiaque en découvrant ces alignements de tablettes de chocolats à perte de vue (quand je pense à ce qu'on trouve dans nos hypermarchés ici, ça fait pitié).

Je me suis dit : MAIS COMMENT SE FAIT-IL QU'IL N'AIT JAMAIS PENSE A M'AMENER LA AVANT ??? Je n'en reviens pas. S'il m'avait dit qu'il existait un lieu aussi paradisiaque tout près de sa ville natale, je l'y aurais accompagné plus souvent !






(Gaufrettes molles fourrées au parfum cassonade : surprenantes et délicieuses)


(Celles-là ont un emballage rétro très séduisant)




(La tablette verte tout en bas est au gianduja. Quand vous y avez goûté, vous ne voulez plus manger que du gianduja jusqu'à la fin de vos jours)






(En fait, ce que les Belges appellent cassonade correspond à la vergeoise)


(La "cassonade" Graeffe dégage une odeur délicieusement envoûtante)



En voyant les pots de sirop de Liège, il m'est revenu à l'esprit une photo du très chouette livre de Claude Deloffre, Petits larcins culinaires, qui m'en a donné une énorme envie.



Et puis, j'ai enfin pu tenir ma promesse de cheesecake.

Cheesecake Retour de Belgique



pour un moule à charnière de 20 cm de diamètre

Pour la croûte :
175 g de spéculoos
100 g de galettes au beurre
100 g de beurre doux fondu

Pour l'appareil au fromage (la base) :
300 g de Philadelphia (= 1 barquette format familial)
250 g de ricotta (= 1 pot)
2 oeufs
60 g de cassonade (ici : de la cassonade belge, donc vergeoise)

Pour parfumer
:
zeste
d'1 citron
2 à 3 c.s. de sirop de Liège (ici : 2 c.s. mais c'est imperceptible)

Ecraser grossièrement les biscuits afin d'obtenir une poudre, mais pas trop fine (afin que la croûte soit un peu croustillante). Personnellement, je le fais au pilon et au mortier, ça marche très bien.
Mélanger avec le beurre fondu et tapisser le fond d'un moule à charnière avec ce mélange. Egaliser en tassant un peu avec le dos d'une cuillère. Mettre au frigo.
Préchauffer le four à 150 °C.
Dans un grand récipient, fouetter la ricotta avec le Philadelphia pour les détendre.
Incorporer les oeufs un par un, en mélangeant à chaque fois.
Ajouter le sucre puis le zeste de citron (avec la râpe Microplane, c'est nickel).
Mélanger et verser dans le moule.
Ajouter le sirop de Liège, mélanger grossièrement pour faire des marbrures et enfourner pendant 1 heure à 150 °C.
Laisser refroidir dans le four et mettre au frigo pendant 48 heures (le délai optimal d'après la reine des cheesecakes - mais 24 heures est un délai acceptable) avant de déguster.

[Edit du 16 mai 2010 : Il faudrait augmenter sérieusement la dose de sirop de Liège, parce qu'on ne le sent pas du tout. Mais ça fait quand même de jolies marbrures.]

Si vous êtes un peu psychorigide et préférez les cheesecakes au citron, ajoutez le zeste et le jus d'1 citron à l'appareil de base.
Pour un cheesecake vanille, incorporez les grains d'1 gousse de vanille (ou 1 c.s. d'extrait naturel de vanille).
Vous pouvez aussi intercaler une couche de fruits (framboises, fraises, cerises amarena) au milieu de l'appareil.
Pour la croûte, aucune obligation : prenez les biscuits de votre choix (sablés, Petit Beurre, Digestive, spéculoos, etc) dans les proportions qui vous plaisent le mieux.

******

De retour au bureau le lundi matin, j'ai eu des bonbons belges rapportés par F. de sa Flandre natale. Notamment ces amusants petits cônes :



Connaissez-vous le nom de ces petites choses ? (amis Belges, laissez les autres deviner, je sais que vous savez)




Une dernière chose : est-ce que quelqu'un parmi vous sait s'il est possible de trouver des Mandelbärli à Paris, ou du moins en France ? C'est ma petite obsession du moment - avec le gianduja, vous l'aurez compris.

dimanche 25 avril 2010

Je rêve d'un printemps définitif (salade de poulet au yuzu kosho)



Un vendredi soir, chez Momoka (oui, encore). J'avais envie de faire découvrir à D. la cuisine raffinée et inspirée de Masayo Hashimoto. Comme elle venait de finir le premier jet de sa thèse (!!!), il y avait de quoi fêter. Et ce fut un repas de fête, tant au niveau des saveurs (la daurade crue accompagnée de suprêmes de pamplemousse nous a éblouies, mais le saumon, fondant à souhait, ou la farandole de légumes tiennent également leurs promesses ; même le petit bol de riz, parfaitement cuit et assaisonné, et surmonté d'une rondelle de racine de lotus frite, est dément !) que de l'humeur euphorique du moment. Quel plaisir de voir que toutes ces heures de soutien psychologique ont porté leurs fruits (amis thésards, ne vous découragez jamais !).

Quelques jours plus tard, j'ai quitté le bureau un peu plus tôt que d'habitude pour ma pause déjeuner. J'ai cavalé pour aller rejoindre deux amies avec lesquelles je partage en ce moment cette obsession pour les niu rou mian (牛肉面 soupe de nouilles au boeuf). C'est donc tout naturellement aux Pâtes Vivantes que je les ai retrouvées. Un moment bien trop court, où papoter tout en slurpant proprement ses nouilles (interminables) s'est avéré acrobatique*. Je ne vous révélerai rien de la discussion, ni de l'échange de denrées exotiques qui eut lieu lors de ce repas, mais sachez que le bol de soupe de nouilles pimentée au boeuf (红汤牛肉辣面 hong tang niu rou la mian) y est fabuleux : des nouilles maison épaisses et chewy, un bouillon incroyablement parfumé et savoureux, des ingrédients dosés avec justesse. Tellement bon que j'y ai repensé toute la semaine (et que j'y ai emmené mon poulet quatre jours plus tard).



Ne pas s'en faire.
C'est ce que j'ai appris ces dernières semaines. Les événements, un jour défavorables, peuvent prendre une tournure positive le lendemain (et inversement). Alors, je reste raisonnablement confiante. Pour le moment, il reste tant de choses à découvrir et à apprendre encore...
Pour tout vous dire, les vraies difficultés sont ailleurs : diversifier un peu les gâteaux pour le tea time, trouver une date qui convienne à tout le monde pour faire une pause déjeuner tout canard (allons-nous être obligés d'organiser un doodle pour cela ?).
Pour le reste, j'aime les échanges d'adresses gourmandes et de commentaires gastronomiques avec M., les discussions avec le développeur de l'Internet, notamment quand il partage ses coups de coeur vidéo (voyez ce petit bijou - avec le son ! -, un film magnifiquement réalisé et d'une poésie extraordinaire) et quand il raconte comment le cousin de son papa, qui habite juste au-dessus d'une célèbre plage de Nouvelle-Zélande, prêta ses toilettes à Holly Hunter et à l'équipe lors du tournage de La leçon de piano (quel rapport avec la vidéo d'Alex Roman ? Cherchez bien).

Pour finir, quelques images d'un samedi lumineux, où je me serais PRESQUE crue au Japon le temps d'une balade** (pour en savoir plus, cliquer sur les photos).




















C'est mon tonton breton qui m'a appris - par téléphone - à faire un poulet rôti. Mais je n'ai pas le droit de divulguer sa recette, et de toute façon, ça n'intéresserait pas grand monde : je suppose que chacun a déjà la sienne, de recette.
Ce que je préfère dans le poulet rôti, je crois, ce sont les roast potatoes crousti-fondantes qui l'accompagnent, le jus, qui va divinement bien avec les coquillettes, et les restes, qui font de fabuleux sandwiches et salades.

Salade de poulet au yuzu kosho (d'après She who eats)



C'est très simple. Il vous faut des restes de poulet rôti, de l'oignon rouge finement émincé, de la salade verte (mizuna, mâche, batavia, ou autre), des noix de cajou concassées, et ce que vous voulez.
Pour la sauce, mélangez 1 c.c. de yuzu kosho, le jus d'un demi citron, 2 c.s. d'huile d'olive, salez et poivrez. N'oubliez pas - comme moi, par exemple - que le yuzu kosho contient du piment, alors allez-y mollo au début : vous pourrez toujours en rajouter un peu s'il n'y en a pas assez.

******

* Ma technique : cuillère dans la main gauche, baguettes dans la main droite (l'inverse pour les gauchers). Saisir une ou deux nouilles qu'on soulève et qu'on dépose dans la cuillère. Si les nouilles sont trop longues, couper ce qui dépasse en serrant très fort du bout des baguettes (geste requérant de la pratique, je le reconnais). Plonger la cuillère dans le bouillon en faisant attention à ne pas perdre les nouilles. Ajouter avec les baguettes une lamelle de viande, quelques herbes. Ouvrir grand la bouche et déguster.

** Merci Caroline.

mardi 6 avril 2010

Face à l'étendue de ma peine (la lubie des brownies et des madeleines)



Un soir de la mi-mars, en rentrant du travail, je suis tombée sur le bal des oiseaux à côté de la BN. Alors que j'attendais mon bus, les oiseaux virevoltaient dans un ciel crépusculaire teinté de rose. La dernière fois que je les avais vus, c'était dans une autre vie...
J'ai réalisé à quel point cela m'avait manqué.

Un autre soir, j'ai suivi les premiers émois amoureux d'une jeune Anglaise au tout début des années 1960. Lui est beaucoup plus âgé qu'elle et lui fait découvrir une vie de strass et de paillettes - dîners et soirées chics, belles toilettes, concerts, escapade de rêve à Paris - qui l'émerveille et l'attire irrésistiblement. Comment ne pas céder à son charme ? Comment résister à l'envie de tout plaquer pour lui ?
J'aurais du mal à vous dire à quel point cette histoire m'a remué la tête. Mais j'ai trouvé la conclusion salutaire, surtout par les temps qui courent.

Côté musique, j'ai momentanément délaissé Benjamin Biolay pour une jeune diva pop galloise dont une chanson m'obsède et défile sans cesse sur mon baladeur (dès qu'elle se termine, je la remets au début, inlassablement). Rien de tel pour garder un peu de bonne humeur quand on voit ses rêves s'éloigner de plus en plus...

Au bureau se succèdent les tea times et leurs grilles de mots fléchés (nous progressons !), les ping-pongs verbaux à travers l'open space, les échanges électroniques d'adresses gourmandes, les parties de rigolade - un jour, j'ai déniché deux épisodes d'une sitcom un peu débile des années 90 où notre patron, jeune étudiant à l'époque, avait fait une apparition : le visionnage fut un grand moment de poilade -, les lancers intempestifs de peluches, les expérimentations en tous genres (survol de l'open space par un hélicoptère miniature, bricolage d'un dispositif pour mesurer l'intensité de la clim, essais photo). Pas de place pour le cafard.
Je profite d'une équipe de cobayes plus que volontaires, pour me perfectionner en brownies et en madeleines (alors qu'un poulet me réclame du cheesecake avec de plus en plus d'insistance). J'ai donc fini par trouver la recette de brownies qui me convient parfaitement : denses, fondants, forts en chocolat mais doux quand même, et surtout pas secs...

Les brownies exactement comme je les aime (inspirés des brownies de Claire)



pour un moule rectangulaire de 20 x 30 cm

200 g de chocolat noir
100 g de chocolat au lait (50 g)
150 g de beurre salé (120 g)
3 oeufs
130 g de cassonade (ici : 100 g de cassonade + 30 g de sucre demerara) (120 g)
2 c.c. d'extrait de vanille liquide
80 g de farine

Préchauffer le four à 180 °C.
Faire fondre les chocolats et le beurre.
Mélanger les œufs et le sucre, ajouter l'extrait de vanille.
Ajouter la farine, puis le chocolat fondu.
Verser dans un moule et enfourner 17-18 minutes a 180 °C.
Laisser refroidir, mettre au frais pendant plusieurs heures (toute une nuit si on veut) avant de découper en petits carrés, et attendre qu'ils soient à température ambiante pour les déguster.




Quant aux madeleines, après moults tests plus ou moins réussis, j'ai choisi la recette de Kriskou comme recette de base : c'est celle qui a donné le meilleur résultat. La seule modification que je me suis autorisée, c'est la substitution du miel - qui donne un goût trop fort pour moi - par du sirop d'agave.
J'ai dû m'y reprendre à plusieurs fois pour obtenir de belles bosses, mais quand elles sont apparues pour la première fois, j'ai ressenti la même joie qu'en voyant se former la collerette des macarons.
Merci Kriskou !

Madeleines (recette de base, d'après celle de Kriskou)



pour 25 à 30 madeleines

160 g de beurre (salé)
2 oeufs
60 g de sucre blond de canne
160 g de farine
1 sachet de levure
30 g de sirop d'agave (ou 25 g de miel)
5 cl de lait
2 c.c. d'extrait de vanille liquide

Pour des madeleines au citron :
remplacer la vanille par le zeste et le jus d'1/2 citron

Pour des madeleines au matcha :
remplacer la vanille par 1 c.c. de matcha (thé vert japonais en poudre)

Faire fondre le beurre et laisser tiédir (Kriskou conseille de laisser cuire un peu le beurre puis de le filtrer, ce que je n'ai pas fait).
Blanchir les oeufs et le sucre, puis ajouter la farine et la levure tamisées.
Ajouter le sirop d'agave (ou le miel) dilué dans le lait, puis le beurre tiédi et l'extrait de vanille.
On obtient alors une pâte très lisse et onctueuse.
Laisser au frais 2 à 6 heures.

Préchauffer le four à 230 °C. Remplir des empreintes à madeleines en silicone. Comme le dit Kriskou, c'est l'étape la plus délicate. Selon la forme, la largeur, la profondeur des empreintes et leur degré de remplissage, le résultat ne sera pas le même. Mes empreintes doivent être remplies aux 2/3 seulement, sinon la bosse s'effondre et se transforme en une coulée de lave. Il faut plusieurs fournées tests pour savoir à quoi s'en tenir avec son propre matériel, c'est normal.
Enfourner 6 minutes à 230 °C, puis laisser 3 minutes à four éteint. La pâte contenue dans la bosse ne doit plus paraître liquide.



Ces madeleines ont eu l'approbation de Claire, que vous commencez à connaître maintenant...

mercredi 17 mars 2010

Tout ça me tourmente un peu (udon au boeuf épicé)



Un midi, en semaine, il y eut un bol de ramen au kimchi chez Higuma (pendant que j'attendais ma commande, le monsieur de la table voisine s'est tourné vers moi et m'a dit que j'étais jolie, ce qui m'a laissée pantoise - je ne peux même pas dire qu'il a des goûts bizarres, parce que je l'ai entendu dire beaucoup beaucoup de bien de Benjamin Biolay* à la personne qui l'accompagnait, alors bon...).
Un soir où personne ne m'attendait à la maison, c'étaient des ramen aux poireaux pimentés, dans une échoppe de la même rue.
Besoin de chaleur et de piquant.

La même semaine, j'ai partagé un repas japonais délicat et raffiné avec une personne chère, que je regrette de ne pas voir plus souvent. D'ailleurs, c'est à cause d'elle, cette envie subite et irrépressible de ramen.

Et puis, il y eut plein d'autres choses : un sandwich confectionné avec un pain exquis ; deux parts du meilleur flan de la terre (commandées la veille par téléphone sur les bons conseils de Claire, ce qui m'a permis d'esquiver la file d'attente et de passer devant tout le monde - très très jouissif) ; des litres de thé coréen au yuzu ; un déjeuner solitaire dans un lieu très couru de la rue des Martyrs, où j'ai pu apercevoir une dinde écrivaine, entourée de trois autres dindes (et figurez-vous que j'ai recroisé cette même personne trois jours plus tard, à nouveau entourée de dindes) ; un goûter au Loir, où je n'avais plus mis les pieds depuis une éternité (et où il n'y avait plus de tarte à l'orange, mais j'ai pris un "muffins" (sic) aux épices et à l'orange qui s'est révélé délicieux). Et aussi une journée lumineuse avec Claire, qui m'a révélé tout récemment qu'elle avait testé 50 recettes d'ici (waouh ! mais ce n'est rien comparé aux 100 recettes testées chez Loukoum°°°).



Tous ces plaisirs frivoles ne sont sans doute pas très raisonnables quand on sait que la spirale de la lose va reprendre dans trois mois : re-Pôle Emploi, re-petites annonces, re-vaches maigres, re-moral à zéro (si vous voulez des cours de ratage de vie, appelez-moi)...
Ca me tourmente un peu.

La cuisine du quotidien se résume à peu de chose actuellement. Les nouvelles recettes sont rares (mais je tiens tout de même à signaler les orecchiette alla barese, dont vous avez forcément entendu parler, ainsi qu'une salade de chou-fleur et pomme granny fraîche et surprenante).
Et toujours cette envie de nouilles...

Udon au boeuf épicé de Wagamama
(recette tirée de ce livre)


(ma photo est mille fois moins belle que celle du livre, j'en suis accablée)

pour 2 personnes

300 g de nouilles udon (initialement : 200 g)
200 g de rumsteak en lanières
1 c.s. de fécule de maïs
3 c.s. de sauce soja (Kikkoman par ex.) (initialement : 1 c.s.)
2 c.s. d'huile neutre
3 cm de gingembre frais pelé et râpé
4 poignées de feuilles de blette coupées en grosses lanières (initialement : des pousses d'épinards)
2 tiges de ciboule en tronçons de 4 cm
1 petit piment rouge épépiné et finement émincé
2 c.s. d'huile de sésame
1 c.c. de graines de sésame rapidement grillées à sec dans une poêle chaude

Faire cuire les nouilles selon les instructions données sur l'emballage. Les égoutter et les rafraîchir.
Dans un bol, mélanger le boeuf, la fécule et 1 c.c. de sauce soja. Réserver.
Chauffer l'huile (neutre) dans un wok (ou à défaut une sauteuse) et faire cuire le gingembre pendant 30 secondes.
Ajouter le boeuf et faire cuire 2 minutes.
Ajouter les épinards, la ciboule, 1 c.s. d'eau et faire tomber les légumes pendant 1 minute.
Ajouter 2 c.s. de sauce soja et le piment. Goûter et rectifier l'assaisonnement.
Incorporer les nouilles et mélanger intimement (j'adore cette expression !).
Servir arrosé d'huile de sésame et saupoudré de graines de sésame.

******

* Figurez-vous que Benjamin B. n'a eu que 2 victoires de la musique, et que celle de la chanson originale a été remportée par une guimauve dégoulinante innommable. C'est un scandale.

mardi 2 mars 2010

Mélancolique et ailleurs (trois ans après : juste une glace au Nut Nut)



Inutile d'y aller par quatre chemins : un homme est entré dans ma vie. C'est pour ça que je suis sans mots, sans voix depuis plusieurs semaines.
Certes, il a le cheveu gras (et un tout petit nez), mais c'est LE PLUS GRAND artiste contemporain. Si, si, c'est vrai. Un compositeur, interprète et arrangeur hors pair. Et aussi un merveilleux poète (la plus grande poétesse de tous les temps, c'est elle ; son oeuvre poétique n'est malheureusement pas traduite en français, il me semble... mais là n'est pas le sujet).
Ecoutez un peu voir ses divines mélodies, ses arrangements somptueux. Ecoutez un peu voir ses textes mélancoliques, désabusés ou rageurs. Allez le voir chanter en vrai, interpréter avec élégance Les cerfs-volants au piano, cracher ses mots avec rage sur A l'origine, ou se faire acclamer comme une rock star sur Padam. Ce type est capable de vous faire aimer aussi bien les violons que la musique électronique ou le hip-hop : c'est le signe d'un génie (lecteurs dubitatifs, épargnez-moi vos critiques, je ne souffrirai aucune contradiction sur ce sujet - je pourrais même exercer mon droit de censure sur les avis négatifs, c'est dire...).
L'autre choc, c'est que j'ai cru reconnaître en la harpiste qui l'accompagne une ancienne camarade de classe (de seconde), qui était une assez mauvaise élève à l'époque, et là j'ai réalisé l'étendue de ma lose.
Si seulement j'avais fait une seconde musicale...

******



Dernier samedi de février.
Un pique-nique libanais aux Arènes de Lutèce.
Une promenade jusqu'au Quartier Latin.
Une petite incursion à l'Institut Finlandais, où sont exposées d'insolites créatures marines.
Un sorbet mela et un chocolat chaud corsé chez Grom.
Un pain rustique (au sarrasin, servi par la boulangère la plus aimable que je connaisse - et ce n'est pas une antiphrase), un pain Cosi, et un petit pendentif pour butin.
Un trajet en bus.
Un chouette samedi.

******

La routine.
Le bureau, les bises du matin, les dictionnaires, les automates, les déjeuners à la cantine, les réunions du lundi, les tea time et leur séance de mots fléchés...
A cette routine se sont ajoutées les petites leçons de photo de mon voisin de gauche, le développeur de l'Internet, qui était photographe dans une vie antérieure. Grâce à ses conseils, j'ai retrouvé un peu d'envie et de motivation. Le cliché qui suit n'est évidemment pas parfait, mais je me suis un peu beaucoup appliquée pour le prendre ("un peu beaucoup", parce que je me suis effectivement appliquée au début, puis l'impatience a pris le dessus). Comme vous le voyez, rien de transcendant dans ma cuisine ces derniers temps.

Glace au Nutella toute simple (de Clothilde - version anglaise ici)



320 g de Nutella (ou Tiger Creme de Rapunzel)
410 g (soit une boîte) de lait concentré non sucré

Mettre le Nutella dans un grand bol.
Incorporer le lait concentré en plusieurs fois en mélangeant bien pour obtenir une mixture homogène.
Mettre au frais pendant plusieurs heures (il faut que le mélange soit bien froid).
Démarrer la sorbetière et y verser le mélange.
Une fois la glace prête, la faire prendre un peu plus au congélateur.

******

Comme je suis une grande spécialiste pour souhaiter les anniversaires en retard, il n'y a pas de raison que je déroge à la règle quand ça me concerne. Alors, avec deux jours de retard (retard minime, comparé aux deux semaines pour l'anniv de Claire, par exemple - Joyeux anniversaire, Claire !) : Happy 3 à La bouche pleine ! Mais désolée : pas de leçon en images cette année. Il faudra revenir dans un an :-)

Et vive Benjamin Biolay !