dimanche 8 avril 2007

Mes années en 2 et en 7




Comme je m'y attendais hier, mon pôpa nous a préparé un festin pour ma soeur et moi. Il a fait à manger pour 10, alors que nous étions 3. Cherchez l'erreur.
J'ai rapporté des restes, mais il y en a tellement que j'ai de quoi me nourrir jusqu'à mardi sans problème. Oui, mais si je ne cuisine pas d'ici là, de quoi vais-je pouvoir parler ?

J'en profite pour répondre (de façon totalement impudique) à un questionnaire, que Suiksuik a transmis à tous les blogs qui ont moins de 6 mois et qu'Aurélie propose à ceux qui n'y ont pas encore répondu. Puisque je corresponds aux deux critères, allons-y. Pour ceux que ça n'intéresse pas, inutile de faire défiler la molette : il n'y a pas de recette au bout...

Mes années en 2 et en 7

1977 : Je suis âgée de quelques mois. Mes parents et grands-parents se sont enfin remis du fait que je sois une fille (après ma soeur, ils voulaient un garçon, forcément !). Nous quittons le 16ème arrondissement de Paris pour nous installer dans la banlieue rouge. Heureusement pour eux, je suis trop petite pour m'en apercevoir et protester.

1982 : Dernière année de maternelle. A la fête de fin d'année, je vais voir ma maîtresse pour lui demander de faire une photo avec moi, alors que je ne lui ai pas dit un seul mot durant mes deux années avec elle... Elle n'en croit pas ses oreilles. C'est un véritable miracle à ses yeux, et elle comprend que je ne suis pas autiste.
J'entre au CP, et là, c'est le début de cinq années merveilleuses, dans une école "expérimentale", qui ne ressemble à rien de connu, où les tables ne sont ni rectangulaires ni alignées ; où chaque classe dispose d'une mezzanine ou d'un amphithéâtre, et également de toilettes ; où les salles de classe d'un même niveau sont séparées par des parois amovibles pour faciliter les travaux en commun ; où la cour de récré est un immense terrain de jeu avec pente, arcades, escaliers, terrasse ; où nous bénéficions d'une salle de projection, d'une bibliothèque avec moquette au milieu du hall, où l'on nous initie (déjà) à l'informatique (en faisant évoluer sur l'écran un petit triangle qui est censé être une tortue), où l'on appelle les maîtres et maîtresses par leur prénom, etc. Je pourrais continuer pendant longtemps encore... Cette école aux formes bizarroïdes, avec ses dédales de couloirs, d'escaliers, de niches, de souterrains, etc, est un véritable labyrinthe pour les non-familiers. Mais c'est aussi un lieu de liberté et d'épanouissement formidable pour mes camarades et moi, qui trouvons tout ça normal. J'adore l'école, j'adore apprendre, et par dessus tout, je suis une fanatique de la dictée (moi aussi) et de l'auto-dictée. D'ailleurs, je deviens vite première de la classe (et le resterai jusqu'à la 3ème). Cela me vaudra le respect (et la crainte ?) des racailles, qui me laisseront en paix.

1987 : Finie l'école primaire. J'entre au collège. Un préfabriqué avec des salles de classes rectangulaires et des tables rectangulaires et alignées. Et une cour rectangulaire. C'est là que je comprends que mon école d'avant n'était pas tout à fait normale. Mais je m'y fais, car je retrouve beaucoup de mes anciens camarades. Sauf que ma grande copine Marion s'en va en province, alors que j'ai choisi l'allemand en 1ère langue pour être dans la même classe qu'elle. Pas grave, je tombe vite amoureuse de l'allemand, et aussi de ma prof d'allemand. Ce qui explique mes notes incroyables !

1992 : J'entre en seconde, dans une nouvelle ville, où je ne connais personne. Je ne parle à personne et pleure sans arrêt pendant les premières semaines. Jusqu'au jour où je remarque une autre solitaire : ma Crevette, qui deviendra plus tard ma plus fidèle complice d'orgies.
Toujours est-il que je suis mal dans ma peau, coincée, timide (moins qu'en maternelle, heureusement). Je me trouve grosse, je cache mon corps dans des "sacs à patate" (comprendre : des T- et sweat-shirts XL). Heureusement qu'il y a mes amis Carlos (grande folle portugaise, très branché littérature) et Crevette (pas encore grande copine, ça viendra plus tard). Nous allons nous acheter des croissants le midi au lieu de manger à la cantine. "Diététique" est un mot inconnu dans notre vocabulaire.
Par ailleurs, je ne suis plus première de la classe, et ça, c'est un véritable traumatisme. De 2-3ème en classe de seconde, je passe à 6ème en première, et 9ème en terminale. Bref, la déchéance totale. A oublier.

1997 : Année cruciale. J'entame la vingtaine avec 8 kilos de moins (perdus quasiment sans effort), et je me sens nettement mieux dans ma peau (en fait, je suis amoureuse). Côté look, je m'améliore très légèrement (comprendre : je commence à mettre des hauts un peu plus moulants), mais toujours pas l'ombre d'une jupe ou d'une robe (ça fait presque dix ans que je n'en ai plus porté).
L'été, je pars un mois à Vienne pour perfectionner mon allemand (je suis en fac d'allemand). Je découvre LA-ville-où-je-voudrais-vivre-si-je-ne-vivais-pas-à-Paris. Le matin, je vais en cours. L'après-midi, je me promène, je parcours la ville en tramway, je découvre les cafés viennois. Je m'imprègne de l'atmosphère de la ville. Je prends mon temps. Le soir, je retrouve mon complice L. (c'est lui qui a eu l'idée de ces cours d'été) à la terrasse du Biergarten près de la résidence universitaire. Un endroit fabuleux, où l'on mange bien et pour pas cher. Un endroit où les Viennois aiment se retrouver entre amis. C'est là que j'ai le coup de foudre de ma vie (pour une Autrichienne), et que je décide de revenir un an après, mais cette fois-ci pour une année scolaire (en tant qu'assistante de français dans un lycée). Pendant toute cette période, je deviens un mec : je me coupe les cheveux et je m'habille chez les garçons.
La cuisine ne m'intéresse pas encore : je ne sais faire que la ratatouille et les crêpes (et le gâteau aux pommes, appris au cours de technologie au collège).

2002 : Depuis mon retour de Vienne en 1999, je suis en miettes, sentimentalement. Pourtant, je m'épanouis physiquement et redeviens féminine : la jupe a refait son apparition dans mes placards, j'ai plusieurs paires de bottes (pour cacher ce que j'appelle mes "gros poteaux"), je commence à mettre des décolletés. Et mes cheveux repoussent légèrement.
Par ailleurs, j'ai un appareil dentaire depuis un an : après des années de tergiversation, j'ai fini par me décider. Quitte à faire une croix sur toute rencontre amoureuse pendant 2 ans...
En septembre, je suis invitée à un mariage, auquel je n'ai aucune envie d'aller, d'ailleurs ça me déprime rien que d'y penser. J'y vais (à reculons), mais je suis largement récompensée en retour : c'est là que je rencontre mon poulet d'amour (même pas rebuté par les bagues), avec qui je vis aujourd'hui. Un drôle d'oiseau, que j'ai mis du temps à apprivoiser...
A Noël, comme tous les ans depuis mon retour de Vienne, je fais des centaines de Weihnachtskekse (biscuits de Noël), que je distribue à toute ma famille, à mes amis, à ceux que j'aime.
Côté études, je décroche une allocation de recherche, et me lance dans une thèse...

2007 : ... qui n'est toujours pas finie à ce jour. J'enseigne à la fac depuis cinq ans et c'est ma dernière année.
Au détour d'un article du Monde, je découvre la blogosphère culinaire, et me laisse aspirer par ce tourbillon de blogs. Je crée mon blog dans le plus grand secret ; d'ailleurs, je ne l'ai encore dit à personne dans mon entourage, car je devine la réponse : "Et ta thèse alors ???".
Je n'ai pas encore fini la rédaction que je réfléchis déjà à ce que je ferai pour mon pot de thèse...

2012 : Vous plaisantez ou quoi ? Je ne sais déjà pas de quoi sera fait demain... Dans mes rêves les plus fous, j'ai ouvert un salon de thé dans le 14ème, qui sert les meilleurs macarons de toute la capitale. J'ai tellement de monde que je suis obligée de refuser des clients. Pierre Hermé me supplie de le prendre comme second et Ladurée a fait faillite. On a le droit de rêver, non ? ;-)

18 commentaires:

Philo a dit…

Je te souhaite que 2012 soit comme tu le décris

mingoumango a dit…

Philo : Merci, c'est vraiment sympa ! Mais c'était du pur délire de ma part ;-)

Lolotte a dit…

Bon courage pour ta these! J'ai fini la mienne en mai 2006 et je regrette ce temps-la...

esmeralda a dit…

bon courage pour ta thèse! et j'espère que tu me feras un prix sur les macararons! ;o))

Liputu a dit…

Une seule solution, faire un blog de ta thèse ! :-)

aurélie a dit…

Héhé championne de dictée, toi, moi, dehors, on va voir qui est la meilleure ;-) En tout cas, tu m'a ouvert les yeux : on peut vraiment rencontrer l'âme soeur à un mariage, c'est pas un mythe ! (et on peut plaire avec un appareil... c'est fou ! si j'avais su ça avant, j'aurais pas passé 2 ans à me cacher !!) Allez, au boulot maintenant, faut la finir cette thèse !

Bises
Aurélie

chechia a dit…

Et une thèse sur les macarons Daloyau, c'est possible?

mingoumango a dit…

Merci à toutes, j'ai effectivement besoin d'encouragements pour boucler ma thèse...

Lolotte : Perso, je pense que l'après -thèse me plaira plus que le pendant. Mais ce n'est pas la première fois que j'entends dire ce genre de choses...

Esmeralda : J'y réfléchirai... Bon, d'accord, je ferai un prix spécial pour les copines bloggeuses de la première heure (oui, parce que sinon, c'est trop facile). Ok, j'arrête de faire ma star...

Liputu : NO WAY ! JAMAIS DE LA VIE !

Aurélie : Tu veux m'affronter ? Même pas peur !
Oui, on peut rencontrer l'âme soeur à un mariage, et oui, il existe des rigolos qui aiment les filles avec des bagues. Je précise juste que mon poulet est myope, ceci expliquant peut-être cela...

Chechia : Oui, tous les sujets sont possibles ! D'ailleurs, je suis sûre que ce sujet a déjà été traité. Seulement, je doute que mon directeur soit d'accord pour que je change de sujet au bout de 5 ans... Dommage, car j'aurais certainement bouclé ma thèse plus vite ;-)

Suiksuik a dit…

Superbe tranche de vie ! Nous sommes de la même année :-) par contre les jupes ont disparu de ma garde robe depuis 15 ans :-), pas de retour possible ! :-)

mingoumango a dit…

J'ai l'impression d'être allée un peu loin dans la confidence... C'est vraiment très impudique...

Suiksuik : Il ne faut jamais dire...

loukoum°°° a dit…

j'ai toujours été fascinée par ces ecoles différentes et expérimentales...
Quand à l'allemand, moi j'étais au lycée en allemagne et en fait je reste traumatisée par les déclinaisons!

liliy a dit…

Quelle aventure! Une vraie Odyssée, ta vie! C'était pas difficile de rester accroché jusqu'au bout, même sans recette ;)
Je te souhaite bien du courage pour finir ta thèse! Dernier coup de collier, comme on dit...
Et bonne chance pour finir les restes! ;)

Brioche et confiture a dit…

Que d'aventures! Bonne chance pour ta thèse et aussi pour le salon de thé. Quand on croit à ses rêves, on parvient bien souvent à les réaliser. :)

Confiture

Alhya a dit…

très sympa d'en apprendre un peu plus sur toi! pour préciser, moi aussi je fais ma thèse depuis longtemps! 4ans bientôt et j'ai plus qu'un an pour boucler... je ne sais pas si c'est plus sympa après, mais j'espère!!

emilie a dit…

Moi je suis pour un salon de thé sympa dans le 14ème, ça manque! :) Bon courage pour la thèse!

Baluchon a dit…

Peut-être qu'en Deutschland les gens sont moins adeptes de macarons... Tu as peut-être une chance de devenir la Pierre Hermé locale là bas !

hkvinz a dit…

Je pense qu'il est temps de répondre à 2012 pour tes lecteurs nan? Enfin meme si elle vient de commencer ce serait bient de le mettre à jour à la fin de l'année :p

MM a dit…

hkvinz : C'est encore un peu tôt pour 2012, non...?