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vendredi 23 novembre 2007

Truffade : un mot, deux recettes



J'ai appris à lire très vite. Enfin, assez vite. Je commençais déjà à lire un peu en maternelle (en fait, j'ai appris en regardant Des chiffres et des lettres, émission devant laquelle je restais scotchée, paraît-il...), où je m'amusais à déchiffrer des phrases indispensables du style "C'est la fête du mulot". La lecture fut donc une affaire pliée assez rapidement.
Mais savoir lire ne suffit pas, encore faut-il comprendre ce qu'on lit... ce qui est loin d'être évident lorsqu'on rencontre un mot ou une expression pour la première fois (et qu'on grandit dans un environnement familial non francophone).
Je me souviens du tout premier poème que j'ai appris en classe de CP : dans mon cahier de poésie, il fallait dessiner, dans des cases, les animaux cités dans le poème (écureuil, serpent, escargot, etc), et dans la case réservée au lièvre, comme j'ignorais ce que c'était, j'ai dessiné... un oiseau.
Ce n'est pas tout. En CE2, parce que je n'avais pas participé à un exercice (qui consistait à dire ce que le mot "paix" évoquait pour nous), la maîtresse m'a prise à part à la fin de la séance, et m'a demandé pourquoi je n'avais rien dit, si "ça [m']était égal". Ne comprenant pas le sens de cette expression, j'ai répondu au hasard "oui" (j'avais deux possibilités, évidemment j'ai choisi la mauvaise). Quelle gourdasse.

Heureusement, j'ai fait des progrès depuis ; la langue est même devenue ma copine. Pourtant, les mots continuent de me surprendre. Comme le mot "truffade", par exemple. Quand je l'ai rencontré pour la première fois, c'était un plat de patates sautées au fromage. Et un beau jour, c'est devenu un gâteau au chocolat. Un mot transformiste... Excellent, non ?


Truffade auvergnate



pour 2 personnes

600 g de pommes de terre (à chair ferme) (ou plus, selon votre appétit)
200-250 g de tome fraîche
1 gousse d'ail dégermée et pressée
huile, beurre (ou graisse de lard, ou saindoux)
un peu de persil plat haché
fleur de sel, poivre

Eplucher les pommes de terre, les laver et les couper en rondelles (env. 5 mm d'épaisseur).
Faire chauffer un peu de beurre et d'huile dans une sauteuse, et y faire rissoler les pommes de terre en les remuant régulièrement (c'est un peu long).
Pendant ce temps, couper le fromage en lamelles.
Quand les pommes de terre sont cuites, ajouter l'ail pressé, mélanger, puis ajouter les lamelles de fromage et les laisser fondre.
Mélanger le tout (le fromage doit être filant), saler, poivrer, ajouter le persil.
Servir avec une salade verte.


Un plat qui réchauffe et tient au corps. Ce n'est pas très raffiné, mais au diable le raffinement et la prout-prouterie !
Pour les Parisiens amateurs de truffade (ou d'aligot), je ne saurais que trop vous conseiller d'aller en déguster une au Plomb du Cantal, dans la rue de la Gaîté. En attendant la prochaine Fête de LO.


Truffade au chocolat
(recette des frères Delacourcelle, testée et approuvée par plusieurs bloggeurs, et non des moindres)



250 g de chocolat noir à 70 %
166 g de beurre mou (admirez la précision)
134 g de sucre en poudre
4 oeufs

Préchauffer le four à 100 °C.
Chemiser un moule à cake de film alimentaire.
Faire fondre le chocolat.
Dans un saladier, mélanger le beurre avec le sucre et ajouter, en fouettant, les oeufs deux par deux.
Ajouter le chocolat fondu.
Verser dans le moule et enfourner 1h à 100 °C.
Laisser refroidir et réserver 12h au frigo.

Pour déguster la vraie truffade des frères Delacourcelle, c'est par ici (je n'y suis pas encore allée, mais ça ne saurait tarder).

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N.B. 1 : Bien sûr, il ne s'agit nullement d'une idée de menu... Je ne vous conseille d'ailleurs pas de réunir les deux dans un même repas.

N.B. 2 : Merci à tous pour vos commentaires (même les critiques, ça fait du bien aussi). Je suis désolée de ne pas vous répondre individuellement, j'avoue que je suis un peu dépassée... Et puis, si je passe parfois en coup de vent sur vos blogs, sans laisser de petit mot, c'est par manque de temps ou d'inspiration. Ou par oubli aussi. Mais je vous lis.

N.B. 3 : Last but not least, un grand merci à Natalia.

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Sur ce, nous prenons la poudre d'escampette dimanche, histoire de nous changer les idées...


samedi 21 avril 2007

Rösti aux deux patates




Des pommes de terre qui attendent d'être utilisées, une moitié de patate douce esseulée dans le bac à légumes. Pourquoi ne pas les réunir dans des rösti ?

Rösti aux deux patates
pour 3-4 galettes (en fonction de la taille)

3 grosses pommes de terre (ou 4 moyennes ; environ 750 g)
1 patate douce à chair orangée (je n'en avais qu'une moitié, mais une entière c'est mieux)
1 oignon
100 g d'allumettes de lardons (facultatif)
beurre
sel, poivre

Cuire les pommes de terre et la patate douce dans une casserole remplie d'eau pendant 15-20 minutes. Il ne faut pas qu'elles soient complètement cuites.
Egoutter, laisser refroidir et éplucher. On peut faire cette première étape la veille.
Dans une petite poêle, faire revenir les lardons avec l'oignon haché. Egoutter, et mélanger aux patates. Saler légèrement, et poivrer généreusement.
Faire fondre une noisette de beurre dans la poêle, et y déposer une grosse louche de patates. Etaler et appuyer légèrement pour tasser. Lisser les bords.
Laisser dorer 5 à 10 minutes.
D'un geste sec, retourner le rösti sur une assiette.
Beurrer la poêle, et y faire glisser à nouveau le rösti.
Au bout de 5-10 minutes, quand le rösti est prêt, le retourner dans une assiette (comme précédemment).
Procéder de la même façon pour les autres. Normalement, on doit pouvoir en faire 4 moyennes.



Déguster avec une salade (version raisonnable) ou un bon steak (version gourmande). Je vous laisse deviner ce que j'ai choisi ;-)

Remarques :
Le fait de retourner le rösti d'un geste sec sur une assiette permet de ne pas le casser. Ca m'a paru être la meilleure méthode si on a une poêle à bord un peu haut (c'était mon cas).
On peut évidemment prendre une grande poêle pour faire un rösti géant, mais pour la raison citée juste ci-dessus, je n'ai pas choisi cette option.
Sinon, pour gagner du temps, on peut préparer tous les rösti (ou du moins 2) en même temps dans une grande poêle, mais dans ce cas, je pense qu'il est préférable de façonner au préalable des boules que l'on aplatira dans la poêle si on veut qu'ils aient une forme régulière. C'est sans doute ce que je tenterai la prochaine fois.

Variantes :
Pour les puristes, on peut n'utiliser que des pommes de terre. Autrement, il est possible de remplacer la patate douce par des carottes. Et pourquoi pas d'autres légumes ?



Verdict :
Excellent ! Les rösti ont une belle couleur dorée, presque émouvante... Le goût de la patate douce se manifeste légèrement par endroits, mais reste très (trop ?) discret. Je n'en avais pas assez à disposition, sinon il faut vraiment en mettre plus. Le goût est fantastique, bien relevé. Quant à la texture, mon poulet, qui est un grand spécialiste ès patates (après des années de fréquentation des stands de rösti et de truffade à la fête de LO), aurait préféré une enveloppe plus croustillante, mais il ne s'est pas fait prier pour en reprendre ;-)

samedi 14 avril 2007

Salade tiède de pommes de terre rôties et tomates cerises séchées de Suiksuik




Cette recette de salade de pommes de terre rôties , je l'ai trouvée il y a quelques années dans le livre La pomme de terre - de la purée aux gnocchi d'Annie Nichols. A l'époque, c'était surtout le côté visuel qui m'avait attirée, car je ne connaissais pas les tomates séchées, et je n'étais pas sûre d'aimer les câpres. Pourtant, elle s'est révélée être la meilleure salade de pommes de terre que j'aie jamais mangée (le mélange tomates séchées-câpres-olives-oignon rouge est à tomber), sans exagérer. La plus belle aussi, parce que le plaisir des yeux, ça compte (presque) autant que le plaisir des papilles.
Après l'avoir oubliée pendant plusieurs années (comment est-ce possible ?), je l'ai refaite l'année dernière. Et depuis, elle revient régulièrement. D'ailleurs, je ne veux plus jamais faire la salade de pommes de terre autrement que comme ça.

A l'origine, c'est une salade chaude, mais elle est aussi délicieuse tiède ou froide. Autrement, la recette m'a tellement plu que je n'ai rien changé au niveau des ingrédients (je ne pouvais sincèrement rien apporter de plus, elle me plaisait telle quelle), juste légèrement modifié les quantités. Pour la toute dernière, j'ai utilisé des tomates cerises séchées faites maison d'après la recette de Suiksuik (auxquelles j'ai ajouté des herbes de Provence et de l'ail). En passant, ces tomates séchées sont fabuleuses ; d'ailleurs c'est fini, dorénavant je n'en achèterai plus. Merci Suiksuik !

Salade tiède de pommes de terre rôties



Pour 2 morfales

750-800 g de pommes grenaille
1/2 oignon rouge, finement haché
3 olives noires dénoyautées, finement hachées
1 1/2 c.s. de câpres, rincées et égouttées
10 moitiés de tomates cerises séchées maison
3 c.s. de persil, haché
1 c.s. de vinaigre balsamique
2 + 2 c.s. d'huile d'olive
gros sel marin et poivre

Préchauffer le four à 200 °C.
Laver les pommes de terre, les essuyer et les mettre dans un plat à rôtir.
Ajouter 2 c.s. d'huile d'olive, saupoudrer de sel marin et remuer pour bien enrober les pommes de terre.
Les faire cuire au four environ 30 minutes en les retournant de temps en temps.
Pendant qu'elles cuisent, mettre tous les autres ingrédients restants dans un saladier, mélanger puis poivrer.
Retirer les pommes de terre du four, les couper en deux (ou en quatre, si elles sont grosses) et les mettre dans le saladier avec les autres ingrédients. Bien mélanger.

Déguster chaud, tiède ou froid.



***

Pour les tomates cerises séchées, la recette originale est . Je vous livre ma version modifiée.

Tomates cerises séchées maison de Suiksuik



une barquette de tomates cerises
sel, poivre, sucre, herbes de Provence
huile d'olive
1 ou 2 gousses d'ail

Préchauffer le four à 110 °C.
Laver les tomates, les couper en deux et les disposer dans un plat allant au four, face coupée vers le haut.
Saupoudrer légèrement de sel, de poivre et de sucre.
Enfourner pendant 2-3 heures environ, en retirant au fur et à mesure les tomates qui sont sèches.
Laisser refroidir.
Mettre dans un bocal stérilisé, recouvrir d'huile d'olive, ajouter les herbes et l'ail légèrement écrasé.
Stocker au frais.

***

Mon poulet a aimé le velouté de patate douce d'hier. Il me l'a dit avec insistance :-)