jeudi 23 juillet 2009

Un mariage à Shizuoka



Nous sommes arrivés à Shizuoka en minibus, la veille de la cérémonie. Des chambres d'hôtel avaient été réservées pour nous, chambres dans lesquelles nous eûmes tout le loisir d'observer TOTO et d'expérimenter ses fonctionnalités (mais je vous en reparlerai).

Ce soir-là, la famille N. se réunit au restaurant pour un barbecue de folie.









Le matin du mariage, quartier libre. Promenade dans les ruelles calmes de Shizuoka et petit déjeuner dans un combini près de la gare (c'est là que j'ai déniché le dorayaki le plus généreux du monde, vous vous souvenez ?).








(Oui, je peux manger des inarizushi au petit déjeuner :-))


(Je précise que je n'ai pas mangé le dorayaki le jour même. Je suis gloutonne mais j'ai aussi mes limites)

Et puis, le mariage.
Un château à la Disneyland regroupant l'église, le jardin pour les photos, et la salle de réception.
Une cérémonie (pseudo) religieuse célébrée par un prêtre aux allures de gourou.
Une succession de rituels un peu kitsch.
Mais surtout un sens de l'organisation et du timing époustouflant.

En quelques heures, le mariage est bouclé. Vers 17h30, chacun rentre chez soi, avec ses petits chocolats et sa bouteille de shochu - sauf mon poulet et moi : nos bouteilles, pourtant étiquetées à notre nom, furent subtilisées par nos commensales, des dames d'un âge respectable...


















(Le coeur est en fait un récipient dans lequel les mariés ont versé un liquide rose phosphorescent. So cute...)






(Les emplettes à Hong Kong ne furent pas inutiles)

(Prochain épisode : trois jours à Tokyo)

Une famille à Nagoya



Un jour, à la fin des années 80, une Japonaise débarqua à la maison. Elle était réservée, timide, douce et n'avait pas vingt ans. Elle était venue à Paris pour apprendre le français.
On lui donna mon lit, et pendant plusieurs mois - jusqu'au déménagement dans un pavillon -, j'occupai le canapé du salon.
J'avais onze ou douze ans ans à l'époque. Je savais peu de choses sur elle, sinon qu'elle venait de Nagoya, qu'elle avait quatre soeurs (elle était la deuxième), et que nos pères respectifs avaient été apprentis cuisiniers ensemble à Hong Kong. Timides toutes les deux, nous communiquions peu, nos vies se croisaient mais ne se mêlaient pas.
L'été qui suivit, elle retourna voir sa famille au Japon, avec mon petit frère et moi dans ses valises. C'est ainsi que Didi Mango et moi passâmes un mois dans la banlieue de Nagoya.
Durant ces quelques semaines, nous vîmes le Mont Fuji et visitâmes Tokyo Disneyland sous la pluie, un imperméable en plastique transparent sur le dos. Nous prîmes un coup de soleil monumental dans une sorte d'Aquaboulevard en plein air et vîmes l'Allemagne remporter la coupe du monde de football.
Nous nous régalâmes des kaitenzushi, des steaks de Bronco Billy et des bâtonnets glacés aux azukis qu'il fallait aller chercher à bicyclette. Il y eut aussi les délicieuses brochettes dégustées lors des fêtes estivales, au bord de l'eau.
Tandis que mon frère découvrait la Game Boy et la (Super ?) Famicom, qui n'existaient pas en France, je lus Au bonheur des dames deux fois.
Je m'enthousiasmai pour un générique de dessin animé - que je finis par connaître par coeur - et découvris Yesterday once more des Carpenters, un morceau très apprécié de la famille N.
Et puis surtout, nous fîmes connaissance avec la famille N.
Le papa et la maman, extrêmement attentionnés à notre égard.
Les soeurs, toutes différentes et toutes attachantes. Une aînée joyeuse et exhubérante. Une première cadette réservée (celle qui apprenait le français, donc), une deuxième cadette intelligente et douée, une troisième cadette particulièrement attentionnée, et une benjamine gaie et joueuse (et parfois boudeuse aussi).

Je fus très émue de les revoir, presque vingt ans après. De découvrir leurs familles, leurs maris, leurs petits.
La benjamine, partie faire sa vie à Shizuoka, se mariait début mai. Ce mariage fut le prétexte et le point de départ de notre voyage au Japon.

(Prochain épisode : le mariage)

samedi 4 juillet 2009

Les propos et les repas décousus



Il aura fallu attendre six mois pour commencer à habiller les murs, pour s'occuper du balcon...
Il aura fallu attendre des mois pour que le placard à chaussures soit enfin rangé, boîtes étiquetées avec nom et dessin de chaque modèle (je n'en suis pas peu fière :-))... Des mois pour que les choses commencent à trouver leur place... et ce n'est pas encore fini...










Après avoir mangé des dizaines de kilos de pommes, poires et oranges pendant des mois, c'est avec ravissement que nous retrouvons les fruits rouges dont nous raffolons tant. Cette addiction me conduira à la ruine. Une seule solution : aller m'approvisionner dans le jardin des Kriskou.
A propos de fruits rouges, j'aimerais savoir pourquoi ils ne sont pas vendus dans ces si jolies barquettes bleues (que l'on voit sur tant de blogs anglo-saxons) plutôt que dans ces moches trucs en carton ou en plastoc... A croire que les Anglo-Saxons ont un sens du packaging (ou tout simplement un sens esthétique ?) plus aiguisé que le nôtre...






Elle était venue en février 2007 nous présenter un album enchanteur. Depuis, son talent ne s'est pas démenti, et le nouvel opus contient lui aussi de véritables perles...
Dans la fournaise du Bataclan, je me suis retrouvée à l'état liquide (j'ai pu constater que le corps humain est principalement composé d'eau) : à la sueur ruisselante se sont mêlées des larmes d'émotion... J'ai revu l'été 2006 et ses températures caniculaires, la torpeur des après-midis passés en position allongée devant un ventilateur, les atermoiements dus à la thèse, le frisson à la découverte de Regina, les douches glacées et le t-shirt mouillé qui a finalement pris le relais du ventilateur (méthode TRES efficace et parfaitement écologique)...








Et puis, ces derniers temps, des repas aussi décousus que mes propos... Des repas où se croisent des mets du monde entier. L'autre jour, à notre table, il y eut la rencontre d'un taboulé libanais et d'un ceviche péruvien (mais certains d'entre vous le savent déjà : je ne SAIS PAS composer un menu)... Des plats qui ont tout de même un dénominateur commun : la fraîcheur !

Taboulé libanais selon Sahten



pour 4 à 6 personnes

1 botte de persil plat
1 botte de menthe
1 botte de ciboulette
quelques feuilles de laitue (pas mis ici)
1 poignée de boulgour
3-4 tomates, pelées
2 citrons
huile d'olive
sel

Hacher finement les herbes, la laitue et les tomates.
Ajouter le boulgour (préalablement laissé à tremper dans de l'eau, contrairement aux instructions de Sahten).
Ajouter le jus de citron, arroser d'huile d'olive, saler et mélanger le tout.

On peut aussi ajouter un petit oignon ou une échalote finement hachée.


Ceviche péruvien (extrait de Petits larcins culinaires de Claude Deloffre)



pour 3-4 personnes

500 g de filet de cabillaud (ou lieu noir, perche, daurade...)
1/2 oignon
2 gousses d'ail
1 poignée de persil plat (ou frisé, ça va aussi)
1 poignée de coriandre
2 citrons (jaunes ou verts)
1 c.c. d'huile de tournesol
1 pincée de cumin
1 pincée de piment
sel et poivre

Couper le poisson en petits morceaux.
Hacher l'oignon, l'ail et les herbes.
Dans un saladier, mélanger le tout avec le poisson.
Arroser de jus de citron.
Saler, poivrer, ajouter cumin et piment.
Bien mélanger, puis mettre au frais immédiatement.
Laisser mariner entre 1 et 4 heures (personnellement, je préfère 1h).

La prochaine fois, promis, je vous parlerai d'une famille japonaise.

mardi 23 juin 2009

Chocolate craving



D'abord, il y eut une semaine atroce et humiliante dans des bureaux parisiens peu chaleureux (malgré le parquet en bois et les moulures), où des gens un peu vulgaires peuvent réduire votre amour-propre à néant en l'espace de quelques jours. La proximité du canal saint Martin fut une maigre consolation : le bento était solitaire, bien loin des déjeuners entre copines thésardes à la BN où l'on se remontait le moral à tour de rôle.
On se surprend parfois à accepter des choses pour de mauvaises raisons.

Il y eut aussi un week-end interminable et fort ennuyeux, où il n'y avait pas d'autre choix que de se laisser porter par les événements, car tout échappe à votre contrôle. J'ai fermé les yeux et attendu que ça passe.

Juin, la saison des pluies.
Pluie de larmes (comment sécher celles des autres quand on a soi-même les yeux mouillés ?), pluie de doutes et d'angoisses qui paralysent. Pluie de petits mots et de colis attentionnés apportés par le facteur et suscitant toujours l'étonnement (a-t-on mérité tous ces cadeaux ?).

Je n'ai toujours pas trouvé le Sens, mais je continue de me laisser transporter - enivrer - par la Musique de cet artiste que j'avais tant aimé voir chanter, un soir d'été, sur les berges de la Seine.

Comme le Japon me paraît loin à présent...

Du mois de juin, je ne garderai en mémoire que le disque de musique baroque, les biscuits au sésame noir, cette librairie où j'ai trouvé refuge lors de la semaine de cauchemar (et les carnets qui ont suivi), l'érable japonais, les éclats de rire dans un café aux airs de salon, cette chanson n°6 dont je ne me lasse pas, les pâtisseries japonaises qui ont traversé l'Atlantique, et puis, cette déferlante de chocolat (car il n'y a pas que les haricots rouges dans la vie).

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Les brownies de Claire



pour un moule carré de 20 x 20 cm maximum

200 g de chocolat noir (65 % de cacao maxi)
100 g de beurre
100 g de sucre blond de canne (initialement : 110 g)
2 oeufs
50 g de farine (T45 ou 55)
60 g de noix de pécan (concassées)

Faire fondre le chocolat et le beurre.
Mélanger les œufs et le sucre, ajouter la farine et les noix, puis le chocolat fondu.
Verser dans un moule carré ou rectangulaire (20 x 20, 19 x 21 cm, mais pas plus grand).
Enfourner environ 15 minutes à 180 °C (ici, j'ai arrêté la cuisson à 14 minutes, c'était légèrement sous-cuit, mais néanmoins excellent. Donc 15 min, c'est l'idéal. A vous de voir ce qui convient avec votre four).
Laisser refroidir, mettre au frais pendant plusieurs heures (toute une nuit si on veut) avant de découper en petits carrés, et attendre qu'ils soient à température ambiante pour les déguster.
Ces brownies se conservent 4 jours sans problème, si vous tenez jusque-là.



Grâce à Claire, j'ai enfin pu briser cette malédiction du brownie raté qui me frappait depuis toujours.
... Mais qui est Claire ?
La testeuse officielle de La bouche pleine, pardi ! :-) Une fille généreuse, gourmande, passionnée de cuisine, enthousiaste, et qui donne son avis en toute franchise. Je suis sûre qu'elle aurait encore plein de bonnes recettes à transmettre...

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Le sorbet au chocolat de David L. (merci à Deb de Smitten Kitchen)



pour environ 1 litre de sorbet

555 ml d'eau
200 g de sucre
75 g de cacao en poudre non sucré (type Van Houten)
une pincée de sel
170 g de chocolat noir (à 60 % de cacao, c'est suffisant), haché au couteau (ou fondu, ça marche aussi)
1/2 c.c. d'extrait de vanille liquide

Dans une grande casserole, mélanger au fouet 375 ml d'eau avec le sucre, le cacao en poudre et le sel.
Porter le mélange à ébullition en fouettant régulièrement, et maintenir l'ébullition pendant 45 secondes en continuant à fouetter.
Retirer du feu, incorporer le chocolat, le laisser fondre.
Ajouter l'extrait de vanille et le restant d'eau (180 ml), et mixer le mélange (au blender ou au mixeur plongeant - je viens de me rendre compte que j'ai oublié cette étape !).
Une fois le mélange refroidi, le mettre au frais pendant au moins une demi-journée.
Quelques heures avant la dégustation, verser le mélange dans la sorbetière et turbiner (40 minutes pour moi). Le hic : on obtient un sorbet très liquide, mais après quelques heures au congélateur, il est parfait : texture souple, un vrai goût de chocolat et la couleur qui va avec, c'est-à-dire pas un truc vaguement marron. Si on aime vraiment le chocolat, il n'y a pas d'hésitation possible entre la crème glacée et le sorbet. En tout cas, il va falloir que je m'achète ce livre.





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Il y eut aussi, mais c'était au mois de mai, un moment très agréable, un peu hors du temps, dans un lieu dédié au chocolat. Un lieu où l'expression "luxe, calme et volupté" prend tout son sens.







La prochaine fois, si je ne vous parle toujours pas du Japon, il faudra me botter dehors, ok ?