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jeudi 15 novembre 2007

Les petites choses qui font une journée réussie et deux variations autour du potiron



Ca a commencé avec un rayon de soleil au réveil, et un chocolat chaud au petit déjeuner, un vrai, honteusement crémeux, servi dans de jolies tasses que j'aime bien (en ce moment, c'est terrible, je suis tellement accro que je n'arrive plus à me contenter de cacao Poulain).
Ca s'est poursuivi avec une "balade" à vélo et un pique-nique libanais, en amoureux, dans les arènes de Lutèce. Le thermos de thé vert aux sept agrumes ne fut pas de trop malgré un soleil radieux. J'étais ravie que ma bouteille ne serve pas uniquement pour la BN (j'ai repensé à ce jour de janvier 2006 où Crevette et moi avions décidé d'aller visiter l'exposition Vienne 1900 au Grand Palais - un lieu que je déteste, mais c'est une autre histoire... - , l'attente dans la queue avait duré presque trois heures - c'est ça quand on s'y prend les derniers jours - , et par bonheur, j'avais pensé à prendre un thermos de thé pour nous réchauffer, du Fleur de Geisha, bien réconfortant par ce temps glacial de janvier).
Les cheveux ébouriffés et les joues rosies par le trajet en vélo (là, il s'agit de moi), nous sommes ensuite allés rencontrer un monsieur très sympathique (venu à vélo, lui aussi) avec qui nous avons conversé un moment et qui m'a fait de jolis dessins, notamment dans un petit carnet en cuir rapporté de Florence et qui ne me quitte pratiquement jamais.
Et puis, j'ai trouvé le cadeau de Noël pour ma petite Nini.



Les jours de grève*, j'ai la chance de pouvoir passer des journées comme celle-là, ou de rester simplement chez moi, à cuisiner pendant des heures si j'ai envie...
Les deux recettes qui suivent m'ont permis d'utiliser le gros morceau de potiron rapporté par mon poulet de son travail (un reste de décoration de Halloween) : un risotto (dont mon poulet m'a dit à quatre reprises qu'il avait adoré, comme si j'étais sourdingue), et une soupe récemment publiée par Loukoum°°° (et que nous avons adorée tout autant) (les seuls changements que j'ai apportés sont uniquement dus à l'absence de cocotte minute et d'amandes chez moi ; je n'ai pas voulu faire l'intéressante en me démarquant à tout prix, car ses recettes, on peut les suivre les yeux fermés).


Risotto aux poti-marrons



pour 2 grands bols

200 g de potiron, coupé en gros dés (2 cm)
150 g de marrons entiers (en conserve)
250 g de riz carnaroli (ou arborio)
3 échalotes hachées
1 gousse d'ail pressée
2 c.s. de persil plat haché (surgelé, ça ne pose pas de problème)
60 cl de bouillon de légumes chaud (préalablement porté à ébullition)
5 cl de vin blanc sec
20 g de beurre
2 c.s. d'huile d'olive
20 g de parmesan (j'ai fait sans - sacrilège ! - car j'ai oublié d'en acheter, et de toute façon je n'aime pas ça)

Faire chauffer le beurre et l'huile d'olive dans une casserole.
Y faire revenir l'échalote, puis ajouter l'ail au bout d'une minute.
Verser le riz et remuer avec une cuillère en bois jusqu'à ce que le riz devienne translucide.
Ajouter le vin blanc et continuer à mélanger jusqu'à ce qu'il soit évaporé.
Verser une louche de bouillon, mélanger.
Lorsque tout le liquide est absorbé, verser à nouveau une louche de bouillon, ajouter les dés de potiron ainsi que les marrons entiers (ils vont "fondre" durant la cuisson) en continuant à mélanger pour que le riz n'attache pas au fond de la casserole.
Dès que le liquide est entièrement absorbé, rajouter une louche de bouillon, et répéter l'opération jusqu'à ce que le riz soit cuit : il faut compter 20 minutes environ.
Lorsque le riz est cuit (un peu al dente), ajouter le persil et le parmesan (sauf si on n'aime pas ça), mélanger. Il ne faut pas que le risotto soit trop compact.
Saler, poivrer.
Couvrir 1 minute.
Servir et déguster sans attendre.


Soupe de potiron aux lardons grillés et noisettes caramélisées selon Loukoum°°°



pour 5-6 bols

1,5 kg de potiron
1 gros oignon
3 gousses d'ail
1 tablette de bouillon de poule (bio)
15 cl de crème liquide
piment en poudre
sel, poivre
un filet d'huile d'olive

200 g de lardons
2 poignées de noisettes grossièrement concassées
1/2 à 1 c.s. de sucre en poudre
1 pincée de fleur de sel
1 c.c. de piment d'Espelette

Découper le gros morceau de potiron en tranches, retirer les pépins et éplucher la courge en gros dés.
Peler et émincer finement les oignons et l'ail.
Dans une grande casserole, faire chauffer un bon filet d'huile, y faire revenir l'oignon et l'ail, puis ajouter les morceaux de potiron.
Couvrir d'eau, ajouter la tablette de bouillon et porter à ébullition, puis laisser cuire 15-20 minutes, le temps que les morceaux de potiron soient tendres.
Pendant ce temps-là, faire griller les lardons dans une petite poêle, à sec. Retirer la graisse au fur et à mesure, et laisser réduire les lardons jusqu'à ce qu'ils deviennent croustillants. Les déposer sur du papier absorbant. Réserver.
Faire dorer les noisettes concassées dans une petite poêle, à sec également. Ajouter le sucre, le laisser fondre et se transformer en caramel. Ajouter alors la fleur de sel et le piment d'Espelette, et mélanger pour enrober les noisettes. Réserver.
Quand les morceaux de potiron sont cuits, retirer un peu de bouillon et mixer.
Ajouter sel, poivre, piment et crème liquide, et re-mixer un coup.
Au moment de servir, parsemer chaque bol de soupe du mélange de lardons-noisettes (ne pas le faire à l'avance, pour éviter qu'ils ne ramollissent).

******

*Je ne comprends pas comment on peut parler de "privilèges" en ce qui concerne les cheminots, les conducteurs de métro ou autres, alors qu'il s'agit de miettes en vérité, et que les VRAIS PRIVILEGES sont ailleurs (et qu'on se garde bien d'en parler)...


vendredi 9 novembre 2007

De la dame verte aux chinois, en passant par Anthony Burgess et les deux Stanley



"Je veux voir la dame verte !"
C'est ce que la petite Nini m'a réclamé la dernière fois que nous nous sommes vues. Je ne me suis pas fait prier : j'ai mis le DVD et nous avons regardé, pour la énième fois, la "dame verte", et puis aussi "Mérinos", Good Morning, et bien sûr Singing in the rain. Devant le numéro de claquettes de Moses supposes, j'ai laissé échapper un "Ah ! c'est vraiment trop classe !", et Nini d'acquiescer : "Ah ouais ! c'est vraiment trop classe !"
Ca fait trois ans (Nini en a six) qu'on regarde et re-regarde inlassablement les mêmes scènes, bien qu'on les connaisse par coeur. J'adore ce film et partager ces moments avec elle est un vrai bonheur. Quand le film démarre, elle vient se blottir contre moi ou s'installer sur mes genoux : je sais alors qu'elle est bien.

Seulement, un soir, en zappant devant la télé, je suis tombée sur Orange mécanique, que je n'avais pas vu depuis au moins dix ans. Et j'ai redécouvert qu'Alex, le personnage principal, chantait Singing in the rain à plusieurs moments du film. HORREUR. Ca m'a dégoûtée, l'agression, la voix d'Alex, la grimace de l'écrivain... Les images m'ont hantée un certain temps (trop longtemps...) : quand j'entendais à nouveau la chanson, elle m'évoquait non plus Chantons sous la pluie, mais Orange mécanique. Rien que pour cette raison, je HAIS Stanley Kubrick. Je le hais, même s'il a fait Barry Lyndon. Je lui en veux à mort de m'avoir pourri cette chanson. Sauf que... il est déjà mort, en fait. Si mes souvenirs sont bons.

Et puis, j'ai eu un doute : et si je détestais la mauvaise personne ? Si ça se trouve, Kubrick n'y est pour rien, il n'a fait que reprendre cet élément dans le livre d'Anthony Burgess, hein...? Il fallait vérifier : autant déverser mon fiel sur la bonne personne.

Je n'ai pas ce livre, mais l'avantage, quand on passe ses journées à la BN, c'est que tous les ouvrages possibles et imaginables sont à portée de main. En l'occurrence, il me suffisait juste de me lever et d'aller chercher le livre dans les rayons, à quelques mètres de ma place puisque, ça tombait bien, j'étais dans la bonne salle ce jour-là.
Je me suis plongée dans le livre, à la recherche de la moindre trace de Singing in the rain. Et je n'ai rien trouvé : c'était donc bien une invention de Kubrick (je viens de me rendre compte que je me suis embêtée pour pas grand chose, qu'il suffisait d'aller sur Wikipédia pour avoir la réponse). En revanche, en parcourant le livre, j'ai découvert une langue qui m'a intriguée, fascinée. Au premier abord, cela paraissait incompréhensible, tous ces mots étranges, cet argot complètement inventé par Burgess. Puis j'ai commencé à comprendre un mot (viddy = see, du latin vidi ?), et prise au jeu, j'ai essayé de deviner la signification des autres mots que je rencontrais, les uns après les autres (itty = go ; malenky = little ; mesto = place ; litso = face ; veck = man, etc...). Cela m'a occupée deux bonnes heures, je crois. Evidemment, si j'avais été russophone, l'affaire aurait été bouclée en dix minutes. Mais l'exercice m'a amusée, j'ai ressenti le plaisir du linguiste qui découvre une langue inconnue et tente de la décoder (par contre, je n'ai pas réussi à comprendre la signification de l'expression "orange mécanique", malgré les explications de l'auteur lui-même - à ma décharge, c'était en anglais).
Au passage, j'ai fait une autre découverte : en fait, ce livre est drôle. D'une drôlerie assez réjouissante, alors que le film met mal à l'aise tellement il est glauque (et ne donne pas envie de lire le livre). Cela ne fait que confirmer ce que j'ai toujours pensé : les oeuvres littéraires sont infiniment supérieures à leur(s) adaptation(s) cinématographique(s).
Bref, tout est donc de la faute de Kubrick. CQFD. Je le déteste (même s'il est mort).

Pour en revenir à des choses plus terre à terre et plus intéressantes pour nos estomacs, j'ai fait pas mal de soupes la semaine dernière : butternut, brocoli, et même - horreur ! - une soupe "à tout". Je raffole des soupes, qu'elles soient à un légume, à deux légumes, ou à plein de légumes. Parce que les légumes, j'ai un peu de mal à les cuisiner, et c'est incontestablement en soupe que je les préfère. Quant aux soupes "à tout", je les affectionne pour ce goût indéfinissable qu'on obtient précisément par le mélange de plein de légumes et pas autrement. D'ailleurs, la soupe "à tout" est de couleur orange, oui, c'est comme ça.
Voilà, je voulais réhabiliter cette malheureuse soupe, pas vide-frigo, qui ne méritait pas une telle descente. J'espère simplement que cela ne me décrédibilise pas aux yeux d'une cuisinière et fin gourmet que j'admire beaucoup.

Je procède presque toujours de la même façon pour mes soupes aux légumes :

Je fais revenir l'oignon dans un peu d'huile.
J'ajoute les légumes coupés en petits morceaux, je couvre d'eau, j'ajoute la tablette de bouillon.
Je porte le tout à ébullition, puis je laisse cuire à feu doux jusqu'à ce que les légumes soient tendres (une vingtaine de minutes environ).
Je retire un peu de bouillon, je mixe.
J'ajoute alors lait concentré/fromage/crème, sel, poivre, herbes et je re-mixe un coup.

Pour la soupe "à tout", il faut :



550 g de courge muscade
10 carottes
1 blanc de poireau
2 tiges de céleri
3 pommes de terre
1 oignon
75 ml de lait concentré non sucré (= une petite boîte)
1 tablette de bouilllon de légumes (bio)
huile 4 graines
sel, poivre
un peu de ciboulette

Par définition, la soupe "à tout" est ouverte, tout légume est donc bienvenu...

Verdict : triple miam, mais pas sûre que les Mafalda apprécient.

Et pour le velouté de brocoli (la recette est plus ou moins celle de ce livre) :



1 brocoli
2 petites carottes
2 pommes de terre
1 oignon
1 tablette de bouillon de légumes (bio)
1 grosse c.s. de fromage frais
huile 4 graines
sel, poivre

Verdict : double miam ssi on aime le brocolis.

Une soupe donc, et un petit quelque chose pour l'accompagner, cela ma va parfaitement pour un repas disons raisonnable. Une tartine, un morceau de cake salé, ou comme cette fois-ci un chinois aux lardons et à l'emmental, qui a accompagné mes soupes tout au long de la semaine (et même des oeufs sur le plat, c'était simple mais divin...).



1 pâte à brioche (faite à la MAP, programme pâte seule, avec juste 1 c.c. de sucre, et sans sucre vanillé, mais évidemment, si vous avez votre propre recette, c'est aussi bien)
100 g de lardons
100 g d'emmental râpé
1 échalote hachée (facultatif)

Pendant la levée de la pâte à brioche, faire griller les lardons dans une petite poêle, avec l'échalote hachée. Egoutter sur du papier absorbant.
Quand la pâte est prête, préchauffer le four à 180 °C, sortir la pâte de la MAP, l'étaler en rectangle sur un plan de travail fariné (environ 30 x 40 cm).
Répartir l'emmental et les lardons sur la surface de la pâte en laissant une marge de 1-2 cm sur les bords.
Rouler la pâte, puis la couper en huit tranches.
Les disposer dans un moule à manqué beurré (ou en silicone).
Enfourner 30 minutes à 180 °C.
Déguster tiède (passer l'escargot 30 secondes au micro-ondes pour lui redonner du moelleux).


Enfin, comme il me restait de la crème mousseline de mon fraisier, j'en ai fait une crème d'amandes pour l'utiliser dans un chinois aux amandes et pépites de chocolat :



1 pâte à brioche
de la crème d'amandes (cette recette convient très bien, pour le reste aussi)
100 g de pépites de chocolat

La marche à suivre est la même que pour le chinois salé.
Curieusement, ce chinois est meilleur froid : chaud, il est trop écoeurant.