samedi 30 juin 2007

Lili Marleen sur la Place des Vosges et salade de lentilles au saumon fumé




Je vous parlerais bien encore de Gettysburg, et du frisson qu'il me procure encore au bout de la 359ème écoute, mais vous n'avez sans doute pas envie de cela...

Il y a une semaine, j'avais un rendez-vous dans le Marais. Comme j'étais en avance d'une bonne demi-heure et qu'il faisait un temps radieux, j'ai déambulé dans le quartier, le casque sur les oreilles (inutile, je pense, de vous dire ce que j'écoutais à ce moment-là), et mes pas m'ont conduite au square de la Place des Vosges. Il y avait foule sur les pelouses : groupes d'amis assis en cercle, amoureux allongés en forme de T (la tête de l'un reposant sur le ventre de l'autre), ou solitaires, comme cet homme chauve qui savourait un cigare au soleil. Il y avait foule donc sur les pelouses, mais aussi autour et dans les bacs à sable. En passant près des bacs à sable justement, j'ai repensé à ce jour lointain de juin... 2000 ? 2001 ? bref, cette époque bénie d'avant-thèse où je pouvais errer à loisir dans Paris sans une once de culpabilité, j'ai repensé à ce jour, donc, où j'étais venue ressasser un tas de choses (heureuses et moins heureuses) dans ce square. Je m'étais installée sur un banc, près des bacs à sable, et tandis que je regardais les enfants jouer, mes pensées étaient parties loin, bien loin de là. Jusqu'au moment où j'ai remarqué cette femme, assise sur un banc, de l'autre côté du bac à sable. Une femme plus très jeune, aux traits fatigués, que j'ai mis du temps à reconnaître... mais oui, c'était bien elle : Hanna Schygulla, que j'avais découverte dans les films de Rainer Werner Fassbinder lors de mes premières années d'études.
Elle était donc là, devant moi. Dans une tenue peu élégante : débardeur flottant, longue jupe de gitane et les cheveux rentrés dans une espèce de turban. Elle était aussi flanquée d'un caddie de grand-mère. Pourtant... Je l'ai observée avec attention quand elle s'est levée pour partir, c'est avec une grâce infinie qu'elle a parcouru les quelques mètres la séparant de la sortie du square. Majestueuse, malgré le turban, la tenue de gitane et le caddie. Je suis restée bouche bée devant tant de classe.

La salade qui suit me fait un peu penser à Hanna Schygulla. Pas particulièrement séduisante au premier abord (vous savez, le caddie, tout ça...), mais très classe sous certains aspects, par exemple lorsqu'on en prélève une cuillérée. On dirait presque du caviar (enfin, je crois, je n'en ai jamais vu en vrai...).

Salade de lentilles vertes au saumon fumé


pour 2 personnes

1 verre de lentilles vertes du Puy
2 tranches de saumon fumé
1 échalote
qq brins de ciboulette
1 bonne c.s. de moutarde à l'ancienne
1/2 c.s. de vinaigre (aromatisé) à la noix
1 c.s. d'huile aux 4 graines (Monoprix)
sel
et poivre

Cuire les lentilles selon les indications données sur le paquet (une vingtaine de minutes environ).
Egoutter et laisser refroidir.
Hacher l'échalote, ciseler la ciboulette et couper le saumon en tout petits morceaux.
Mélanger la moutarde, le vinaigre et l'huile avec les lentilles.
Ajouter le saumon, l'échalote et la ciboulette.
Saler, poivrer et bien mélanger.

16 commentaires:

Marmitedecathy a dit…

Ton histoire me plait beaucoup, c'est le genre de rencontre qui me laisse de bonne humeur pour longtemps, pour la salde de lentilles je suis aussi sous le charme ! (moi c'est Spektor que j'écoute en boucle, car à une plouc de ma connaissance ;-))

Lisanka a dit…

Joli récit pour jolie salade!

Rosa's Yummy Yums a dit…

Une belle histoire...

Ta salade de lentilles me plaît tout particulièrement avec son saumon fumé!

Alhya a dit…

une ou deux phrases me percutent particulièrment, outre le magnifique rendu de cette rencontre improvisée. Le coup de l'insouciance d'avant thèse.. oh que tu as raison... oh que c'était doux.. oh que j'ai hâte que ça revienne! et attendant, cette salade de lentilles me parle, en plus, pleine de bons éléments pour aider à travailler ;-)

Papilles et Pupilles a dit…

Jolie histoire :)
Il y a qques mois j'avais essayé une terrine lentilles/saumon. J avais bien aimé l'alliance des 2 alors ta salade me tente beaucoup

stef a dit…

très belle histoire pour une très belle salade.

Lauriana a dit…

Quelle délicate salade, elle me tente terriblement!

mimosa a dit…

tu présentes ta recette d'une belle façon, ça donne envie d'y goûter!

Gracianne a dit…

La salade est délicieuse, l'anecdote superbement écrite, j'adore ta musique. Tou va bien...
J'aime aller regarder les gens sur la Place des Vosges et dans les jardins de l'hotel de Sully. On devrait aller se prendre un sandwich fallafel à l'As du fallafel un de ces jours.
Ta salade, je vais l'essayer. Le caviar, je n'en ai mangé qu'une fois, et j'en voudrais encore, et encore.

Clea a dit…

Je suis fan de ce genre de salades.

bergeou a dit…

J'aime beaucoup ta façon de raconter les histoires, et j'dore les lentilles en salade !

Sonia a dit…

Belle recette. J'aime beaucoup Hanna Schygulla. Je l'ai entendue une fois à la cité de la musique, il y a des années. Elle chantait Brecht...

eva a dit…

Jolie recette pour une jolie rencontre ...

Grand Chef a dit…

Je vois pas ce que tu as contre les gens qui ont des caddies de grand-mère, je trouve pas ça négligé, moi, du tout. Et cette salade, je la connais et je l'adore, et elle est pas négligée non plus! :o)

Je veux dire, c'est bien pratique, ces caddies, pour emmener l'eau, les affaires de bébé, le seau et les pelles, le goûter et le vin en passant chez le caviste et tout. Bien pratique.

la sieste a dit…

j'adore la salade de lentilles,c'est trop bon! et c'est vrai que j'ai déjà entendu plein de gens dire que les lentilles, ce n'était pas trop classe, donc, je saisis bien ta comparaison. C'est pour les initiés quoi!

Suiksuik a dit…

je n'ai jamais testé mais cela ne saurait tarder :-)