jeudi 23 juillet 2009

Une famille à Nagoya



Un jour, à la fin des années 80, une Japonaise débarqua à la maison. Elle était réservée, timide, douce et n'avait pas vingt ans. Elle était venue à Paris pour apprendre le français.
On lui donna mon lit, et pendant plusieurs mois - jusqu'au déménagement dans un pavillon -, j'occupai le canapé du salon.
J'avais onze ou douze ans ans à l'époque. Je savais peu de choses sur elle, sinon qu'elle venait de Nagoya, qu'elle avait quatre soeurs (elle était la deuxième), et que nos pères respectifs avaient été apprentis cuisiniers ensemble à Hong Kong. Timides toutes les deux, nous communiquions peu, nos vies se croisaient mais ne se mêlaient pas.
L'été qui suivit, elle retourna voir sa famille au Japon, avec mon petit frère et moi dans ses valises. C'est ainsi que Didi Mango et moi passâmes un mois dans la banlieue de Nagoya.
Durant ces quelques semaines, nous vîmes le Mont Fuji et visitâmes Tokyo Disneyland sous la pluie, un imperméable en plastique transparent sur le dos. Nous prîmes un coup de soleil monumental dans une sorte d'Aquaboulevard en plein air et vîmes l'Allemagne remporter la coupe du monde de football.
Nous nous régalâmes des kaitenzushi, des steaks de Bronco Billy et des bâtonnets glacés aux azukis qu'il fallait aller chercher à bicyclette. Il y eut aussi les délicieuses brochettes dégustées lors des fêtes estivales, au bord de l'eau.
Tandis que mon frère découvrait la Game Boy et la (Super ?) Famicom, qui n'existaient pas en France, je lus Au bonheur des dames deux fois.
Je m'enthousiasmai pour un générique de dessin animé - que je finis par connaître par coeur - et découvris Yesterday once more des Carpenters, un morceau très apprécié de la famille N.
Et puis surtout, nous fîmes connaissance avec la famille N.
Le papa et la maman, extrêmement attentionnés à notre égard.
Les soeurs, toutes différentes et toutes attachantes. Une aînée joyeuse et exhubérante. Une première cadette réservée (celle qui apprenait le français, donc), une deuxième cadette intelligente et douée, une troisième cadette particulièrement attentionnée, et une benjamine gaie et joueuse (et parfois boudeuse aussi).

Je fus très émue de les revoir, presque vingt ans après. De découvrir leurs familles, leurs maris, leurs petits.
La benjamine, partie faire sa vie à Shizuoka, se mariait début mai. Ce mariage fut le prétexte et le point de départ de notre voyage au Japon.

(Prochain épisode : le mariage)

5 commentaires:

flo et mimolette a dit…

quelle jolie histoire...merci de partager cela avec nous aussi ;-)
flo et mimolette

Caroline a dit…

Félicitations pour ce blog que j'aime particulièrement.
Des moments et des rêves qui me touchent et me rappellent parfois les miens.
Merci !
Caro

chapot a dit…

Quel joli voyage dans le temps et au Japon, merci de nous les faire partager

clotilde a dit…

Par une coïncidence assez étrange, j'avais moi-même une correspondante taiwanaise qui avait séjourné chez nous lorsque j'étais adolescente, et elle a-do-rait cette même chanson des Carpenters, qui faisait partie de celles qu'on écoutait l'été en voiture. Merci de m'avoir rappelé ce souvenir loitain !

loukoum°°° a dit…

Ah c'est tellement chouette de te lire... je vais dévorer les épisodes à venir!