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jeudi 2 avril 2009

Small expectations (et le tiramisù parfait de Laura Zavan)



Rien.

Le chantier continue.

Au fur et à mesure que je déballe les cartons restants - ceux récupérés chez mes parents -, que je mets la main sur mes affaires d'enfant, mes notes de cours antédiluviennes, mes vieux livres, au fur et à mesure que je trie, que je jette, je sens mon brouillard intérieur se dissiper peu à peu. Je suis intimement convaincue que ce qui s'accomplit de façon physique et matérielle se répercute sur mon esprit. Alors, y vois-je plus clair dans ma vie ?

Eh bien non ! (ce serait trop facile)

Il y a toutefois un progrès notable : c'est que trois mois après ma soutenance, j'ai enfin réussi à JETER mes kilos de papier, d'articles, de notes accumulés pendant la thèse, que je gardais "au cas où". J'ai décidé qu'il n'y aurait pas de "cas où" et j'ai (presque) tout bazardé.
QUEL PIED !

A part ça, j'accueille de temps à autre de nouveaux venus dans ma cuisine - dernièrement, la blette et le pois cassé -, et je fais des gâteaux au chocolat en forme de fleur.



Gâteaux un peu lourdingues, parce que je voulais obtenir cette texture :



L'objectif de texture a été brillamment atteint, reste à améliorer la digérabilité de la chose.

Une recette qui n'a point besoin d'amélioration : le tiramisù de Laura Zavan. J'en ai fait un géant pour un repas de famille où nous étions dix à table. En partant, j'espérais récupérer mon plat avec le reste de tiramisù. Eh ben, ils l'ont gardé (je suis sûre qu'ils ont fait exprès d'oublier de me le rendre...).

Tiramisù classico, de Laura Zavan (tiré de Ma Little Italy)



pour 6 personnes (quantités originales divisées par 2)

250 g de mascarpone
3 oeufs extra-frais
4 c.s. de sucre glace
1 pincée de sel
100 g de biscuits Pavesini (ou de biscuits à la cuiller)
4 petites tasses de café serré froid
5 cl de marsala (ou d'amaretto)
1 c.s. de cacao non sucré

Sortir le mascarpone et préparer le café.

Casser les oeufs, séparer les blancs et les jaunes dans deux saladiers (les jaunes dans le plus grand saladier).
Battre les jaunes avec 3 c.s. de sucre glace.
Quand le mélange est mousseux, ajouter le marsala puis le mascarpone en remuant doucement pour obtenir une crème lisse.

Battre les blancs en neige ferme avec 1 pincée de sel et le reste du sucre.
Incorporer délicatement à la crème au mascarpone.

Tremper rapidement les biscuits dans le café et tapisser le fond d'un grand plat. Ajouter une couche fine de crème, une couche de Pavesini.
Répéter l'opération encore 2 fois en terminant par la crème (on obtient 3 couches de Pavesini et 3 couches de crème).
Laisser prendre au frigo pendant au moins 12 h, idéalement 24 h.

Juste avant de servir, saupoudrer le cacao sur le tiramisù (avec une mini-passoire, pour un résultat plus que parfait).

Je suis sûre que presque tout le monde a déjà SA recette fétiche de tiramisù, mais pour ceux qui n'en auraient pas, ou qui auraient envie de changer...

La prochaine fois, je vous proposerai un petit jeu. Ou pas...

mardi 20 janvier 2009

What's up, doc ? (billet fleuve, bolognaise et cake à l'orange)*



* Ne cherchez pas de logique dans le titre, ni dans le billet : il n'y en a pas.
Je suis d'une impolitesse sans nom. Je n'ai envoyé de voeux à personne pour la nouvelle année. D'habitude, je fais ça très bien, et de façon très organisée (dès début décembre, je dresse une liste des destinaires (une vingtaine), je vais faire ma provision de cartes de voeux chez WHSmith, je vais embêter les guichetiers de la Poste pour avoir des timbres de collection, je dresse un planning pour l'expédition des cartes - en fonction de la destination -, j'écris mes cartes, je les envoie en suivant mon planning, de telle sorte qu'elles arrivent à peu près en même temps, etc... C'est toute une histoire...). Mais cette année, rien. Parce qu'en fait, j'ai décidé de boycotter 2009 (je vous expliquerais bien pourquoi, mais ça risquerait d'être un peu long...).

Si vous voulez la vérité, la thèse, ce n'est rien. Ce n'est rien du tout comparé au gouffre vertigineux qui lui succède. Le temps, qui semblait figé pendant les années de thèse, reprend son cours, et toutes les échéances (mariage, maternité, travail, etc) que l'on repoussait d'un revers de la main grâce à cette excuse béton qu'est la thèse, ressurgissent en choeur : il est grand temps de rentrer dans le rang.
Est-ce cela, devenir adulte ? Et si, comme Nora, j'étais une sorte de poupée évoluant dans un environnement surprotégé ? (d'ailleurs, que devient-elle une fois qu'elle a décidé de prendre sa vie en main ? Par curiosité, je suis allée voir ce que Jelinek a imaginé : ce n'est pas très réjouissant...)

Alors voilà. Depuis la soutenance, je m'efforce de trouver une réponse à ces questions fondamentales : qui suis-je ? où vais-je ? où cours-je ? Pour agrémenter ma réflexion, je me promène, beaucoup. Je parcours Paris en tous sens.



Avec quelques haltes gourmandes. Notamment un moment tout à fait délicieux à la Charlotte de l'Isle, un salon de thé de poche situé sur l'île Saint-Louis (je ne devrais pas vous en parler, parce que c'est suffisamment minuscule comme ça, alors si je commence à rameuter du monde, je ne trouverai PLUS JAMAIS une table de libre).







J'y ai dégusté une surprenante et exquise Tartatou, dont la caractéristique principale est que vous ne pouvez déterminer avec précision ce qu'elle contient. Tout ce que je puis dire, c'est que quand vous avez fini votre part, vous avez juste envie d'une autre part...



Ce qui vous retient de reprendre une part de Tartatou, c'est le chocolat chaud de madame Charlotte (en vrai, elle ne s'appelle pas comme ça, mais je ne suis pas sûre d'avoir le droit de divulguer sa vraie identité sur ces pages), un des meilleurs de la Terre entière (et, croyez-moi, je suis difficile en matière de chocolat chaud).



Et puis, j'ai été attendrie par leur vaisselle miniature : on a l'impression de jouer à la dînette. C'est absolument ravissant.



J'ai aussi repris le chemin des salles obscures. Un vendredi soir, en sortant du Cosi, où nous avions dévoré (lui) une Ines et (moi) une Perfide Albion (des sandwiches confectionnés avec un pain plat à l'huile d'olive sortant tout juste du four... Ce pain est une merveille. Coupé en bandelettes, il accompagne aussi leurs soupes du jour, que je prends souvent pour un déjeuner sur le pouce. J'allais oublier : leur cheesecake new-yorkais se défend pas mal du tout, et il existe également une version sucrée du sandwich : le cosi au nutella, une invention du diable, pour sûr...), nous sommes passés devant un traiteur italien : j'y suis entrée, j'ai demandé une grosse tranche de pancetta, payé, glissé mon butin dans mon sac, puis nous nous sommes hâtés vers le cinéma, car la séance de Two Lovers allait commencer.
Deux heures et demie plus tard, tandis que nous parlions du film dans le métro qui nous ramenait chez nous, j'étais surprise de constater que nous étions en total désaccord sur la façon de voir le dénouement : un moindre mal pour lui, une résignation désespérante pour moi. Pour changer de sujet, j'ai sorti de mon sac le morceau de pancetta. Le sourire aux lèvres, je lui ai expliqué que la pancetta allait entrer dans la composition d'une sauce bolognaise qui mijoterait longtemps, longtemps, qui embaumerait la cuisine et chasserait momentanément l'odeur persistante de peinture... La lecture du journal de Nigel (offert par une amie qui commence à bien me connaître) m'en avait trop donné envie...


Ragù alla bolognese (basée sur celle de Gracianne et un peu sur celle de Nigel)



pour 5-6 personnes

400 g de boeuf haché
2 oignons
2 carottes
10 cm de branche de céleri
2 gousses d'ail
2 feuilles de laurier
100 g de pancetta
1 verre de vin rouge
800 g (2 boîtes) de tomates pelées, concassées
2 c.c. de concentré de tomates
sel, poivre, 1 pincée de piment
thym, romarin
huile d'olive

Peler carottes, oignons et ail. Les hacher finement, ainsi que le céleri et la pancetta.
Faire revenir, dans un fond d'huile d'olive, très doucement, carottes, oignons, céleri et feuille de laurier.
Au bout de 10 minutes, ajouter la pancetta, et cuire encore 10 minutes en ajoutant l'ail en fin de cuisson.
Monter le feu et ajouter le vin rouge.
Laisser évaporer 1 minute, puis ajouter les tomates, le concentré de tomates, le thym, le romarin, sel, poivre et piment.

Pendant ce temps, faire revenir la viande hachée dans un peu d'huile et de beurre. Saler, poivrer.
Une fois la viande cuite, l'égoutter et l'ajouter à la sauce tomate.
Bien mélanger et laisser cuire à feu très doux pendant au moins 2 heures, jusqu'à ce que la sauce soit bien dense. Rajouter au besoin un peu d'eau en cours de cuisson.

Déguster avec des spaghetti De Cecco al dente (ou mieux, des pâtes fraîches maison).




En lisant le journal de Nigel, j'ai aussi eu envie de son cake à la marmelade d'orange du 7 janvier. Par un heureux hasard, Patoumi m'a devancée, m'épargnant ainsi la corvée de conversion des mesures...


Orange Marmalade Cake de Nigel Slater (merci Patoumi pour les conversions et la traduction !)



pour un petit moule à cake

170 g de beurre (salé ou non - j'ai fait moitié moitié) bien mou
3 oeufs
140 g (en fait 120 g suffisent) de sucre blond de canne + 1 c.s.
1 orange non traitée
190 g de farine
1 sachet de levure
2,5 c.s. bombées de marmelade d'oranges (fine cut)

Préchauffer le four à 180 °C.
Dans un grand saladier, fouetter ensemble le beurre et le sucre.
Ajouter progressivement les oeufs en mélangeant bien, puis la marmelade et les zestes de l'orange.
Verser la farine et la levure et bien homogénéiser la pâte avant de verser la moitié du jus de l'orange. Bien mélanger.
Verser dans un moule chemisé de papier sulfurisé et enfourner 35-40 minutes à 180 °C.

Nigel S. préconise un glaçage utilisant le reste du jus de l'orange. J'ai préféré un sirop pour arroser le cake après cuisson, afin qu'il soit bien moelleux et humide : pour ce faire, allonger le reste du jus avec un peu d'eau, ajouter 1 c.s. de sucre et porter à ébullition. Mélanger. Une fois le gâteau cuit, l'arroser avec le sirop et laisser refroidir.




A part ça, j'ai bricolé un calendrier gourmand, comme l'année dernière. Mais comme il n'est pas aussi chouette, je ne vous le montre pas. Vous le découvrirez au fil des mois dans la colonne de droite.

Au fait, bonne année quand même !

jeudi 15 novembre 2007

Les petites choses qui font une journée réussie et deux variations autour du potiron



Ca a commencé avec un rayon de soleil au réveil, et un chocolat chaud au petit déjeuner, un vrai, honteusement crémeux, servi dans de jolies tasses que j'aime bien (en ce moment, c'est terrible, je suis tellement accro que je n'arrive plus à me contenter de cacao Poulain).
Ca s'est poursuivi avec une "balade" à vélo et un pique-nique libanais, en amoureux, dans les arènes de Lutèce. Le thermos de thé vert aux sept agrumes ne fut pas de trop malgré un soleil radieux. J'étais ravie que ma bouteille ne serve pas uniquement pour la BN (j'ai repensé à ce jour de janvier 2006 où Crevette et moi avions décidé d'aller visiter l'exposition Vienne 1900 au Grand Palais - un lieu que je déteste, mais c'est une autre histoire... - , l'attente dans la queue avait duré presque trois heures - c'est ça quand on s'y prend les derniers jours - , et par bonheur, j'avais pensé à prendre un thermos de thé pour nous réchauffer, du Fleur de Geisha, bien réconfortant par ce temps glacial de janvier).
Les cheveux ébouriffés et les joues rosies par le trajet en vélo (là, il s'agit de moi), nous sommes ensuite allés rencontrer un monsieur très sympathique (venu à vélo, lui aussi) avec qui nous avons conversé un moment et qui m'a fait de jolis dessins, notamment dans un petit carnet en cuir rapporté de Florence et qui ne me quitte pratiquement jamais.
Et puis, j'ai trouvé le cadeau de Noël pour ma petite Nini.



Les jours de grève*, j'ai la chance de pouvoir passer des journées comme celle-là, ou de rester simplement chez moi, à cuisiner pendant des heures si j'ai envie...
Les deux recettes qui suivent m'ont permis d'utiliser le gros morceau de potiron rapporté par mon poulet de son travail (un reste de décoration de Halloween) : un risotto (dont mon poulet m'a dit à quatre reprises qu'il avait adoré, comme si j'étais sourdingue), et une soupe récemment publiée par Loukoum°°° (et que nous avons adorée tout autant) (les seuls changements que j'ai apportés sont uniquement dus à l'absence de cocotte minute et d'amandes chez moi ; je n'ai pas voulu faire l'intéressante en me démarquant à tout prix, car ses recettes, on peut les suivre les yeux fermés).


Risotto aux poti-marrons



pour 2 grands bols

200 g de potiron, coupé en gros dés (2 cm)
150 g de marrons entiers (en conserve)
250 g de riz carnaroli (ou arborio)
3 échalotes hachées
1 gousse d'ail pressée
2 c.s. de persil plat haché (surgelé, ça ne pose pas de problème)
60 cl de bouillon de légumes chaud (préalablement porté à ébullition)
5 cl de vin blanc sec
20 g de beurre
2 c.s. d'huile d'olive
20 g de parmesan (j'ai fait sans - sacrilège ! - car j'ai oublié d'en acheter, et de toute façon je n'aime pas ça)

Faire chauffer le beurre et l'huile d'olive dans une casserole.
Y faire revenir l'échalote, puis ajouter l'ail au bout d'une minute.
Verser le riz et remuer avec une cuillère en bois jusqu'à ce que le riz devienne translucide.
Ajouter le vin blanc et continuer à mélanger jusqu'à ce qu'il soit évaporé.
Verser une louche de bouillon, mélanger.
Lorsque tout le liquide est absorbé, verser à nouveau une louche de bouillon, ajouter les dés de potiron ainsi que les marrons entiers (ils vont "fondre" durant la cuisson) en continuant à mélanger pour que le riz n'attache pas au fond de la casserole.
Dès que le liquide est entièrement absorbé, rajouter une louche de bouillon, et répéter l'opération jusqu'à ce que le riz soit cuit : il faut compter 20 minutes environ.
Lorsque le riz est cuit (un peu al dente), ajouter le persil et le parmesan (sauf si on n'aime pas ça), mélanger. Il ne faut pas que le risotto soit trop compact.
Saler, poivrer.
Couvrir 1 minute.
Servir et déguster sans attendre.


Soupe de potiron aux lardons grillés et noisettes caramélisées selon Loukoum°°°



pour 5-6 bols

1,5 kg de potiron
1 gros oignon
3 gousses d'ail
1 tablette de bouillon de poule (bio)
15 cl de crème liquide
piment en poudre
sel, poivre
un filet d'huile d'olive

200 g de lardons
2 poignées de noisettes grossièrement concassées
1/2 à 1 c.s. de sucre en poudre
1 pincée de fleur de sel
1 c.c. de piment d'Espelette

Découper le gros morceau de potiron en tranches, retirer les pépins et éplucher la courge en gros dés.
Peler et émincer finement les oignons et l'ail.
Dans une grande casserole, faire chauffer un bon filet d'huile, y faire revenir l'oignon et l'ail, puis ajouter les morceaux de potiron.
Couvrir d'eau, ajouter la tablette de bouillon et porter à ébullition, puis laisser cuire 15-20 minutes, le temps que les morceaux de potiron soient tendres.
Pendant ce temps-là, faire griller les lardons dans une petite poêle, à sec. Retirer la graisse au fur et à mesure, et laisser réduire les lardons jusqu'à ce qu'ils deviennent croustillants. Les déposer sur du papier absorbant. Réserver.
Faire dorer les noisettes concassées dans une petite poêle, à sec également. Ajouter le sucre, le laisser fondre et se transformer en caramel. Ajouter alors la fleur de sel et le piment d'Espelette, et mélanger pour enrober les noisettes. Réserver.
Quand les morceaux de potiron sont cuits, retirer un peu de bouillon et mixer.
Ajouter sel, poivre, piment et crème liquide, et re-mixer un coup.
Au moment de servir, parsemer chaque bol de soupe du mélange de lardons-noisettes (ne pas le faire à l'avance, pour éviter qu'ils ne ramollissent).

******

*Je ne comprends pas comment on peut parler de "privilèges" en ce qui concerne les cheminots, les conducteurs de métro ou autres, alors qu'il s'agit de miettes en vérité, et que les VRAIS PRIVILEGES sont ailleurs (et qu'on se garde bien d'en parler)...


vendredi 5 octobre 2007

L'osso buco de la discorde



Cette semaine, parmi mes voisins de bibliothèque, il y avait un monsieur qui, tête baissée (mais tête baissée seulement), ressemblait comme deux gouttes d'eau à Michel Cymes. Je l'ai regardé... pendant des heures (soupir).

Cette semaine, à la bibliothèque toujours, je n'ai pas eu de chance avec mes voisins de droite. J'ai supporté successivement un vieux Japonais qui ne s'était lavé, ni lui, ni ses vêtements, depuis plusieurs jours au moins, puis une Coréenne qui avait vidé son flacon de parfum sur elle. Joie. (Ah ! et puis, j'ai eu des voisins de gauche qui tapaient sur leur clavier comme des bourrins. Re-joie)

Cette semaine, j'ai aperçu dans la rue une jeune femme en bottes qui n'avait sous son imper qu'une simple culotte.

Cette semaine, j'ai été accostée par un inconnu qui voulait : (1) prendre un verre avec moi, (2) me demander mon numéro de téléphone, (3) et plus, si j'ai bien compris. Devant mon refus, il m'a demandé : "Vous n'aimez pas l'amour ?"

Cette semaine, je me suis rendue à l'autre bout de Paris pour me faire humilier par une c...asse de conseillère parce que je n'avais pas de "projet professionnel" (sic).

Cette semaine, à Tang Frères, j'ai fait semblant de ne pas comprendre le chinois (je sais, c'est pas bien, mais ça m'amuse... ;-)).

Cette semaine, j'ai brillé auprès de mon cher et tendre par cette simple phrase : "Tiens, Crespo, il s'est coupé les cheveux, non ?" (explication : il était scié (1) que je connaisse Hernan Crespo, un footballeur argentin, et (2) que je me souvienne de son ancienne coiffure)

Cette semaine, j'ai vu les préparatifs pour la Nuit Blanche se monter tout doucement sur l'esplanade de la BNF.
Cela m'a rappelé la première édition de la Nuit Blanche, il y a cinq ans : j'avais mon tout premier rendez-vous galant avec mon poulet, et Bertrand (re-soupir) se faisait poignarder à l'Hôtel de Ville.
L'année suivante, pour la 2ème édition, mon poulet et moi n'étions pas à Paris, mais à Florence : après avoir promis de partager avec moi une bistecca alla fiorentina chez Mario, il me trahissait, une fois sur place, avec un osso buco...

Osso buco à la milanaise (très très lointainement inspiré de La Cuillère d'Argent)



pour 2-3 personnes

2 grosses tranches de jarret de veau
3 carottes
1 branche de céleri
1 oignon
40 cl de bouillon de poule
20 cl de vin blanc sec
2 c.s. de purée de tomates
40 g de beurre
sel, poivre, farine

zeste d'1 citron non traité
1 gousse d'ail (dégermée)
2 c.s. de persil plat haché

Couper l'oignon, le céleri et les carottes en petits morceaux.
Les faire revenir quelques minutes dans 20 g de beurre, puis réserver.
Chauffer le reste de beurre dans la sauteuse, et faire dorer les tranches de jarret préalablement farinées.
Verser le vin et laisser réduire.
Ajouter les légumes, le bouillon, la purée de tomates, mélanger un peu le tout, et laisser mijoter à feu doux et à couvert pendant au moins deux heures.
Avant de servir, préparer la gremolata : hacher le zeste de citron, l'ail et mélanger avec le persil.
Accompagner l'osso buco d'un peu de gremolata.

J'aurais pu servir cet osso buco avec un risotto, mais comme j'avais un reste de riz basmati, c'était aussi bien, surtout quand on mélange le riz avec la sauce, c'est TROP TROP MIAM ! D'ailleurs, il faut que je vous avoue une chose : la viande (bien que succulente) est juste un prétexte ; ce qui m'intéresse, c'est d'avoir une bonne sauce à mélanger avec le riz... C'est pour ça que j'adore la blanquette de veau...

******

Cette semaine, j'ai aussi appris que La Sieste allait bientôt arrêter d'alimenter son blog pour de longs mois (au moins). Et ça, c'est un vrai drame. Je suis effondrée (Natalia, si tu arrêtais, toi aussi, ce serait le coup de grâce...).

jeudi 12 juillet 2007

Comment j'ai fait mon coming-out




Depuis quatre mois, je blogue dans le plus grand secret. Depuis quatre mois, je me lance dans des expérimentations culinaires hasardeuses, et mitraille chacune de mes réalisations, qu'elle soit réussie ou ratée. Depuis quatre mois, je passe une bonne partie de mes nuits devant mon ordinateur pendant que mon poulet dort paisiblement. Depuis quatre mois, je monopolise la connexion internet.

Il y avait bien un léger soupçon de son côté, mais aucune question ne m'avait été posée.

La première fois que j'ai eu envie de lui révéler l'existence de mon blog, c'était à la lecture de ce billet, qui avait provoqué l'hystérie la plus totale chez moi : un bloggeur influent m'avait citée parmi ses blogs favoris ! Ca y est, j'étais célèbre !!! Je n'avais qu'une envie, c'était de montrer ce billet à mon poulet et lui dire : "Regarde, c'est moi là ! Tu vois ? Il m'a citée, tu te rends compte ? Ce type-là, c'est une vraie star !"
Pendant un bon quart d'heure, j'ai eu la tête grosse comme une pastèque. Et les chevilles, n'en parlons pas. Mais comme j'avais décidé de garder le silence (un véritable supplice), tout est vite rentré dans l'ordre.

Il n'empêche, ça fait toujours plaisir d'être apprécié de ceux qu'on apprécie soi-même.



Il y a quelques jours, j'ai reçu les cartes Moo que j'avais commandées sur internet. Contrairement à la plupart des bloggeuses qui en ont parlé, j'ai décidé d'en faire des cartes de visite "normales", et non des cartes pour mon blog. C'est curieux, mais je ne me vois pas distribuer l'adresse de mon blog aux gens que je suis amenée à rencontrer dans la "vraie vie" ("Bonjour, je tiens un blog, venez me lire"), et encore moins à mon entourage. En revanche, j'apprécie d'avoir enfin des cartes de visite "qui me ressemblent", pour reprendre les termes d'Anne. Pour moi, elles serviront certainement de marque-page.



Et puis, je ne sais pas pourquoi, ce jour-là, j'ai tout avoué à mon poulet.
J'ai fait mon coming-out.
Parce que, au bout du compte, ce genre de secret ne tient jamais très longtemps. Et parce que, quand même, il se doutait bien de quelque chose...
Auparavant, je lui ai fait jurer de n'en parler à PERSONNE : "Tu n'en parles à personne, hein, tu me jures, hein ? Personne, hein ? Ni tes frères, ni personne d'autre, je ne veux pas qu'on sache, qu'on me lise", etc.

"Je ne veux pas qu'on me lise" : curieux paradoxe.

Mon poulet, maintenant que tu sais tout, ce blog va pouvoir jouer un vrai rôle : celui de livre de recettes, avec les plats que tu aimes, et dans lequel tu pourras puiser quand tu te mettras aux fourneaux...

Les spaghetti carbonara, comme nous les aimons


pour 2 personnes

spaghetti (entre 150 et 300 g selon votre appétit)
100 g de lardons
1 échalote, hachée finement (je sais qu'il n'y en a pas dans les vraies carbo...)
20 cl de crème fraîche
3 jaunes d'oeufs
sel et poivre

Cuire les spaghetti (al dente, c'est mieux).
Pendant ce temps, faire dorer les lardons dans une petite poêle (sans matière grasse, cela va de soi) avec l'échalote, jusqu'à ce qu'ils soient croustillants. Réserver.
Quand les spaghetti sont cuits, les égoutter, puis les remettre dans la casserole avec la crème fraîche, sur feu doux.
Saler légèrement, poivrer, et mélanger.
Ajouter les jaunes d'oeufs, et bien mélanger pour enrober les spaghetti.
Servir dans des assiettes creuses et ajouter les lardons.