
L'autre jour, Crevette (ma copine-à-la-vie-à-la-mort, pour ceux qui auraient raté un épisode) et moi étions attablées dans notre QG gourmand préféré, elle devant une part de tarte aux pêches de vigne et romarin, et moi devant un fondant au chocolat (que je déconseille, car bien trop écoeurant avec son glaçage - dans ces cas-là, vous êtes bien contente que votre amie vous fasse profiter de la quasi-totalité de sa part de tarte, les tartes étant une valeur sûre dans cette maison), conversant de choses et d'autres. Elle me fit part de ses impressions sur mon blog, qu'elle visite épisodiquement, et plus précisément de son étonnement quant au caractère exalté (sic) de mes billets. Non pas que j'aie l'air sinistre en général... mais elle me demanda tout de même si mes émotions n'étaient pas un poil exagérées, ce dont je m'offusquai : mais pas du tout, mes émotions sont retranscrites de façon fidèle, et je n'ai pas pour habitude de faire semblant. Par conséquent, quand je ressens un orgasme gustatif, je le décris comme tel.
Comme cela ne se voit pas forcément sur mon visage, on peut être dérouté en lisant mes impressions parfois à la limite de l'hystérie... Car il faut le savoir : sous une expression faciale des plus neutres peut se cacher un bonheur intense.
A ce propos, je lui confiai qu'il m'arrivait souvent de vivre de courts instants d'extase, de plénitude, pour des choses très simples : mon bureau baignant dans la lumière du soir juste avant que le soleil ne disparaisse derrière les immeubles voisins, le paysage qui s'offre à moi quand je traverse la Seine, la vue d'une pêche de vigne, le sifflement des pommes de terre en train de rissoler, la brise légère qui caresse mes cheveux quand je me promène, le parfum de l'être aimé sur l'oreiller...
J'ai une incroyable capacité à m'émerveiller pour des broutilles (et pas uniquement pour la chose alimentaire). Je ne saurais dire si c'est ce que Crevette appelle "l'aptitude au bonheur"...
Pêches au vin vanillées, crème et sablé breton

pour 3-4 verrines
300 ml de vin rosé
100 g de sucre
1 gousse de vanille
3-4 palets bretons
1 pêche blanche
3 petits suisses
3 c.s. de crème fraîche
Fendre la gousse de vanille, gratter les grains, en mettre la moitié dans une petite casserole, avec la gousse, le vin et le sucre.
Porter à ébullition et laisser réduire pendant 20-30 minutes (je n'ai pas chronométré, mais c'était bien plus long que les 10 minutes réglementaires) jusqu'à obtenir une consistance sirupeuse. Verser dans un bol et laisser refroidir.
Dans un grand bol, mélanger les petits suisses, la crème fraîche et le reste des grains de vanille.
Couper la pêche en fines tranches.
Répartir le mélange petits suisses-crème fraîche dans des verrines (4 dans mon cas), de préférence cylindriques et de même diamètre que les palets (ce dont je ne disposais pas, malheureusement) .
Poser un palet par-dessus (comme j'avais des galettes, qui sont plus fines, j'en ai mis deux par verrine).
Ajouter les pêches.
Verser le sirop refroidi.
Mettre au frais une heure au moins avant de déguster.

J'ai trouvé cette recette chez Fanny (Foodbeam), qui l'a elle-même dénichée dans Adventures of an Italian Food Lover de Faith Heller Willinger, et réinterprétée à sa façon. Ses sublimes photos m'ont donné envie de la reproduire à mon tour, mais j'ai un peu honte quand je vois mon résultat par rapport au sien (il faut dire que je n'ai pas été aussi rigoureuse, et que mes verrines n'allaient vraiment pas...). En même temps, si j'avais son talent, ça se saurait...
Une consolation tout de même : ça reste délicieux !