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jeudi 4 novembre 2010
vendredi 9 novembre 2007
De la dame verte aux chinois, en passant par Anthony Burgess et les deux Stanley
"Je veux voir la dame verte !"
C'est ce que la petite Nini m'a réclamé la dernière fois que nous nous sommes vues. Je ne me suis pas fait prier : j'ai mis le DVD et nous avons regardé, pour la énième fois, la "dame verte", et puis aussi "Mérinos", Good Morning, et bien sûr Singing in the rain. Devant le numéro de claquettes de Moses supposes, j'ai laissé échapper un "Ah ! c'est vraiment trop classe !", et Nini d'acquiescer : "Ah ouais ! c'est vraiment trop classe !"
Ca fait trois ans (Nini en a six) qu'on regarde et re-regarde inlassablement les mêmes scènes, bien qu'on les connaisse par coeur. J'adore ce film et partager ces moments avec elle est un vrai bonheur. Quand le film démarre, elle vient se blottir contre moi ou s'installer sur mes genoux : je sais alors qu'elle est bien.
Seulement, un soir, en zappant devant la télé, je suis tombée sur Orange mécanique, que je n'avais pas vu depuis au moins dix ans. Et j'ai redécouvert qu'Alex, le personnage principal, chantait Singing in the rain à plusieurs moments du film. HORREUR. Ca m'a dégoûtée, l'agression, la voix d'Alex, la grimace de l'écrivain... Les images m'ont hantée un certain temps (trop longtemps...) : quand j'entendais à nouveau la chanson, elle m'évoquait non plus Chantons sous la pluie, mais Orange mécanique. Rien que pour cette raison, je HAIS Stanley Kubrick. Je le hais, même s'il a fait Barry Lyndon. Je lui en veux à mort de m'avoir pourri cette chanson. Sauf que... il est déjà mort, en fait. Si mes souvenirs sont bons.
Et puis, j'ai eu un doute : et si je détestais la mauvaise personne ? Si ça se trouve, Kubrick n'y est pour rien, il n'a fait que reprendre cet élément dans le livre d'Anthony Burgess, hein...? Il fallait vérifier : autant déverser mon fiel sur la bonne personne.
Je n'ai pas ce livre, mais l'avantage, quand on passe ses journées à la BN, c'est que tous les ouvrages possibles et imaginables sont à portée de main. En l'occurrence, il me suffisait juste de me lever et d'aller chercher le livre dans les rayons, à quelques mètres de ma place puisque, ça tombait bien, j'étais dans la bonne salle ce jour-là.
Je me suis plongée dans le livre, à la recherche de la moindre trace de Singing in the rain. Et je n'ai rien trouvé : c'était donc bien une invention de Kubrick (je viens de me rendre compte que je me suis embêtée pour pas grand chose, qu'il suffisait d'aller sur Wikipédia pour avoir la réponse). En revanche, en parcourant le livre, j'ai découvert une langue qui m'a intriguée, fascinée. Au premier abord, cela paraissait incompréhensible, tous ces mots étranges, cet argot complètement inventé par Burgess. Puis j'ai commencé à comprendre un mot (viddy = see, du latin vidi ?), et prise au jeu, j'ai essayé de deviner la signification des autres mots que je rencontrais, les uns après les autres (itty = go ; malenky = little ; mesto = place ; litso = face ; veck = man, etc...). Cela m'a occupée deux bonnes heures, je crois. Evidemment, si j'avais été russophone, l'affaire aurait été bouclée en dix minutes. Mais l'exercice m'a amusée, j'ai ressenti le plaisir du linguiste qui découvre une langue inconnue et tente de la décoder (par contre, je n'ai pas réussi à comprendre la signification de l'expression "orange mécanique", malgré les explications de l'auteur lui-même - à ma décharge, c'était en anglais).
Au passage, j'ai fait une autre découverte : en fait, ce livre est drôle. D'une drôlerie assez réjouissante, alors que le film met mal à l'aise tellement il est glauque (et ne donne pas envie de lire le livre). Cela ne fait que confirmer ce que j'ai toujours pensé : les oeuvres littéraires sont infiniment supérieures à leur(s) adaptation(s) cinématographique(s).
Bref, tout est donc de la faute de Kubrick. CQFD. Je le déteste (même s'il est mort).
Pour en revenir à des choses plus terre à terre et plus intéressantes pour nos estomacs, j'ai fait pas mal de soupes la semaine dernière : butternut, brocoli, et même - horreur ! - une soupe "à tout". Je raffole des soupes, qu'elles soient à un légume, à deux légumes, ou à plein de légumes. Parce que les légumes, j'ai un peu de mal à les cuisiner, et c'est incontestablement en soupe que je les préfère. Quant aux soupes "à tout", je les affectionne pour ce goût indéfinissable qu'on obtient précisément par le mélange de plein de légumes et pas autrement. D'ailleurs, la soupe "à tout" est de couleur orange, oui, c'est comme ça.
Voilà, je voulais réhabiliter cette malheureuse soupe, pas vide-frigo, qui ne méritait pas une telle descente. J'espère simplement que cela ne me décrédibilise pas aux yeux d'une cuisinière et fin gourmet que j'admire beaucoup.
Je procède presque toujours de la même façon pour mes soupes aux légumes :
Je fais revenir l'oignon dans un peu d'huile.
J'ajoute les légumes coupés en petits morceaux, je couvre d'eau, j'ajoute la tablette de bouillon.
Je porte le tout à ébullition, puis je laisse cuire à feu doux jusqu'à ce que les légumes soient tendres (une vingtaine de minutes environ).
Je retire un peu de bouillon, je mixe.
J'ajoute alors lait concentré/fromage/crème, sel, poivre, herbes et je re-mixe un coup.
Pour la soupe "à tout", il faut :
550 g de courge muscade
10 carottes
1 blanc de poireau
2 tiges de céleri
3 pommes de terre
1 oignon
75 ml de lait concentré non sucré (= une petite boîte)
1 tablette de bouilllon de légumes (bio)
huile 4 graines
sel, poivre
un peu de ciboulette
Par définition, la soupe "à tout" est ouverte, tout légume est donc bienvenu...
Verdict : triple miam, mais pas sûre que les Mafalda apprécient.
Et pour le velouté de brocoli (la recette est plus ou moins celle de ce livre) :
1 brocoli
2 petites carottes
2 pommes de terre
1 oignon
1 tablette de bouillon de légumes (bio)
1 grosse c.s. de fromage frais
huile 4 graines
sel, poivre
Verdict : double miam ssi on aime le brocolis.
Une soupe donc, et un petit quelque chose pour l'accompagner, cela ma va parfaitement pour un repas disons raisonnable. Une tartine, un morceau de cake salé, ou comme cette fois-ci un chinois aux lardons et à l'emmental, qui a accompagné mes soupes tout au long de la semaine (et même des oeufs sur le plat, c'était simple mais divin...).
1 pâte à brioche (faite à la MAP, programme pâte seule, avec juste 1 c.c. de sucre, et sans sucre vanillé, mais évidemment, si vous avez votre propre recette, c'est aussi bien)
100 g de lardons
100 g d'emmental râpé
1 échalote hachée (facultatif)
Pendant la levée de la pâte à brioche, faire griller les lardons dans une petite poêle, avec l'échalote hachée. Egoutter sur du papier absorbant.
Quand la pâte est prête, préchauffer le four à 180 °C, sortir la pâte de la MAP, l'étaler en rectangle sur un plan de travail fariné (environ 30 x 40 cm).
Répartir l'emmental et les lardons sur la surface de la pâte en laissant une marge de 1-2 cm sur les bords.
Rouler la pâte, puis la couper en huit tranches.
Les disposer dans un moule à manqué beurré (ou en silicone).
Enfourner 30 minutes à 180 °C.
Déguster tiède (passer l'escargot 30 secondes au micro-ondes pour lui redonner du moelleux).
Enfin, comme il me restait de la crème mousseline de mon fraisier, j'en ai fait une crème d'amandes pour l'utiliser dans un chinois aux amandes et pépites de chocolat :

1 pâte à brioche
de la crème d'amandes (cette recette convient très bien, pour le reste aussi)
100 g de pépites de chocolat
La marche à suivre est la même que pour le chinois salé.
Curieusement, ce chinois est meilleur froid : chaud, il est trop écoeurant.
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Stanley Kubrick
jeudi 29 mars 2007
Ma MAP n'aime que le beurre d'Isigny
Depuis qu'on m'a offert une machine à pain pour mes 30 ans (une Moulinex Home Bread), j'ai testé quelques recettes de pain, pêchées ici ou là, sur le net ou dans le livre Pain maison de Cathy Itak (chez Marabout Chef). Avec plus ou moins de succès.
Ma plus belle réussite jusqu'à ce jour, c'est la brioche "inratable", dont la recette vient du site de Supertoinette (je ne retrouve plus le lien...). Inratable, oui. Mais à une condition : choisir le bon beurre. Car selon le beurre que j'utilise, je n'obtiens pas du tout le même résultat. Eh oui, ma MAP est très difficile : elle n'aime que le beurre d'Isigny.
Si je lui donne du beurre de Charentes-Poitou, même AOC, elle chipote un peu et me fait une brioche correcte, mais sans plus.
Si je lui donne du Noisy, comme je l'ai fait dimanche dernier parce que je n'avais que ça dans mon frigo ce jour-là, elle me dit : "Pouah ! Mais kessekcetruc ? Beurk, j'aime pas !" Dans ce cas-là, elle me fait une brioche toute raplapla qui ne lève pas, lourde et compacte.
En revanche, si je l'écoute et que je lui donne du bon beurre d'Isigny (Sainte-Mère, sa préférée, ou à défaut Monoprix), mademoiselle déploiera tout son savoir-faire pour me confectionner une brioche exquise à la mie légère et aérée, qui lève jusqu'au hublot. Et qui sera engloutie en moins de deux. Comme quoi, ma MAP est difficile mais pas ingrate. Je fais donc mon possible pour la satisfaire.
Le problème, c'est que je n'en trouve pas toujours, du beurre d'Isigny Sainte-Mère, quand je fais mes courses. Alors, dès qu'il y a un réapprovisionnement, je fais une razzia. C'est comme ça que je me retrouve avec je ne sais combien de plaquettes d'Isigny Sainte-Mère dans mon frigo. Sans compter les plaquettes de beurre "ordinaire", demi-sel... On pourrait croire en voyant mon frigo que je me shoote au beurre...
Brioche inratable (pour MAP Moulinex)
165 ml de lait
3 jaunes d'oeufs
1 c.c. de sel
375 g de farine T55 (ou 45)
2 c.s. de sucre
2 sachets de sucre vanillé
85 g de beurre ramolli
1 sachet de levure (Briochin)
Si le lait et les oeufs sortent du frigo, comme c'est le cas pour moi, mettre les jaunes et le lait dans un petit récipient et faire tiédir 30 secondes au micro-ondes à puissance minimale (mais pas décongélation). En tout cas, ça ne doit surtout pas être froid.
Mettre dans la cuve.
Ajouter les autres ingrédients dans l'ordre donné ci-dessus, la levure en dernier puisqu'elle ne doit pas entrer en contact avec le sel.
Démarrer la MAP en programme 1, dorage 1, 500 g (ou 750 g, ça marche aussi).
Pendant la phase de pétrissage, ne pas hésiter à "nettoyer" les coins et les parois de la cuve avec une spatule, afin que toute la farine soit bien incorporée.
Cette recette est certainement applicable avec les autres MAP, en changeant (éventuellement) l'ordre des ingrédients, et en choisissant le programme adéquat.
Une petite dernière :
samedi 17 mars 2007
Tartine (50%) irlandaise
Pour fêter la Saint Patrick, j'ai décidé de me faire une tartine irlandaise, tout simplement. En souvenir de mes séjours en Irlande, où je me régalais de tartines de soda bread et de Dairygold au petit déjeuner.
Le soda bread (pain au bicarbonate, mais on va garder la V.O. qui est moins barbare) est un pain qui a pour particularité de ne pas contenir de levure et qui n'a pas besoin de temps de repos. Donc très rapide à faire. Il se caractérise par la présence de deux ingrédients en particulier : le babeurre (buttermilk) et le bicarbonate de soude (baking soda) ; c'est d'ailleurs l'association de ces deux ingrédients qui remplace la levure et permet au pain de lever à la cuisson. C'est un pain à la mie très dense, et friable, presque à la consistance de gâteau, et ça, j'adore. Il a un goût assez riche, assez particulier, qui est dû au babeurre, je pense. Mais il faut vraiment le goûter pour se faire une idée. En ce qui me concerne, j'envisage d'adhérer au club des amoureux du soda bread ;-)
J'ai fait mon soda bread avec les moyens du bord : du lait fermenté (Yorik) au lieu du babeurre (c'est quoi la différence ?). Et puis, je ne l'ai pas façonné en boule, mais je l'ai fait cuire dans un moule à cake, parce que je le préfère en longueur.
Il me manque l'autre ingrédient pour une tartine 100% irlandaise : le Dairygold (c'est le nom de la marque). C'est une sorte de margarine, un peu salée. Sur du soda bread, c'est vraiment délicieux. Ces tartines soda bread-Dairygold font partie de mes péchés mignons. Le problème, c'est qu'on n'en trouve pas à Paris, du moins à ma connaissance. Mais, si tout se passe bien, on devrait m'en rapporter d'Irlande bientôt... En attendant, je savoure mon soda bread tartiné de beurre, tout simplement.
Irish Soda bread
250 g de farine T55
250 g de farine complète
1 1/2 c.c. de bicarbonate de soude
1 c.c. de sel
35 cl de lait fermenté (Yorik)
Préchauffer le four à 200 °C.
Dans un grand saladier, mélanger les ingrédients secs.
Creuser un puits, ajouter le lait fermenté et mélanger. Si le mélange est trop sec, ajouter un peu de lait fermenté.
Fariner le plan de travail, et pétrir qq minutes.
Ensuite : soit façonner en boule ; soit façonner en longueur et mettre dans un moule à cake tapissé de papier sulfurisé. Saupoudrer un peu de farine sur le dessus.
Enfourner à 200 °C pendant 35-40 minutes.
Quand le pain est cuit (il doit sonner creux), l'envelopper dans un linge humide et attendre qu'il refroidisse.
Rosa Yummy Yums a aussi fait du soda bread pour la Saint Patrick ! Pour un historique de ce pain, allez voir sur son blog.
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