Affichage des articles dont le libellé est Nagoya. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Nagoya. Afficher tous les articles

lundi 24 août 2009

Fin du voyage : la frayeur de ma vie, des sushi (encore !) et des livres



Voilà, le voyage touche à sa fin.

Le dernier matin à Kyoto, nous décidons de retourner au bord de la rivière Kamo, après un ravitaillement au combini pour un petit déjeuner bis :-)



Mais voilà, en arrivant, nous découvrons une autre atmosphère que celle que nous avons connue jusque-là : des corbeaux et des rapaces rôdent dans le ciel. Je ne suis pas très rassurée.
Après une longue hésitation, nous finissons par nous asseoir sur la berge, mais je n'ose pas ouvrir le sachet contenant ma brioche aux azuki, de peur d'attirer les rapaces. Je la pose sur mon sac, juste devant moi, que j'oublie de fermer.

A peine quelques minutes plus tard, alors que j'ai la tête ailleurs, un rapace plonge sur mon sac et tente d'attraper ma brioche. A quelques centimètres de moi. Je pousse un HURLEMENT. Nous décampons aussitôt.
Purée, on se croirait dans un film d'Hitchcock.

Ma brioche sera dévorée plus tard, quelques arrêts de bus plus loin.



Je comprends pourquoi on a voulu me la piquer.

Et puis, les choses s'enchaînent très vite.

Nous reprenons le Shinkansen pour la dernière fois, direction Nagoya.



Le soir même, monsieur N. nous emmène au kaitenzushi (sans savoir que nous avons déjà expérimenté la chose à Kyoto). C'est un peu l'usine, mais il nous explique que ce type de restaurant est très très populaire, vu le prix de l'assiette (100 yen, c'est-à-dire 80 cts d'euros pour deux sushi). Les gens s'y bousculent. Beaucoup sont même prêts à faire la queue pendant des heures pour obtenir une table.
L'ambiance est chaleureuse, les assiettes vides s'empilent allègrement sur la table, le thé vert (gratuit) coule à flots. Nous passons une excellente soirée avec la famille N.







Le lendemain, ultime repas au Japon, dans un restaurant spécialisé dans le tonkatsu et autres choses panées, dont les Japonais sont très friands. On nous sert un plateau très généreusement garni : une soupe miso, un bloc de tofu froid (exquis), des pickles, riz et chou à volonté. Décadent mais délicieux.



Rassasiés, repus, nous prenons la route pour l'aéroport. C'est là que le voyage se termine.

******

Voilà. Je n'ai pas tout raconté, mais il est temps que je referme la parenthèse nippone. J'espère que vous n'avez pas trouvé ça trop long. En tout cas, en rédigeant ces billets, j'ai eu comme l'impression de revivre le voyage, et ça, c'était cool.

Depuis mon retour, je prolonge le voyage avec quelques lectures :



Tokyo Sanpo de Florent Chavouet
Un livre qu'on ne présente plus. Les dessins au crayon de couleur de Florent Chavouet sont d'une drôlerie... et d'une précision démente. J'ai adoré feuilleter ce livre avant de partir au Japon, mais je dois dire qu'après le voyage, c'est encore meilleur ! Au fait, l'ami Florent a un site : c'est par ici.




Japonais d'Emmanuel Guibert
Un magnifique (et épais !) recueil de dessins, peintures, collages, griffonnages d'un artiste en résidence au Japon pendant plusieurs mois. Fascinant.




Sumimasen d'Isabelle Boinot
Un SUBLIME carnet de voyage plein de fantaisie, fait de dessins, de collages, dont on peut admirer quelques pages ici. On aimerait tant pouvoir faire pareil...




Le gourmet solitaire de Jirô Taniguchi et Masayuki Kusumi
Les pérégrinations gastronomiques d'un homme solitaire, qui ne pense qu'à manger, un personnage auquel je peux tout à fait m'identifier :-)




La course au mouton sauvage de Haruki Murakami
Un univers étrange et déroutant que je découvre en ce moment. Il est trop tôt pour que je puisse en dire quoi que ce soit...

Sinon, j'aimerais bien mettre la main sur ce livre aussi (il faudrait que je daigne me déplacer jusqu'à la Cocotte...).



Pour vous dire la vérité, la saga japonaise n'est pas complètement finie. Il y a encore un petit bonus :-)
A suivre...

jeudi 23 juillet 2009

Une famille à Nagoya



Un jour, à la fin des années 80, une Japonaise débarqua à la maison. Elle était réservée, timide, douce et n'avait pas vingt ans. Elle était venue à Paris pour apprendre le français.
On lui donna mon lit, et pendant plusieurs mois - jusqu'au déménagement dans un pavillon -, j'occupai le canapé du salon.
J'avais onze ou douze ans ans à l'époque. Je savais peu de choses sur elle, sinon qu'elle venait de Nagoya, qu'elle avait quatre soeurs (elle était la deuxième), et que nos pères respectifs avaient été apprentis cuisiniers ensemble à Hong Kong. Timides toutes les deux, nous communiquions peu, nos vies se croisaient mais ne se mêlaient pas.
L'été qui suivit, elle retourna voir sa famille au Japon, avec mon petit frère et moi dans ses valises. C'est ainsi que Didi Mango et moi passâmes un mois dans la banlieue de Nagoya.
Durant ces quelques semaines, nous vîmes le Mont Fuji et visitâmes Tokyo Disneyland sous la pluie, un imperméable en plastique transparent sur le dos. Nous prîmes un coup de soleil monumental dans une sorte d'Aquaboulevard en plein air et vîmes l'Allemagne remporter la coupe du monde de football.
Nous nous régalâmes des kaitenzushi, des steaks de Bronco Billy et des bâtonnets glacés aux azukis qu'il fallait aller chercher à bicyclette. Il y eut aussi les délicieuses brochettes dégustées lors des fêtes estivales, au bord de l'eau.
Tandis que mon frère découvrait la Game Boy et la (Super ?) Famicom, qui n'existaient pas en France, je lus Au bonheur des dames deux fois.
Je m'enthousiasmai pour un générique de dessin animé - que je finis par connaître par coeur - et découvris Yesterday once more des Carpenters, un morceau très apprécié de la famille N.
Et puis surtout, nous fîmes connaissance avec la famille N.
Le papa et la maman, extrêmement attentionnés à notre égard.
Les soeurs, toutes différentes et toutes attachantes. Une aînée joyeuse et exhubérante. Une première cadette réservée (celle qui apprenait le français, donc), une deuxième cadette intelligente et douée, une troisième cadette particulièrement attentionnée, et une benjamine gaie et joueuse (et parfois boudeuse aussi).

Je fus très émue de les revoir, presque vingt ans après. De découvrir leurs familles, leurs maris, leurs petits.
La benjamine, partie faire sa vie à Shizuoka, se mariait début mai. Ce mariage fut le prétexte et le point de départ de notre voyage au Japon.

(Prochain épisode : le mariage)