La semaine dernière, ma maman et ma grand-mère ont fait leur grand retour, après un mois et demi de vacances en Chine, et au Japon (pas pour ma grand-mère, qui est restée tout le temps en Chine, à la campagne). Les valises chargées de cadeaux, il va sans dire...
Quand nous étions petits, mon frère, ma soeur et moi adorions ces retours de voyage de papa ou maman. Pour nous, c'était infiniment mieux que Noël, car ils revenaient les valises pleines de trésors introuvables ici à l'époque : carnets, stylos, gommes, stickers, tampons, porte-monnaies, avec les petits personnages de Hello Kitty, Little Twin Stars (que nous prononcions "Litinstar"), ou My Melody ("Mi Melody"). De quoi provoquer l'hystérie la plus totale chez la plupart des petites filles !
Nos parents arrivaient toujours à l'aube, alors que nous étions encore au lit, et c'était à celui qui se lèverait le plus tôt pour avoir le privilège de découvrir et de choisir en premier ses cadeaux. En réalité, mon frère étant le seul garçon, il était assuré d'avoir ses cadeaux à lui, mais ma soeur et moi nous livrions à une bataille sans merci : nous nous précipitions sur les valises, à peine ouvertes, saisissant tout ce qui était à notre portée, nous nous arrachions les objets des mains, bref cela finissait souvent en bagarre (tirage de cheveux et plantage d'ongles dans la peau, ma grande spécialité). Et c'était presque toujours ma soeur qui l'emportait (normal puisqu'elle était plus grande et plus costaud que moi) : elle avait le nec plus ultra, et moi, je me devais me contenter du reste... Quand la bagarre n'avait pas été trop violente, il nous arrivait d'entamer des pourparlers pour échanger un morceau du butin contre un autre. Quand j'y repense, quelle histoire !
Aujourd'hui, bien que cela se fasse de manière plus civilisée, il est resté chez nous cet instinct qui nous pousse à choisir rapidement nos cadeaux lorsque l'occasion se présente à nouveau... Mais comme je n'avais pas de rivale cette fois-ci (ma soeur ayant rejoint nos parents là-bas une dizaine de jours et ayant pu acheter tout ce qu'elle voulait), j'ai pu faire ma sélection tranquillement...
A peine rentrée de ce long voyage, ma grand-mère s'est empressée de préparer des zongzi pour toute la famille : du riz glutineux enveloppé dans des feuilles de bambou, que l'on déguste à l'occasion de la fête des bateaux-dragons (le 5ème jour du 5ème mois du calendrier lunaire ; sauf erreur, c'est aujourd'hui !).
Les zongzi ont une histoire, que vous pouvez découvrir ici. Pour une présentation détaillée avec recette, allez voir là.
Ils existent en version salée (fourrés à la viande de porc, aux saucisses chinoises, aux jaunes d'oeufs salés, etc), et en version sucrée (aux haricots rouges, graines de lotus, etc).
Mais mon papa et moi les aimons tout simplement nature, trempouillés dans du sucre. J'adore sentir le sucre craquer sous la dent...
En dégustant ce zongzi, je me retrouve transportée vingt-cinq ans en arrière, en train d'observer mon autre grand-mère (celle qui vivait avec nous et nous a élevés) pendant la confection de ces zongzi : assise près d'elle, je la regarde former son cornet, verser le riz dedans, plier la feuille, attacher solidement le tout en serrant la ficelle entre les dents, et répéter les mêmes gestes inlassablement...