samedi 14 mars 2009

Rencontres du troisième type (et bo bun improvisé)



Ce jour-là, il y avait une légère bruine. Le ciel était d'un gris à pleurer.
J'ai trouvé refuge au musée Cernuschi, où j'ai fait de sympathiques rencontres*.




(Pourquoi ne joue-t-elle pas avec les autres ? Pourquoi reste-t-elle ainsi, à ne rien faire ? A-t-elle décidé de faire grève ? L'attitude de cette demoiselle m'a troublée, et je m'interroge encore...)















Un autre jour, après avoir joué au guide dans le Chinatown parisien, je suis rentrée avec les ingrédients qu'il me manquait pour faire un bo bun. C'était un dimanche, et ce soir-là, j'ai transformé la cuisine en champ de bataille.
Claire, cette recette est pour toi :-)

Freestyle Bo bun** (inspiré d'ici et de )
(ceci n'est pas une recette chinoise)


(j'ai oublié les cacahuètes !)

pour 2 personnes

200 g de vermicelles de riz
150 g de pavé de rumsteak (ou de bavette), découpé en fines tranches
4-5 nems
1 carotte, râpée
quelques feuilles de salade, découpées en lanières
quelques feuilles de coriandre et de menthe, ciselées
une petite poignée de cacahuètes non salées (ou noix de cajou), hachées

Pour la marinade :
2 c.s. de sauce soja (Kikkoman)
1 c.s. de sauce d'huître
2 c.c. de sucre
1 gousse d'ail, aplatie au hachoir
1/2 tige de citronnelle finement ciselée

Pour la sauce :
3 c.s. de sauce poisson
3 c.s. de vinaigre de riz
2 c.s. d'eau
jus d'1/2 citron vert
2 c.c. de sucre

Mélanger les ingrédients de la marinade et y faire mariner les tranches de boeuf (pour faire des tranches bien nettes, couper la viande lorsqu'elle est encore à moitié congelée).
Mélanger les ingrédients pour la sauce, et réserver.
Préparer les vermicelles de riz selon les indications données sur le paquet. Les égoutter, les rincer abondamment à l'eau froide, et les disposer au fond d'un grand bol ou d'une assiette creuse.
Faire frire les nems et les couper en 3 tronçons chacun.
Ajouter la salade et la carotte râpée sur les vermicelles, et disposer les tronçons de nems sur le pourtour.
Faire chauffer un peu d'huile dans une poêle et y faire cuire la viande à feu vif, très rapidement. Ajouter la viande au reste.
Parsemer de menthe, de coriandre et de cacahuètes, et enfin arroser de sauce.

C'était tellement bon que j'ai remis ça le lendemain midi. Et personne ne s'en est plaint.




* Les photos (sans flash) sont autorisées dans la collection permanente du musée.
** Il ne s'agit pas d'une recette authentique (je ne suis pas vietnamienne), mais d'une interprétation personnelle.

samedi 7 mars 2009

Monomanie en rouge (red bean paste & ice cream)



La blogomiam est peuplée de malades mentaux.

Il y a les monomaniaques du cheesecake, les foldingos du parmesan, les obsédées du pain de mie parfait, les siphonnées du pandan, les acharnées du kouign amann (zut, c'est la même ;-)), les excitées de la marmelade aux agrumes.
Il y a aussi les accros aux petits biscuits, les toquées du gnocchi, les barrées du levain, les fous furieux du cupcake, les psychorigides de la tarte au citron, les collectionneuses de recettes inavouables, et J'EN OUBLIE.

Je vous rassure : moi aussi, je suis gravement atteinte.
Ma pathologie à moi ?
Je suis une malade mentale du haricot rouge.

Je me suis enfin lancée dans la purée de haricots rouges maison. Parce que bon... la purée de haricots rouges japonaise, c'est un peu ruineux quand même.
Comme je le pressentais, la préparation est TRES longue, mais cela représente en fait TRES PEU de travail. Juste de la patience et un peu de surveillance.

Et puis, une fois que l'on a deux pots de dou sha, on peut jeter son dévolu sur ces recettes. Ou bien se bricoler une petite glace aux haricots rouges, chose quasi introuvable en terre occidentale - à mon grand regret. Sinon, j'imagine bien cette purée tartinée sur une tranche de brioche.

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Purée de haricots rouges (hong dou sha)



pour environ 720 g de purée (= 2 pots de confiture)

250 g de haricots rouges (azuki) (= 500 g après trempage)
200 g de sucre de canne en cristaux (bing tang, photos ici)
45 cl d'eau

Faire tremper les haricots durant une nuit.
Le lendemain, égoutter les haricots, les mettre dans une casserole avec le sucre et l'eau.
Porter à ébullition.
Couvrir et laisser cuire à feu doux pendant 2h30 au moins (surveiller la cuisson de temps de temps, vérifier qu'il reste de l'eau, mélanger un coup).
Une fois que les haricots sont bien cuits, mixer.
Rajouter éventuellement de l'eau (bouillante) pour détendre la purée si elle est trop épaisse et compacte.
Laisser refroidir et mettre en pots.

Cette purée se conserve une bonne semaine au réfrigérateur.



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Glace aux haricots rouges, from scratch (sans sorbetière)



200 g de purée de haricots rouges
100 g de crème végétale, de soja en l'occurrence (type Biosoy)
25 g de sirop d'agave
1 jaune d'oeuf

Fouetter la purée de haricots rouges avec la crème.
Ajouter le jaune d'oeuf et le sirop d'agave, et mélanger.
Verser le mélange dans un tupperware, fermer et laisser prendre au congélateur, en mélangeant de temps en temps.
Sortir la glace une dizaine de minutes avant de consommer.

Je n'ai pas testé la chose avec une sorbetière, mais je suis sûre que le résultat serait encore meilleur.

samedi 28 février 2009

Deux ans après : leçon de dou sha bao (豆沙包)


(photo inspirée par Loukoum°°°, qui a trouvé la plus belle façon de photographier les dim sum)

Un dimanche après-midi, début de la leçon avec papa Mango.

Moi : Alors, on commence ?
Lui : Qu'est-ce que c'est que ton truc ?
Moi : Ben c'est une balance, pour peser les ingrédients !
Lui : Qu'est-ce que tu veux peser ? C'est tout simple : tu prends un paquet de farine, un cube de levure, et tu rajoutes de l'eau. Et puis, tu peux mettre un peu de sucre aussi, si tu veux.
Moi : D'accord, mais je mets quelle quantité d'eau...?
Lui : Tu verses au fur et à mesure, et tu vois selon la consistance.
Moi : Mais comment je sais, moi, si c'est la bonne consistance ou non ??? Tu ne pèses jamais rien ?
Lui : ... [soupir] Tu le sens au toucher, il n'y a pas besoin de peser.
Moi : Mais moi, je n'ai pas ton expérience, alors comment je fais ?

Il saisit un grand sac de farine entamé, et s'apprête à en verser le contenu dans une grande marmite.

Moi : ATTENDS !!!! ATTENDS !!!! Qu'est-ce que tu fais ? Il faut d'abord que je pose la marmite sur la balance et que je fasse la tare.
Lui : Ah la la...
Moi : C'est bon. Je verse la farine ?
Lui : Oui. Tu mets 2 kg.
Moi : Tant que ça ! On est obligé d'en faire autant ???

Pendant ce temps, il jette les cubes de levure dans un bol et y verse de l'eau.

Moi : Mais... mais... tu as déjà versé l'eau ???!!! Comment je vais faire pour mesurer ???
Lui : ... [soupir] Tu pèseras le pâton à la fin, et tu feras une soustraction pour avoir la quantité d'eau.
Moi : C'aurait été plus simple de peser l'eau directement.
Lui : ... [soupir] Si tu as fait de si longues études, tu dois savoir poser une soustraction, non ?
Moi : Oui mais...

L'eau est mélangée à la farine, le pâton est prêt, je pèse : la balance affiche "stop".

Moi : AAAAAHHHH ! POURQUOI Y A PLUS RIEN D'AFFICHE ????
Lui : ...
Moi : HHHHAAAAAAN !!! JE SAIS POURQUOI : C'EST PARCE QUE C'EST TROP LOURD ! MA BALANCE NE SUPPORTE QUE 3 KG ! C'est foutu maintenant...

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Je vous rassure : je sais aussi parler sans crier.
Quoi qu'il en soit, que j'aie réussi à recueillir cette recette de bao zi relève du miracle. Mais le reste de la leçon s'est très bien passé. Mon papa m'a montré, avec la plus grande patience, le pétrissage, le façonnage, la coordination des doigts pour refermer la brioche, les bons gestes... Des premiers bao zi un peu difformes et raplapla du début, je suis arrivée, à la fin de la leçon, à des bao zi aux plis plus réguliers et qui se tiennent. Pas parfaits, évidemment. Mais à force de pratique, j'arriverai peut-être à un résultat dont il pourra être fier. Un jour. Et peut-être même que je n'aurai plus besoin de peser quoi que ce soit...

Ce jour-là, nous avons fait plus d'une centaine de brioches avec 2 kg de farine (eh non, ça ne rigole pas chez la famille Mango), la moitié fourrée aux haricots rouges, l'autre à la viande. Dans la recette qui suit, j'ai divisé les quantités par deux, mais vous pouvez partir sur une base de 500 g de farine...
Nous avons utilisé de la purée de haricots rouges japonaise (vendue sous sachet plastique), qui est très bonne, quoiqu'un peu chère. Il est possible de la faire soi-même, mais personnellement, j'aime autant l'acheter, car les bao zi à eux seuls représentent déjà un boulot monstre...
Et si vous n'avez pas assez de purée de haricots rouges, sachez qu'il est possible de faire des brioches nature (man tou) avec le restant de pâte.

豆沙包 Dou sha bao (brioches aux haricots rouges) de papa Mango



pour 60 brioches environ

1 kg de farine T55
20 g de sucre
42 g de levure fraîche de boulanger (= 1 cube)
50 cl d'eau (environ)

1 kg de dou sha (purée de haricots rouges) (japonaise de préférence, ou maison)

Dans un grand saladier, mélanger le sucre et la farine.
Diluer la levure dans 20 cl d'eau, et verser dans le saladier.
Commencer à mélanger à la main, et ajouter le reste d'eau au fur et à mesure.
Sortir la moitié du pâton et pétrir énergiquement pendant 5 minutes sur un plan de travail fariné. Remettre dans le saladier. Faire de même avec l'autre moitié.
Couvrir avec un torchon humide et laisser reposer pendant 2 heures environ. Le pâton doit doubler de volume.

Sortir la moitié du pâton, et pétrir de nouveau vigoureusement pendant 5 minutes. Ne pas hésiter à fariner si la pâte colle de trop.
Former un long boudin (de 3-4 cm de diamètre).



Le tenir d'une main, et avec l'autre main, prélever de petits morceaux (de la taille d'une petite prune). Les poser sur le plan de travail fariné, côté "coupé" au-dessus (vidéo ici).



Avec la paume de la main, aplatir les morceaux de pâte (fariner, toujours).



Aplatir les bords de chaque petite "galette" avec la paume de la main.
Prendre chaque disque de pâte dans la main gauche, dans le creux des doigts, et y déposer une noix de dou sha. Tasser avec le couteau.



Avec le pouce et l'index de la main droite, rabattre les bords en pliant et en pinçant la pâte (c'est l'index qui ramène la pâte et qui appuie sur le pouce) (vidéo ici).



Déposer chaque brioche formée sur un carré de papier sulfurisé (ici : du papier dentelle découpé en carrés) et laisser reposer.



Pendant ce temps, faire de même avec l'autre moitié du pâton.

Lorsque la 2ème série de brioches est finie, cuire la 1ère série à la vapeur, dans des paniers en bambou, pendant 10 minutes. Puis faire de même avec la 2ème série.

Une fois cuites, on peut :
- soit les déguster immédiatement (meilleure option),
- soit les laisser refroidir et les conserver plusieurs jours au réfrigérateur, ou 1-2 mois au congélateur. Pour les réchauffer, on les met à nouveau dans un bain de vapeur pendant une dizaine de minutes. J'ai vu qu'il était possible de les réchauffer au micro-ondes, enfermés dans un sachet plastique, mais je n'ai jamais essayé...

N.B. 1 : Contrairement à ce que les photos et vidéos pourraient laisser penser, mon papa n'est PAS alcoolique ;-)

N.B. 2 : D'autres recettes aux haricots rouges ? C'est par ici !

samedi 21 février 2009

Du salé au petit déjeuner (crêpes chinoises à la ciboule)


(Désolée pour la photo pas glamour du tout)

Un matin, je prenais mon petit déjeuner tranquillement : un bol de soupe (poulet, igname, champignons, noix de saint-jacques séchées, le tout donnant un bouillon incroyablement parfumé) avec du riz, restes d'un repas chez mes parents. Cela peut paraître bizarre comme petit déjeuner, mais pour moi, il n'y a rien de meilleur : je pourrais en manger à toute heure de la journée (et de la nuit). Bref, je petit-déjeunais donc tranquillement quand mon poulet a fait irruption dans le salon et, me voyant avec mon bol, s'est approché pour en scruter le contenu. Grand sourire. A ce moment précis, il a dû se dire que j'étais un peu zinzin. Il n'empêche. J'ai beau être un bec sucré et confectionner des gâteaux à la pelle, il y a des moments où j'ai envie de salé. Au petit déjeuner ou même au goûter. Il m'est arrivé de petit-déjeuner de nouilles, de toasts de foie gras (lendemain de fête...), de bouillie de riz, de baozi à la viande...
En ce moment, j'ai envie de petites crêpes salées à la ciboule...

Vous pouvez penser ce que vous voulez... De toute façon, il y a plus zinzin que moi.

葱油饼 Cong you bing (crêpes chinoises à la ciboule), selon Gattina



pour 12 crêpes

Pour la pâte :
200 g de farine (T55)
23 cl d'eau bouillante
1/4 c.c. de sel fin
1/4 c.c. de levure chimique
2 c.c. d'huile neutre

5-6 tiges de ciboule émincées
un peu d'huile
un peu de sel

Dans un grand bol, mélanger la farine, le sel, la levure et l'huile.
Verser l'eau bouillante et mélanger avec une cuillère en bois.
Rassembler en une boule, couvrir et laisser reposer pendant 1 heure.

Fariner le plan de travail.
Former un boudin avec la pâte et diviser en 12 morceaux.
Pour façonner les crêpes, suivre les instructions en images :






Avec un pinceau, huiler la crêpe.
Saupoudrer un peu de sel et parsemer de ciboule.






Selon ses goûts, on peut les abaisser plus ou moins finement.



(Ce n'est pas grave si la pâte est trouée par endroits par les morceaux de ciboule)

Chauffer de l'huile dans une grande poêle.
Faire cuire les crêpes jusqu'à ce qu'elles soient (bien) dorées.

Les premières, épaisses et moelleuses, ont cuit dans très peu d'huile.



Les dernières étaient plus fines, plus croustillantes. Et plus grasses aussi, car presque frites. Je ne saurai dire quelle version je préfère...

N.B. : "cong" (prononcer "tsong") = ciboule, "you" = huile, "bing" = crêpe, galette.

N.B.2 : Je suis ravie de découvrir qu'il y a d'autres amateurs de ces crêpes chinoises :-)

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Pour finir, deux clichés oubliés de l'été 2008 pour Omami.



lundi 9 février 2009

Ce qu'on dit, et ce qu'on fait (fudge au sucre blond de canne)



Depuis que j'ai fini ma thèse, j'aurais dû - comme je n'ai cessé de le répéter durant des mois :
- déballer mes cartons et ranger l'appartement,
- réviser mon informatique, mon allemand et mon chinois,
- commencer à prendre des cours de guitare,
- mettre à jour mes cahiers et collages,
- apprendre à faire les jiaozi (raviolis) et les baozi (brioches à la vapeur),
- trier mes photos pour en faire des albums,
- visiter plein d'expos et voir plein de films,
- reprendre la chorale,
- faire un feu de joie avec mes docs de thèse (mais ils sont encore dans les cartons...),
- réfléchir à ce que je veux faire dans la vie.
Au moins.

Au lieu de cela, j'ai :
- vu plein de copines,
- pris plein de goûters dans des salons de thé,



- dépensé un demi-mois d'indemnités de chômage en papier washi, livres de cuisine (dont un illisible car en japonais... mais il décore magnifiquement ma bibliothèque), et vaisselle (genre bols Margrethe absolument indispensables), et ce en l'espace d'une journée (heureusement que février ne comporte que 28 jours et qu'on n'est pas dans une année bissextile),
- toujours pas déballé mes cartons.

Accessoirement, j'ai aussi :
- mangé les meilleures frites du monde, dans mon ancien quartier,



accompagnées d'un thon à la plancha mi-cuit croulant sous les olives et le piquillos,



(c'était super bon !)

- raté un Pleyel (malgré le bol Margrethe) et plusieurs dizaines de mes cookies préférés ; or, quand on les réussit, le résultat est éblouissant, croyez-moi.





- entamé un BCA (bilan de compétences "approfondi" genre...), et passé des tests qui ont conclu qu'il allait être compliqué de trouver un métier correspondant à mon profil bizarroïde (artistique-réaliste-méthodique-(psycho)rigide-introverti),
- découvert que le fudge, c'était le genre de choses que quand-tu-commences-tu-peux-plus-t'arrêter, mais qu'il ne fallait pas abuser du muscovado.

Entre ce qu'on dit et ce qu'on fait...

Fudge, déniché ici, merci Melissa !



pour un moule rectangulaire standard

120 g de beurre salé (ou doux)
450 g de sucre blond de canne (ou cassonade, ou muscovado)
25 cl de lait concentré non sucré (j'ai pris trois mini boîtes de 8 cl)
8 cl d'eau
1 c.c. d'extrait de vanille
un peu de fleur de sel

matériel : une thermosonde

Tapisser un moule rectangulaire de papier sulfurisé.
Dans une grande casserole, faire fondre le beurre à feu moyen.
Ajouter le sucre, le lait et l'eau, et mélanger.
Porter à ébullition, en mélangeant régulièrement avec une cuillère en bois (gratter le fond de la casserole pour empêcher le sucre de coller).
Lorsque le mélange atteint 113 °C, retirer la casserole du feu et la plonger dans un grand saladier rempli d'eau glacée pendant quelques minutes.
Une fois tiédie, sortir la casserole de l'eau, ajouter la vanille et mélanger.
Le mélange va durcir et perdre de sa brillance. Le verser alors dans le moule, étaler, essayer de lisser le dessus et saupoudrer un peu de fleur de sel.
Laisser prendre au frais.
Découper en petits cubes (j'ai l'impression que c'est impossible à faire proprement, parce que c'est très friable).
Je ne bois pas de café (sauf avant une longue journée de travail), mais j'ai idée que ça irait très bien avec.



La version au muscovado est la première que j'ai testée, mais le résultat était trop corsé à mon goût. Je crois que j'aime le muscovado seulement à petites doses.
Je préfère nettement la version au sucre blond de canne, plus neutre, plus douce, qui me rappelle le fudge rapporté d'Irlande du Nord que j'ai pu goûter une fois chez ma copine D.
Désolée pour celles qui ont eu la version au muscovado...



That's all folks!

lundi 26 janvier 2009

新年快乐 ! (Xin nian kuai le)



J'aurais aimé vous souhaiter une bonne année du buffle avec une recette de famille. Un poulet ivre (zui ji), des ravioli (jiao zi), des brioches à la vapeur (bao zi), ou encore des boulettes "têtes de lion" (shi zi tou)... Tout cela viendra. Mon papa étant rentré de Chine (in extremis pour fêter le réveillon avec nous hier soir), j'aurai tout le loisir de l'embêter ces prochaines semaines pour tenter de percer ses secrets de cuisine.
Mais avant cela, plusieurs choses m'attendent : une pâte feuilletée inversée à confectionner, des cartons à déballer (ça n'en finit pas...), un disque dur à nettoyer (plus que 20,5 Mo avant saturation totale), des tas de films à voir, la dernière étagère de la bibliothèque à remplir, une recette à réaliser nécessitant l'usage d'une thermosonde... Oh ! et il faudra que je vous raconte un autre salon de thé, où l'on sert un gâteau à l'orange surpassant le pourtant excellent cake de Nigel.

D'ici là, prenez soin de vous.

mardi 20 janvier 2009

What's up, doc ? (billet fleuve, bolognaise et cake à l'orange)*



* Ne cherchez pas de logique dans le titre, ni dans le billet : il n'y en a pas.
Je suis d'une impolitesse sans nom. Je n'ai envoyé de voeux à personne pour la nouvelle année. D'habitude, je fais ça très bien, et de façon très organisée (dès début décembre, je dresse une liste des destinaires (une vingtaine), je vais faire ma provision de cartes de voeux chez WHSmith, je vais embêter les guichetiers de la Poste pour avoir des timbres de collection, je dresse un planning pour l'expédition des cartes - en fonction de la destination -, j'écris mes cartes, je les envoie en suivant mon planning, de telle sorte qu'elles arrivent à peu près en même temps, etc... C'est toute une histoire...). Mais cette année, rien. Parce qu'en fait, j'ai décidé de boycotter 2009 (je vous expliquerais bien pourquoi, mais ça risquerait d'être un peu long...).

Si vous voulez la vérité, la thèse, ce n'est rien. Ce n'est rien du tout comparé au gouffre vertigineux qui lui succède. Le temps, qui semblait figé pendant les années de thèse, reprend son cours, et toutes les échéances (mariage, maternité, travail, etc) que l'on repoussait d'un revers de la main grâce à cette excuse béton qu'est la thèse, ressurgissent en choeur : il est grand temps de rentrer dans le rang.
Est-ce cela, devenir adulte ? Et si, comme Nora, j'étais une sorte de poupée évoluant dans un environnement surprotégé ? (d'ailleurs, que devient-elle une fois qu'elle a décidé de prendre sa vie en main ? Par curiosité, je suis allée voir ce que Jelinek a imaginé : ce n'est pas très réjouissant...)

Alors voilà. Depuis la soutenance, je m'efforce de trouver une réponse à ces questions fondamentales : qui suis-je ? où vais-je ? où cours-je ? Pour agrémenter ma réflexion, je me promène, beaucoup. Je parcours Paris en tous sens.



Avec quelques haltes gourmandes. Notamment un moment tout à fait délicieux à la Charlotte de l'Isle, un salon de thé de poche situé sur l'île Saint-Louis (je ne devrais pas vous en parler, parce que c'est suffisamment minuscule comme ça, alors si je commence à rameuter du monde, je ne trouverai PLUS JAMAIS une table de libre).







J'y ai dégusté une surprenante et exquise Tartatou, dont la caractéristique principale est que vous ne pouvez déterminer avec précision ce qu'elle contient. Tout ce que je puis dire, c'est que quand vous avez fini votre part, vous avez juste envie d'une autre part...



Ce qui vous retient de reprendre une part de Tartatou, c'est le chocolat chaud de madame Charlotte (en vrai, elle ne s'appelle pas comme ça, mais je ne suis pas sûre d'avoir le droit de divulguer sa vraie identité sur ces pages), un des meilleurs de la Terre entière (et, croyez-moi, je suis difficile en matière de chocolat chaud).



Et puis, j'ai été attendrie par leur vaisselle miniature : on a l'impression de jouer à la dînette. C'est absolument ravissant.



J'ai aussi repris le chemin des salles obscures. Un vendredi soir, en sortant du Cosi, où nous avions dévoré (lui) une Ines et (moi) une Perfide Albion (des sandwiches confectionnés avec un pain plat à l'huile d'olive sortant tout juste du four... Ce pain est une merveille. Coupé en bandelettes, il accompagne aussi leurs soupes du jour, que je prends souvent pour un déjeuner sur le pouce. J'allais oublier : leur cheesecake new-yorkais se défend pas mal du tout, et il existe également une version sucrée du sandwich : le cosi au nutella, une invention du diable, pour sûr...), nous sommes passés devant un traiteur italien : j'y suis entrée, j'ai demandé une grosse tranche de pancetta, payé, glissé mon butin dans mon sac, puis nous nous sommes hâtés vers le cinéma, car la séance de Two Lovers allait commencer.
Deux heures et demie plus tard, tandis que nous parlions du film dans le métro qui nous ramenait chez nous, j'étais surprise de constater que nous étions en total désaccord sur la façon de voir le dénouement : un moindre mal pour lui, une résignation désespérante pour moi. Pour changer de sujet, j'ai sorti de mon sac le morceau de pancetta. Le sourire aux lèvres, je lui ai expliqué que la pancetta allait entrer dans la composition d'une sauce bolognaise qui mijoterait longtemps, longtemps, qui embaumerait la cuisine et chasserait momentanément l'odeur persistante de peinture... La lecture du journal de Nigel (offert par une amie qui commence à bien me connaître) m'en avait trop donné envie...


Ragù alla bolognese (basée sur celle de Gracianne et un peu sur celle de Nigel)



pour 5-6 personnes

400 g de boeuf haché
2 oignons
2 carottes
10 cm de branche de céleri
2 gousses d'ail
2 feuilles de laurier
100 g de pancetta
1 verre de vin rouge
800 g (2 boîtes) de tomates pelées, concassées
2 c.c. de concentré de tomates
sel, poivre, 1 pincée de piment
thym, romarin
huile d'olive

Peler carottes, oignons et ail. Les hacher finement, ainsi que le céleri et la pancetta.
Faire revenir, dans un fond d'huile d'olive, très doucement, carottes, oignons, céleri et feuille de laurier.
Au bout de 10 minutes, ajouter la pancetta, et cuire encore 10 minutes en ajoutant l'ail en fin de cuisson.
Monter le feu et ajouter le vin rouge.
Laisser évaporer 1 minute, puis ajouter les tomates, le concentré de tomates, le thym, le romarin, sel, poivre et piment.

Pendant ce temps, faire revenir la viande hachée dans un peu d'huile et de beurre. Saler, poivrer.
Une fois la viande cuite, l'égoutter et l'ajouter à la sauce tomate.
Bien mélanger et laisser cuire à feu très doux pendant au moins 2 heures, jusqu'à ce que la sauce soit bien dense. Rajouter au besoin un peu d'eau en cours de cuisson.

Déguster avec des spaghetti De Cecco al dente (ou mieux, des pâtes fraîches maison).




En lisant le journal de Nigel, j'ai aussi eu envie de son cake à la marmelade d'orange du 7 janvier. Par un heureux hasard, Patoumi m'a devancée, m'épargnant ainsi la corvée de conversion des mesures...


Orange Marmalade Cake de Nigel Slater (merci Patoumi pour les conversions et la traduction !)



pour un petit moule à cake

170 g de beurre (salé ou non - j'ai fait moitié moitié) bien mou
3 oeufs
140 g (en fait 120 g suffisent) de sucre blond de canne + 1 c.s.
1 orange non traitée
190 g de farine
1 sachet de levure
2,5 c.s. bombées de marmelade d'oranges (fine cut)

Préchauffer le four à 180 °C.
Dans un grand saladier, fouetter ensemble le beurre et le sucre.
Ajouter progressivement les oeufs en mélangeant bien, puis la marmelade et les zestes de l'orange.
Verser la farine et la levure et bien homogénéiser la pâte avant de verser la moitié du jus de l'orange. Bien mélanger.
Verser dans un moule chemisé de papier sulfurisé et enfourner 35-40 minutes à 180 °C.

Nigel S. préconise un glaçage utilisant le reste du jus de l'orange. J'ai préféré un sirop pour arroser le cake après cuisson, afin qu'il soit bien moelleux et humide : pour ce faire, allonger le reste du jus avec un peu d'eau, ajouter 1 c.s. de sucre et porter à ébullition. Mélanger. Une fois le gâteau cuit, l'arroser avec le sirop et laisser refroidir.




A part ça, j'ai bricolé un calendrier gourmand, comme l'année dernière. Mais comme il n'est pas aussi chouette, je ne vous le montre pas. Vous le découvrirez au fil des mois dans la colonne de droite.

Au fait, bonne année quand même !