A Paris, tout le monde sait que lorsqu'on est pressé, il est déconseillé de prendre le bus et qu'il vaut mieux se tourner vers la solution rapide et efficace qu'est le métro. Mais comme je ne suis pas une fille pressée, le bus, ça ne me fait pas peur. Au contraire. C'est un vrai plaisir, lorsque je sors du RER aux Halles, ou bien lorsque je quitte mon amie Crevette après un après-midi entier passé au Loir (devant un crumble aux pommes et un chocolat chaud à tomber, par exemple), de prendre le 58 pour regagner mes terres (non, je ne me prends pas pour Lady Chatterley). J'adore ce parcours, qui traverse des quartiers que j'aime beaucoup (Pont Neuf, Odéon, Luxembourg, Vavin, Montparnasse, Maine), et qui, par sa longueur justement, me laisse tout le loisir de rêvasser, de réfléchir aux courses à faire, au repas du soir, au sujet du prochain billet, etc. Bien que j'aie (presque) toujours un livre sur moi, je lis très peu dans le bus : je suis trop distraite par tout ce qui défile à travers la vitre...
Au début du trajet, le passage devant la Samaritaine me replonge immanquablement dans des souvenirs d'enfance : mon grand-père nous y emmenait de temps à autre (il disait "samaLitaine"), et c'était toute une expédition, car nous habitions en banlieue et le trajet en métro nous paraissait alors interminable. Mais qu'est-ce que c'était bien...
Cela me fait de la peine de voir la Samaritaine fermée aujourd'hui : c'est comme si un lien avec mon grand-père avait été définitivement rompu...
Parfois, le parcours du 58 réserve des surprises. Par exemple, il n'est pas rare d'apercevoir des "people" à la terrasse du Comptoir (une fois, c'était Eric Roux), ou le chef en personne dans la salle, au milieu des clients, comme cela m'est arrivé la semaine dernière (si si, je l'ai vraiment aperçu du bus). En le voyant, je me suis dit que cela faisait une éternité que mon poulet et moi n'avions pas mis les pieds à la (bien-nommée) Régalade, qui se trouve pourtant à deux pas de chez nous. Nous y avions mangé une ou deux fois du temps de Camdeborde, et à chaque fois, c'était un festin pour les papilles (et même après son départ, d'ailleurs...).
En ce moment, on peut remarquer des choses plus insolites sur le parcours, comme ces oeuvres éphémères, entre le quai de Conti et la rue Mazarine :
(Je sais que je ne suis pas la seule amatrice de ce genre d'oeuvres éphémères...)
Comme le trajet du 58 est un peu long, il m'arrive d'avoir un petit creux, de ressentir l'envie de grignoter quelque chose. Le plus souvent, ce sera un cookie "extra-noir" de chez Laura Todd, acheté juste avant de monter dans le bus (un autre, "noir et noix", sera mis de côté pour mon poulet). Mais des petits carrés à la confiture, comme ceux de Mitsuko, combleraient tout aussi bien cette petite faim.
Ces carrés, je les avais repérés depuis une éternité et il me tardait d'y goûter... C'est désormais chose faite.
A vrai dire, je les aurais bien fourrés avec de la confiture Carla, malheureusement je n'en ai pas les moyens... Qu'importe ! J'ai mélangé confiture de framboises (dont j'ai légèrement diminué la dose) et chunks noirs, pour un résultat tout simplement fantastique.
Quel plaisir de grignoter ces petits carrés au petit déjeuner avec mon poulet, sur le canapé du salon, en partageant le même magazine...
Carrés aux flocons d'avoine, framboise et chocolat
pour 12 carrés
110 g de cassonade (j'ai pris du sucre brun non raffiné)
125 g de farine
1/4 c.c. de bicarbonate de soude
1 pincée de sel
80 g de flocons d'avoine
115 g de beurre mou
200 g de confiture de framboises
100 g de chunks noirs (ou pépites de chocolat, ou chocolat concassé)
Préchauffer le four à 180 °C.
Tapisser le fond d'un moule rectangulaire (ou carré) de papier sulfurisé.
Dans un grand récipient, mélanger le sucre, la farine, le bicarbonate de soude, le sel et les flocons d'avoine.
Ajouter le beurre et mélanger jusqu'à obtenir une pâte sableuse.
Recouvrir le fond du moule avec un peu plus de la moitié des "miettes".
Etaler la confiture de framboises et parsemer les morceaux de chocolat sur toute la surface.
Recouvrir avec le reste des miettes et presser légèrement.
Enfourner pendant 30 minutes environ.
Attendre que ce soit froid pour couper en carrés.