samedi 25 juillet 2009

Tokyo (1) : Histoires d'eau



Deux jours après le mariage, mon poulet et moi prîmes le train pour Tokyo. A la gare de Nagoya, je découvris avec ravissement les kiosques à bento - mais il était trop tôt pour en prendre un, et de toute façon, j'avais mon petit déjeuner dans le sac - et le Shinkansen, un train beau et spacieux, tellement spacieux que l'on peut y allonger ses jambes sans toucher le siège de devant. Un train dans lequel on peut choisir entre trois sortes de toilettes : "Japanese style" (= à la turque), "Western style" (= normales) et "Gentlemen" (= urinoir).
Une fois installés à nos places, nous prîmes tranquillement notre petit déjeuner, et deux heures plus tard, nous étions à Tokyo.















Notre destination était le quartier d'Ichigaya, où les amis d'une amie avaient un appartement et avaient gentiment proposé de nous héberger. Il nous fallut demander notre chemin à plusieurs reprises avant de trouver la localisation de l'appartement - le système d'adresse au Japon est d'une complexité sans nom. Mais j'ai adoré découvrir le bassin de pêcheurs en arrivant à la gare d'Ichigaya.








Après un accueil très chaleureux, un verre d'umeshu on the rocks et un grand plateau de sushi, nous partîmes pour notre première visite : le Meiji Jingu, un sanctuaire shintoïste. La pluie timide du matin se transforma en averse, et ne nous quitta quasiment plus de tout le séjour.
La visite du Meiji Jingu se fit dans une atmosphère sombre et crépusculaire. Je fus extrêmement émue à la vision des tablettes votives (ema) accrochées sous les arbres. Et intriguée par le mariage qui avait lieu au moment où nous visitions l'intérieur du sanctuaire...









En sortant du Meiji Jingu, nous descendîmes l'avenue Omotesando, toujours sous une pluie battante. Dans la Takeshita Dori, réputée pour sa faune excentrique et colorée, nous ne vîmes pas grand chose...





Les jours suivants, nous parcourûmes Tokyo sous des trombes d'eau. Ginza, Shibuya, Shinjuku... Le plaisir de découvrir ces quartiers en fut quelque peu gâché... Je pris froid (mais pourquoi ai-je laissé mon trench à Nagoya ???). Mais heureusement, le soir, nous retrouvions l'appartement chaleureux de nos nouveaux amis et dînions en leur compagnie. Un vrai réconfort.

















La seule chose positive que je retiens, c'est la découverte du dispositif mis en place devant les magasins les jours de pluie. Car il n'est évidemment pas question de salir le sol avec son parapluie tout dégoulinant.





Encore mieux :









Ils ont même pensé au protège-sac pour vos achats : ainsi, votre sac n'est pas abîmé par la pluie, et le nom de l'enseigne reste bien visible.



(Prochain épisode : ce qu'on fait quand il pleut)

jeudi 23 juillet 2009

Un mariage à Shizuoka



Nous sommes arrivés à Shizuoka en minibus, la veille de la cérémonie. Des chambres d'hôtel avaient été réservées pour nous, chambres dans lesquelles nous eûmes tout le loisir d'observer TOTO et d'expérimenter ses fonctionnalités (mais je vous en reparlerai).

Ce soir-là, la famille N. se réunit au restaurant pour un barbecue de folie.









Le matin du mariage, quartier libre. Promenade dans les ruelles calmes de Shizuoka et petit déjeuner dans un combini près de la gare (c'est là que j'ai déniché le dorayaki le plus généreux du monde, vous vous souvenez ?).








(Oui, je peux manger des inarizushi au petit déjeuner :-))


(Je précise que je n'ai pas mangé le dorayaki le jour même. Je suis gloutonne mais j'ai aussi mes limites)

Et puis, le mariage.
Un château à la Disneyland regroupant l'église, le jardin pour les photos, et la salle de réception.
Une cérémonie (pseudo) religieuse célébrée par un prêtre aux allures de gourou.
Une succession de rituels un peu kitsch.
Mais surtout un sens de l'organisation et du timing époustouflant.

En quelques heures, le mariage est bouclé. Vers 17h30, chacun rentre chez soi, avec ses petits chocolats et sa bouteille de shochu - sauf mon poulet et moi : nos bouteilles, pourtant étiquetées à notre nom, furent subtilisées par nos commensales, des dames d'un âge respectable...


















(Le coeur est en fait un récipient dans lequel les mariés ont versé un liquide rose phosphorescent. So cute...)






(Les emplettes à Hong Kong ne furent pas inutiles)

(Prochain épisode : trois jours à Tokyo)

Une famille à Nagoya



Un jour, à la fin des années 80, une Japonaise débarqua à la maison. Elle était réservée, timide, douce et n'avait pas vingt ans. Elle était venue à Paris pour apprendre le français.
On lui donna mon lit, et pendant plusieurs mois - jusqu'au déménagement dans un pavillon -, j'occupai le canapé du salon.
J'avais onze ou douze ans ans à l'époque. Je savais peu de choses sur elle, sinon qu'elle venait de Nagoya, qu'elle avait quatre soeurs (elle était la deuxième), et que nos pères respectifs avaient été apprentis cuisiniers ensemble à Hong Kong. Timides toutes les deux, nous communiquions peu, nos vies se croisaient mais ne se mêlaient pas.
L'été qui suivit, elle retourna voir sa famille au Japon, avec mon petit frère et moi dans ses valises. C'est ainsi que Didi Mango et moi passâmes un mois dans la banlieue de Nagoya.
Durant ces quelques semaines, nous vîmes le Mont Fuji et visitâmes Tokyo Disneyland sous la pluie, un imperméable en plastique transparent sur le dos. Nous prîmes un coup de soleil monumental dans une sorte d'Aquaboulevard en plein air et vîmes l'Allemagne remporter la coupe du monde de football.
Nous nous régalâmes des kaitenzushi, des steaks de Bronco Billy et des bâtonnets glacés aux azukis qu'il fallait aller chercher à bicyclette. Il y eut aussi les délicieuses brochettes dégustées lors des fêtes estivales, au bord de l'eau.
Tandis que mon frère découvrait la Game Boy et la (Super ?) Famicom, qui n'existaient pas en France, je lus Au bonheur des dames deux fois.
Je m'enthousiasmai pour un générique de dessin animé - que je finis par connaître par coeur - et découvris Yesterday once more des Carpenters, un morceau très apprécié de la famille N.
Et puis surtout, nous fîmes connaissance avec la famille N.
Le papa et la maman, extrêmement attentionnés à notre égard.
Les soeurs, toutes différentes et toutes attachantes. Une aînée joyeuse et exhubérante. Une première cadette réservée (celle qui apprenait le français, donc), une deuxième cadette intelligente et douée, une troisième cadette particulièrement attentionnée, et une benjamine gaie et joueuse (et parfois boudeuse aussi).

Je fus très émue de les revoir, presque vingt ans après. De découvrir leurs familles, leurs maris, leurs petits.
La benjamine, partie faire sa vie à Shizuoka, se mariait début mai. Ce mariage fut le prétexte et le point de départ de notre voyage au Japon.

(Prochain épisode : le mariage)

samedi 4 juillet 2009

Les propos et les repas décousus



Il aura fallu attendre six mois pour commencer à habiller les murs, pour s'occuper du balcon...
Il aura fallu attendre des mois pour que le placard à chaussures soit enfin rangé, boîtes étiquetées avec nom et dessin de chaque modèle (je n'en suis pas peu fière :-))... Des mois pour que les choses commencent à trouver leur place... et ce n'est pas encore fini...










Après avoir mangé des dizaines de kilos de pommes, poires et oranges pendant des mois, c'est avec ravissement que nous retrouvons les fruits rouges dont nous raffolons tant. Cette addiction me conduira à la ruine. Une seule solution : aller m'approvisionner dans le jardin des Kriskou.
A propos de fruits rouges, j'aimerais savoir pourquoi ils ne sont pas vendus dans ces si jolies barquettes bleues (que l'on voit sur tant de blogs anglo-saxons) plutôt que dans ces moches trucs en carton ou en plastoc... A croire que les Anglo-Saxons ont un sens du packaging (ou tout simplement un sens esthétique ?) plus aiguisé que le nôtre...






Elle était venue en février 2007 nous présenter un album enchanteur. Depuis, son talent ne s'est pas démenti, et le nouvel opus contient lui aussi de véritables perles...
Dans la fournaise du Bataclan, je me suis retrouvée à l'état liquide (j'ai pu constater que le corps humain est principalement composé d'eau) : à la sueur ruisselante se sont mêlées des larmes d'émotion... J'ai revu l'été 2006 et ses températures caniculaires, la torpeur des après-midis passés en position allongée devant un ventilateur, les atermoiements dus à la thèse, le frisson à la découverte de Regina, les douches glacées et le t-shirt mouillé qui a finalement pris le relais du ventilateur (méthode TRES efficace et parfaitement écologique)...








Et puis, ces derniers temps, des repas aussi décousus que mes propos... Des repas où se croisent des mets du monde entier. L'autre jour, à notre table, il y eut la rencontre d'un taboulé libanais et d'un ceviche péruvien (mais certains d'entre vous le savent déjà : je ne SAIS PAS composer un menu)... Des plats qui ont tout de même un dénominateur commun : la fraîcheur !

Taboulé libanais selon Sahten



pour 4 à 6 personnes

1 botte de persil plat
1 botte de menthe
1 botte de ciboulette
quelques feuilles de laitue (pas mis ici)
1 poignée de boulgour
3-4 tomates, pelées
2 citrons
huile d'olive
sel

Hacher finement les herbes, la laitue et les tomates.
Ajouter le boulgour (préalablement laissé à tremper dans de l'eau, contrairement aux instructions de Sahten).
Ajouter le jus de citron, arroser d'huile d'olive, saler et mélanger le tout.

On peut aussi ajouter un petit oignon ou une échalote finement hachée.


Ceviche péruvien (extrait de Petits larcins culinaires de Claude Deloffre)



pour 3-4 personnes

500 g de filet de cabillaud (ou lieu noir, perche, daurade...)
1/2 oignon
2 gousses d'ail
1 poignée de persil plat (ou frisé, ça va aussi)
1 poignée de coriandre
2 citrons (jaunes ou verts)
1 c.c. d'huile de tournesol
1 pincée de cumin
1 pincée de piment
sel et poivre

Couper le poisson en petits morceaux.
Hacher l'oignon, l'ail et les herbes.
Dans un saladier, mélanger le tout avec le poisson.
Arroser de jus de citron.
Saler, poivrer, ajouter cumin et piment.
Bien mélanger, puis mettre au frais immédiatement.
Laisser mariner entre 1 et 4 heures (personnellement, je préfère 1h).

La prochaine fois, promis, je vous parlerai d'une famille japonaise.