jeudi 29 novembre 2007

Histoires de voisinage et pommes farcies au confit de canard



Mes voisins d'immeuble sont des malades mentaux. Vraiment.
Certains ne trouvent rien de mieux à faire que de passer l'aspirateur ou de lancer une lessive (ou les deux) à 8 heures et demie du matin, en semaine comme le week-end, tandis que d'autres (ou seraient-ce les mêmes ?) s'amusent à jeter leurs bouteilles en verre (certainement accumulées depuis des semaines) dans le container de la cour à 8-heures-moins-le-quart-le-samedi-matin-sinon-c'est-pas-drôle.
Non mais c'est n'importe quoi. Les lève-tôt s'imaginent que le monde entier est comme eux...
Et puis quoi encore ???
Il est vraiment temps que la B-Society prenne le pouvoir...

Heureusement, j'ai quand même des voisins de quartier bien. Notamment un marchand de peluches qui a gardé son âme d'enfant et chez qui on déniche de véritables trésors (par exemple une Chipounette géante, ou un chien rayé répondant au doux nom de Tiramisu), et de jeunes Indiens très sympathiques qui tiennent un café dans la rue d'à côté, mais d'après Crevette c'est normal qu'ils soient sympas (il y en a un qui me fait la bise), puisque je les ai soi-disant "achetés" avec mes macarons maison... Toujours est-il qu'il y a deux mois, j'ai goûté dans ledit café, une pomme farcie au confit de canard, accompagnée d'une salade de roquette et de tomates confites, et c'était tout simplement délicieux.

Pommes farcies au confit de canard



pour 2 personnes

un peu de confit de canard
2 pommes (j'ai pris des Braeburn, mais surtout EVITER LES GOLDEN, qui explosent à la cuisson)
un peu de salade (j'ai pris de la mâche)
quelques tomates confites (là, c'étaient des tomates séchées)
poivre

Effilocher la chair du confit.
Laver les pommes, découper un chapeau et évider l'intérieur des pommes à la cuillère en laissant un peu de chair quand même (et en faisant attention de ne pas percer le fond).
Remplir l'intérieur des pommes avec la chair de canard, en débordant un peu, poivrer légèrement et couvrir avec le chapeau.
Déposer les pommes dans un plat allant au four, ajouter 2 c.s. d'eau dans le plat, et enfourner environ 30 minutes à 180 °C.

vendredi 23 novembre 2007

Truffade : un mot, deux recettes



J'ai appris à lire très vite. Enfin, assez vite. Je commençais déjà à lire un peu en maternelle (en fait, j'ai appris en regardant Des chiffres et des lettres, émission devant laquelle je restais scotchée, paraît-il...), où je m'amusais à déchiffrer des phrases indispensables du style "C'est la fête du mulot". La lecture fut donc une affaire pliée assez rapidement.
Mais savoir lire ne suffit pas, encore faut-il comprendre ce qu'on lit... ce qui est loin d'être évident lorsqu'on rencontre un mot ou une expression pour la première fois (et qu'on grandit dans un environnement familial non francophone).
Je me souviens du tout premier poème que j'ai appris en classe de CP : dans mon cahier de poésie, il fallait dessiner, dans des cases, les animaux cités dans le poème (écureuil, serpent, escargot, etc), et dans la case réservée au lièvre, comme j'ignorais ce que c'était, j'ai dessiné... un oiseau.
Ce n'est pas tout. En CE2, parce que je n'avais pas participé à un exercice (qui consistait à dire ce que le mot "paix" évoquait pour nous), la maîtresse m'a prise à part à la fin de la séance, et m'a demandé pourquoi je n'avais rien dit, si "ça [m']était égal". Ne comprenant pas le sens de cette expression, j'ai répondu au hasard "oui" (j'avais deux possibilités, évidemment j'ai choisi la mauvaise). Quelle gourdasse.

Heureusement, j'ai fait des progrès depuis ; la langue est même devenue ma copine. Pourtant, les mots continuent de me surprendre. Comme le mot "truffade", par exemple. Quand je l'ai rencontré pour la première fois, c'était un plat de patates sautées au fromage. Et un beau jour, c'est devenu un gâteau au chocolat. Un mot transformiste... Excellent, non ?


Truffade auvergnate



pour 2 personnes

600 g de pommes de terre (à chair ferme) (ou plus, selon votre appétit)
200-250 g de tome fraîche
1 gousse d'ail dégermée et pressée
huile, beurre (ou graisse de lard, ou saindoux)
un peu de persil plat haché
fleur de sel, poivre

Eplucher les pommes de terre, les laver et les couper en rondelles (env. 5 mm d'épaisseur).
Faire chauffer un peu de beurre et d'huile dans une sauteuse, et y faire rissoler les pommes de terre en les remuant régulièrement (c'est un peu long).
Pendant ce temps, couper le fromage en lamelles.
Quand les pommes de terre sont cuites, ajouter l'ail pressé, mélanger, puis ajouter les lamelles de fromage et les laisser fondre.
Mélanger le tout (le fromage doit être filant), saler, poivrer, ajouter le persil.
Servir avec une salade verte.


Un plat qui réchauffe et tient au corps. Ce n'est pas très raffiné, mais au diable le raffinement et la prout-prouterie !
Pour les Parisiens amateurs de truffade (ou d'aligot), je ne saurais que trop vous conseiller d'aller en déguster une au Plomb du Cantal, dans la rue de la Gaîté. En attendant la prochaine Fête de LO.


Truffade au chocolat
(recette des frères Delacourcelle, testée et approuvée par plusieurs bloggeurs, et non des moindres)



250 g de chocolat noir à 70 %
166 g de beurre mou (admirez la précision)
134 g de sucre en poudre
4 oeufs

Préchauffer le four à 100 °C.
Chemiser un moule à cake de film alimentaire.
Faire fondre le chocolat.
Dans un saladier, mélanger le beurre avec le sucre et ajouter, en fouettant, les oeufs deux par deux.
Ajouter le chocolat fondu.
Verser dans le moule et enfourner 1h à 100 °C.
Laisser refroidir et réserver 12h au frigo.

Pour déguster la vraie truffade des frères Delacourcelle, c'est par ici (je n'y suis pas encore allée, mais ça ne saurait tarder).

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N.B. 1 : Bien sûr, il ne s'agit nullement d'une idée de menu... Je ne vous conseille d'ailleurs pas de réunir les deux dans un même repas.

N.B. 2 : Merci à tous pour vos commentaires (même les critiques, ça fait du bien aussi). Je suis désolée de ne pas vous répondre individuellement, j'avoue que je suis un peu dépassée... Et puis, si je passe parfois en coup de vent sur vos blogs, sans laisser de petit mot, c'est par manque de temps ou d'inspiration. Ou par oubli aussi. Mais je vous lis.

N.B. 3 : Last but not least, un grand merci à Natalia.

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Sur ce, nous prenons la poudre d'escampette dimanche, histoire de nous changer les idées...


mardi 20 novembre 2007

Des émotions télévisuelles, des pommes, des noix et de la cannelle



Le petit écran ne réserve pas que de mauvaises surprises, et ne rend pas forcément idiot. Ces dernières semaines, j'ai été émerveillée par la beauté insensée d'Hélène Grimaud ; fascinée par les contorsions du danseur et chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui (que je pourrais écouter pendant des heures parler de danse) ; troublée par les fantasmes avoués d'un Vincent Baguian au physique pourtant peu féminin ; émue par la grâce du chant de Philippe Jaroussky ; atterrée par des discours (en particulier celui d'un certain critique gastronomique) entendus chez F. Taddeï mardi dernier ; amusée par le rire de petit garçon de Sébastien Chabal et par cet usager des transports en commun bloqué par la grève et donc tout dépité de ne pouvoir se rendre à un entretien d'embauche... à la SNCF.

En attendant de pouvoir me déplacer à nouveau normalement et d'aller (re)voir les oeuvres de Helene Schjerfbeck au Palais de Tokyo, je continue d'hiberner. Je cuisine sous les yeux d'une Marilyn quelque peu dénudée, et qui, visiblement, n'est pas aussi frigorifiée que moi...

Gâteau pommes noix cannelle très rustique



280 g de farine blanche (T45)
140 g de farine complète (T150)
220 g de cassonade
1 1/2 à 2 c.c. de cannelle en poudre
15 cl de lait
8 cl d'huile ("4 graines" de la gamme Monoprix Bien vivre)
3 oeufs
1 sachet de levure chimique
3 petites pommes (type Braeburn)
3 poignées de cerneaux de noix grossièrement concassés

Préchauffer le four à 180 °C.
Dans un saladier, mélanger les farines, le sucre, la cannelle et la levure.
Ajouter le lait, l'huile, les oeufs et mélanger.
Incorporer les noix ainsi que les pommes épluchées, coupées en petits morceaux, et farinées. Mélanger délicatement.
Verser dans un moule à manqué (d'au moins 22 cm de diamètre) beurré et fariné (ou en silicone, ou recouvert de papier sulfurisé) et enfourner environ 50 minutes à 180 °C.

jeudi 15 novembre 2007

Les petites choses qui font une journée réussie et deux variations autour du potiron



Ca a commencé avec un rayon de soleil au réveil, et un chocolat chaud au petit déjeuner, un vrai, honteusement crémeux, servi dans de jolies tasses que j'aime bien (en ce moment, c'est terrible, je suis tellement accro que je n'arrive plus à me contenter de cacao Poulain).
Ca s'est poursuivi avec une "balade" à vélo et un pique-nique libanais, en amoureux, dans les arènes de Lutèce. Le thermos de thé vert aux sept agrumes ne fut pas de trop malgré un soleil radieux. J'étais ravie que ma bouteille ne serve pas uniquement pour la BN (j'ai repensé à ce jour de janvier 2006 où Crevette et moi avions décidé d'aller visiter l'exposition Vienne 1900 au Grand Palais - un lieu que je déteste, mais c'est une autre histoire... - , l'attente dans la queue avait duré presque trois heures - c'est ça quand on s'y prend les derniers jours - , et par bonheur, j'avais pensé à prendre un thermos de thé pour nous réchauffer, du Fleur de Geisha, bien réconfortant par ce temps glacial de janvier).
Les cheveux ébouriffés et les joues rosies par le trajet en vélo (là, il s'agit de moi), nous sommes ensuite allés rencontrer un monsieur très sympathique (venu à vélo, lui aussi) avec qui nous avons conversé un moment et qui m'a fait de jolis dessins, notamment dans un petit carnet en cuir rapporté de Florence et qui ne me quitte pratiquement jamais.
Et puis, j'ai trouvé le cadeau de Noël pour ma petite Nini.



Les jours de grève*, j'ai la chance de pouvoir passer des journées comme celle-là, ou de rester simplement chez moi, à cuisiner pendant des heures si j'ai envie...
Les deux recettes qui suivent m'ont permis d'utiliser le gros morceau de potiron rapporté par mon poulet de son travail (un reste de décoration de Halloween) : un risotto (dont mon poulet m'a dit à quatre reprises qu'il avait adoré, comme si j'étais sourdingue), et une soupe récemment publiée par Loukoum°°° (et que nous avons adorée tout autant) (les seuls changements que j'ai apportés sont uniquement dus à l'absence de cocotte minute et d'amandes chez moi ; je n'ai pas voulu faire l'intéressante en me démarquant à tout prix, car ses recettes, on peut les suivre les yeux fermés).


Risotto aux poti-marrons



pour 2 grands bols

200 g de potiron, coupé en gros dés (2 cm)
150 g de marrons entiers (en conserve)
250 g de riz carnaroli (ou arborio)
3 échalotes hachées
1 gousse d'ail pressée
2 c.s. de persil plat haché (surgelé, ça ne pose pas de problème)
60 cl de bouillon de légumes chaud (préalablement porté à ébullition)
5 cl de vin blanc sec
20 g de beurre
2 c.s. d'huile d'olive
20 g de parmesan (j'ai fait sans - sacrilège ! - car j'ai oublié d'en acheter, et de toute façon je n'aime pas ça)

Faire chauffer le beurre et l'huile d'olive dans une casserole.
Y faire revenir l'échalote, puis ajouter l'ail au bout d'une minute.
Verser le riz et remuer avec une cuillère en bois jusqu'à ce que le riz devienne translucide.
Ajouter le vin blanc et continuer à mélanger jusqu'à ce qu'il soit évaporé.
Verser une louche de bouillon, mélanger.
Lorsque tout le liquide est absorbé, verser à nouveau une louche de bouillon, ajouter les dés de potiron ainsi que les marrons entiers (ils vont "fondre" durant la cuisson) en continuant à mélanger pour que le riz n'attache pas au fond de la casserole.
Dès que le liquide est entièrement absorbé, rajouter une louche de bouillon, et répéter l'opération jusqu'à ce que le riz soit cuit : il faut compter 20 minutes environ.
Lorsque le riz est cuit (un peu al dente), ajouter le persil et le parmesan (sauf si on n'aime pas ça), mélanger. Il ne faut pas que le risotto soit trop compact.
Saler, poivrer.
Couvrir 1 minute.
Servir et déguster sans attendre.


Soupe de potiron aux lardons grillés et noisettes caramélisées selon Loukoum°°°



pour 5-6 bols

1,5 kg de potiron
1 gros oignon
3 gousses d'ail
1 tablette de bouillon de poule (bio)
15 cl de crème liquide
piment en poudre
sel, poivre
un filet d'huile d'olive

200 g de lardons
2 poignées de noisettes grossièrement concassées
1/2 à 1 c.s. de sucre en poudre
1 pincée de fleur de sel
1 c.c. de piment d'Espelette

Découper le gros morceau de potiron en tranches, retirer les pépins et éplucher la courge en gros dés.
Peler et émincer finement les oignons et l'ail.
Dans une grande casserole, faire chauffer un bon filet d'huile, y faire revenir l'oignon et l'ail, puis ajouter les morceaux de potiron.
Couvrir d'eau, ajouter la tablette de bouillon et porter à ébullition, puis laisser cuire 15-20 minutes, le temps que les morceaux de potiron soient tendres.
Pendant ce temps-là, faire griller les lardons dans une petite poêle, à sec. Retirer la graisse au fur et à mesure, et laisser réduire les lardons jusqu'à ce qu'ils deviennent croustillants. Les déposer sur du papier absorbant. Réserver.
Faire dorer les noisettes concassées dans une petite poêle, à sec également. Ajouter le sucre, le laisser fondre et se transformer en caramel. Ajouter alors la fleur de sel et le piment d'Espelette, et mélanger pour enrober les noisettes. Réserver.
Quand les morceaux de potiron sont cuits, retirer un peu de bouillon et mixer.
Ajouter sel, poivre, piment et crème liquide, et re-mixer un coup.
Au moment de servir, parsemer chaque bol de soupe du mélange de lardons-noisettes (ne pas le faire à l'avance, pour éviter qu'ils ne ramollissent).

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*Je ne comprends pas comment on peut parler de "privilèges" en ce qui concerne les cheminots, les conducteurs de métro ou autres, alors qu'il s'agit de miettes en vérité, et que les VRAIS PRIVILEGES sont ailleurs (et qu'on se garde bien d'en parler)...