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mardi 6 avril 2010

Face à l'étendue de ma peine (la lubie des brownies et des madeleines)



Un soir de la mi-mars, en rentrant du travail, je suis tombée sur le bal des oiseaux à côté de la BN. Alors que j'attendais mon bus, les oiseaux virevoltaient dans un ciel crépusculaire teinté de rose. La dernière fois que je les avais vus, c'était dans une autre vie...
J'ai réalisé à quel point cela m'avait manqué.

Un autre soir, j'ai suivi les premiers émois amoureux d'une jeune Anglaise au tout début des années 1960. Lui est beaucoup plus âgé qu'elle et lui fait découvrir une vie de strass et de paillettes - dîners et soirées chics, belles toilettes, concerts, escapade de rêve à Paris - qui l'émerveille et l'attire irrésistiblement. Comment ne pas céder à son charme ? Comment résister à l'envie de tout plaquer pour lui ?
J'aurais du mal à vous dire à quel point cette histoire m'a remué la tête. Mais j'ai trouvé la conclusion salutaire, surtout par les temps qui courent.

Côté musique, j'ai momentanément délaissé Benjamin Biolay pour une jeune diva pop galloise dont une chanson m'obsède et défile sans cesse sur mon baladeur (dès qu'elle se termine, je la remets au début, inlassablement). Rien de tel pour garder un peu de bonne humeur quand on voit ses rêves s'éloigner de plus en plus...

Au bureau se succèdent les tea times et leurs grilles de mots fléchés (nous progressons !), les ping-pongs verbaux à travers l'open space, les échanges électroniques d'adresses gourmandes, les parties de rigolade - un jour, j'ai déniché deux épisodes d'une sitcom un peu débile des années 90 où notre patron, jeune étudiant à l'époque, avait fait une apparition : le visionnage fut un grand moment de poilade -, les lancers intempestifs de peluches, les expérimentations en tous genres (survol de l'open space par un hélicoptère miniature, bricolage d'un dispositif pour mesurer l'intensité de la clim, essais photo). Pas de place pour le cafard.
Je profite d'une équipe de cobayes plus que volontaires, pour me perfectionner en brownies et en madeleines (alors qu'un poulet me réclame du cheesecake avec de plus en plus d'insistance). J'ai donc fini par trouver la recette de brownies qui me convient parfaitement : denses, fondants, forts en chocolat mais doux quand même, et surtout pas secs...

Les brownies exactement comme je les aime (inspirés des brownies de Claire)



pour un moule rectangulaire de 20 x 30 cm

200 g de chocolat noir
100 g de chocolat au lait (50 g)
150 g de beurre salé (120 g)
3 oeufs
130 g de cassonade (ici : 100 g de cassonade + 30 g de sucre demerara) (120 g)
2 c.c. d'extrait de vanille liquide
80 g de farine

Préchauffer le four à 180 °C.
Faire fondre les chocolats et le beurre.
Mélanger les œufs et le sucre, ajouter l'extrait de vanille.
Ajouter la farine, puis le chocolat fondu.
Verser dans un moule et enfourner 17-18 minutes a 180 °C.
Laisser refroidir, mettre au frais pendant plusieurs heures (toute une nuit si on veut) avant de découper en petits carrés, et attendre qu'ils soient à température ambiante pour les déguster.




Quant aux madeleines, après moults tests plus ou moins réussis, j'ai choisi la recette de Kriskou comme recette de base : c'est celle qui a donné le meilleur résultat. La seule modification que je me suis autorisée, c'est la substitution du miel - qui donne un goût trop fort pour moi - par du sirop d'agave.
J'ai dû m'y reprendre à plusieurs fois pour obtenir de belles bosses, mais quand elles sont apparues pour la première fois, j'ai ressenti la même joie qu'en voyant se former la collerette des macarons.
Merci Kriskou !

Madeleines (recette de base, d'après celle de Kriskou)



pour 25 à 30 madeleines

160 g de beurre (salé)
2 oeufs
60 g de sucre blond de canne
160 g de farine
1 sachet de levure
30 g de sirop d'agave (ou 25 g de miel)
5 cl de lait
2 c.c. d'extrait de vanille liquide

Pour des madeleines au citron :
remplacer la vanille par le zeste et le jus d'1/2 citron

Pour des madeleines au matcha :
remplacer la vanille par 1 c.c. de matcha (thé vert japonais en poudre)

Faire fondre le beurre et laisser tiédir (Kriskou conseille de laisser cuire un peu le beurre puis de le filtrer, ce que je n'ai pas fait).
Blanchir les oeufs et le sucre, puis ajouter la farine et la levure tamisées.
Ajouter le sirop d'agave (ou le miel) dilué dans le lait, puis le beurre tiédi et l'extrait de vanille.
On obtient alors une pâte très lisse et onctueuse.
Laisser au frais 2 à 6 heures.

Préchauffer le four à 230 °C. Remplir des empreintes à madeleines en silicone. Comme le dit Kriskou, c'est l'étape la plus délicate. Selon la forme, la largeur, la profondeur des empreintes et leur degré de remplissage, le résultat ne sera pas le même. Mes empreintes doivent être remplies aux 2/3 seulement, sinon la bosse s'effondre et se transforme en une coulée de lave. Il faut plusieurs fournées tests pour savoir à quoi s'en tenir avec son propre matériel, c'est normal.
Enfourner 6 minutes à 230 °C, puis laisser 3 minutes à four éteint. La pâte contenue dans la bosse ne doit plus paraître liquide.



Ces madeleines ont eu l'approbation de Claire, que vous commencez à connaître maintenant...

mardi 23 juin 2009

Chocolate craving



D'abord, il y eut une semaine atroce et humiliante dans des bureaux parisiens peu chaleureux (malgré le parquet en bois et les moulures), où des gens un peu vulgaires peuvent réduire votre amour-propre à néant en l'espace de quelques jours. La proximité du canal saint Martin fut une maigre consolation : le bento était solitaire, bien loin des déjeuners entre copines thésardes à la BN où l'on se remontait le moral à tour de rôle.
On se surprend parfois à accepter des choses pour de mauvaises raisons.

Il y eut aussi un week-end interminable et fort ennuyeux, où il n'y avait pas d'autre choix que de se laisser porter par les événements, car tout échappe à votre contrôle. J'ai fermé les yeux et attendu que ça passe.

Juin, la saison des pluies.
Pluie de larmes (comment sécher celles des autres quand on a soi-même les yeux mouillés ?), pluie de doutes et d'angoisses qui paralysent. Pluie de petits mots et de colis attentionnés apportés par le facteur et suscitant toujours l'étonnement (a-t-on mérité tous ces cadeaux ?).

Je n'ai toujours pas trouvé le Sens, mais je continue de me laisser transporter - enivrer - par la Musique de cet artiste que j'avais tant aimé voir chanter, un soir d'été, sur les berges de la Seine.

Comme le Japon me paraît loin à présent...

Du mois de juin, je ne garderai en mémoire que le disque de musique baroque, les biscuits au sésame noir, cette librairie où j'ai trouvé refuge lors de la semaine de cauchemar (et les carnets qui ont suivi), l'érable japonais, les éclats de rire dans un café aux airs de salon, cette chanson n°6 dont je ne me lasse pas, les pâtisseries japonaises qui ont traversé l'Atlantique, et puis, cette déferlante de chocolat (car il n'y a pas que les haricots rouges dans la vie).

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Les brownies de Claire



pour un moule carré de 20 x 20 cm maximum

200 g de chocolat noir (65 % de cacao maxi)
100 g de beurre
100 g de sucre blond de canne (initialement : 110 g)
2 oeufs
50 g de farine (T45 ou 55)
60 g de noix de pécan (concassées)

Faire fondre le chocolat et le beurre.
Mélanger les œufs et le sucre, ajouter la farine et les noix, puis le chocolat fondu.
Verser dans un moule carré ou rectangulaire (20 x 20, 19 x 21 cm, mais pas plus grand).
Enfourner environ 15 minutes à 180 °C (ici, j'ai arrêté la cuisson à 14 minutes, c'était légèrement sous-cuit, mais néanmoins excellent. Donc 15 min, c'est l'idéal. A vous de voir ce qui convient avec votre four).
Laisser refroidir, mettre au frais pendant plusieurs heures (toute une nuit si on veut) avant de découper en petits carrés, et attendre qu'ils soient à température ambiante pour les déguster.
Ces brownies se conservent 4 jours sans problème, si vous tenez jusque-là.



Grâce à Claire, j'ai enfin pu briser cette malédiction du brownie raté qui me frappait depuis toujours.
... Mais qui est Claire ?
La testeuse officielle de La bouche pleine, pardi ! :-) Une fille généreuse, gourmande, passionnée de cuisine, enthousiaste, et qui donne son avis en toute franchise. Je suis sûre qu'elle aurait encore plein de bonnes recettes à transmettre...

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Le sorbet au chocolat de David L. (merci à Deb de Smitten Kitchen)



pour environ 1 litre de sorbet

555 ml d'eau
200 g de sucre
75 g de cacao en poudre non sucré (type Van Houten)
une pincée de sel
170 g de chocolat noir (à 60 % de cacao, c'est suffisant), haché au couteau (ou fondu, ça marche aussi)
1/2 c.c. d'extrait de vanille liquide

Dans une grande casserole, mélanger au fouet 375 ml d'eau avec le sucre, le cacao en poudre et le sel.
Porter le mélange à ébullition en fouettant régulièrement, et maintenir l'ébullition pendant 45 secondes en continuant à fouetter.
Retirer du feu, incorporer le chocolat, le laisser fondre.
Ajouter l'extrait de vanille et le restant d'eau (180 ml), et mixer le mélange (au blender ou au mixeur plongeant - je viens de me rendre compte que j'ai oublié cette étape !).
Une fois le mélange refroidi, le mettre au frais pendant au moins une demi-journée.
Quelques heures avant la dégustation, verser le mélange dans la sorbetière et turbiner (40 minutes pour moi). Le hic : on obtient un sorbet très liquide, mais après quelques heures au congélateur, il est parfait : texture souple, un vrai goût de chocolat et la couleur qui va avec, c'est-à-dire pas un truc vaguement marron. Si on aime vraiment le chocolat, il n'y a pas d'hésitation possible entre la crème glacée et le sorbet. En tout cas, il va falloir que je m'achète ce livre.





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Il y eut aussi, mais c'était au mois de mai, un moment très agréable, un peu hors du temps, dans un lieu dédié au chocolat. Un lieu où l'expression "luxe, calme et volupté" prend tout son sens.







La prochaine fois, si je ne vous parle toujours pas du Japon, il faudra me botter dehors, ok ?

samedi 23 juin 2007

Un oubli réparé, 7 révélations et des chocolate chunk brownies




Avant-hier, dans le questionnaire des 4, j'ai parlé de deux films de Wim Wenders, et j'ai complètement oublié un autre film de lui que j'aime autant que les deux autres. Alors voilà, je tenais à réparer cet oubli :

Alice dans les villes de Wim Wenders

Pour ce noir et blanc magnifique, et pour la mélancolie de la petite Alice... Un road-movie singulier. Dommage que ce film soit si peu connu...

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7 révélations

Sonia, Annellenor et Cathy m'ont taggée pour que je révèle 7 choses sur moi.
Allons-y :

J'adore les films où il ne se passe pas grand chose (un moyen détourné pour parler encore de cinéma ;-)), un des meilleurs exemples étant 71 fragments d'une chronologie du hasard de Michael Haneke (à ma connaissance, je suis la seule fan de ce film).

Je suis ce qu'on pourrait appeler une puriste des fruits. En général, je trouve dommage de les cuisiner alors que c'est tellement bon à manger tel quel (je dis bien : en général). Surtout l'abricot, que je trouve infiniment meilleur cru, nature (certains le savent déjà...).

J'ai la phobie des coiffeurs. A tel point que je n'ai plus mis les pieds dans un salon depuis des années et que je me suis résolue à me couper les cheveux moi-même (oui, je sais, ils ne sont pas très bien coupés, mais c'est un moindre mal comparé aux ravages que peut faire un mauvais coiffeur... et ce n'est pas une raison pour scruter ma coiffure si vous me rencontrez un jour...).
Dans cette thématique capillaire, une autre particularité : j'ai des cheveux blancs depuis l'âge de 4 ans.

J'ai peur des films d'horreur. Je n'en regarde jamais, je ne peux tout simplement pas : la vision de corps mutilés me traumatise à un point que vous n'imaginez pas (même si je sais que ce n'est pas vrai...).

Je m'abonne à des magazines rien que pour le plaisir de collectionner les couvertures, ou d'y découper des images (et les coller ensuite dans mes petits cahiers). (Les lire...? Ah oui, pourquoi pas ?)

Quand j'aime une chanson, je peux l'écouter sur le mode "Repeat 1" pendant des heures. Sans rire.

J'ai un mal fou à réussir les gâteaux au chocolat, qu'il s'agisse de fondant, de moelleux, ou de brownies. Dernièrement, j'ai lamentablement raté les "Bloomin' brilliant brownies" de Jamie Oliver himself (et pourtant, ce nom, quelle promesse !). Heureusement, je viens de vaincre cette malédiction, grâce aux Gâteaux de mamie, dont j'ai plus ou moins repris la recette de brownies. Les chunks noirs ont remplacé avec bonheur les noix habituelles, pour donner des brownies 100% chocolat (comme j'aime).

Chocolate Chunk Brownies



200 g de chocolat noir
60 g de beurre doux
60 g de beurre demi-sel
160 g de cassonade
3 oeufs
70 g de farine
120 g de chunks noirs

Préchauffer le four à 150 °C.
Beurrer et fariner un moule carré ou rectangulaire.
Faire fondre le chocolat (au micro-ondes ou au bain-marie).
Dans une jatte, fouetter le beurre et la cassonade jusqu'à l'obtention d'un mélange lisse.
Ajouter les oeufs un à un en mélangeant à chaque fois.
Ajouter progressivement la farine tout en remuant.
Verser le chocolat fondu et les chunks et mélanger.
Verser l'appareil dans le moule et enfourner pendant 30 minutes environ.
Laisser refroidir, puis découper les brownies.
(Au diable les régimes !)

(Bilan de la chasse de ce matin : 2 pigeons, d'un coup !)